La violence éducative n’est pas une fatalité, agissons !

La semaine dernière, le conseil constitutionnel a censuré l’amendement de la loi « égalité et citoyenneté » interdisant toute forme de violence corporelle sur les enfants : les fessées et les gifles…

C’est vrai que quand la loi est passée en décembre, j’ai vraiment célébré l’événement. C’était officiel et reconnu, une fessée n’a pas de valeur éducative.

Je suis vraiment déçue… Et maintenant que peut-on faire ?

L’abolition des châtiments corporels en Suède (en 1979) a été accompagnée de brochure et de systèmes d’accueil pour les parents : oui on interdit la fessée mais on va aussi vous expliquer ce qui peut fonctionner et comment faire autrement que ce qui nous a été transmis.

Alors peut-être pouvons-nous prendre le problème à l’envers et au lieu d’attendre des autorités un changement en bonne et due forme : être nous même acteurs du changement.

Le mouvement se développe déjà à toute vitesse, hier, il y avait 800 personnes à Vannes pour écouter Isabelle Filliozat ! On peut à notre niveau aussi faire bouger les choses, élever ses enfants sans violence éducative, bien sûr, prêter des livres, conseiller des blogs et en discuter avec les potes…

Il existe des lieux de rencontre entre parents pour échanger, il existe des magazines (bien plus intéressants que « parents ») et des blogs, des forums, des ateliers et des conférences…

Je  vous fais une petite liste :

Lieux d’accueil à Lyon :

  • le jardin couvert (vous trouverez une liste des lieux d’accueil inspirés par Dolto en France dans l’onglet Liens pour les non-lyonnais ;))
  • La cause des parents, leurs activités, leurs conférences et leurs temps d’échange.
  • Vous trouverez dans cet article : Accueil parents-enfants une liste des lieux d’accueil parents-enfants sur Lyon
  • Ma famille comme unique : une association lyonnaise de soutien à la parentalité
  • Et aussi les centre-sociaux (celui de ma ville propose des activités parents-enfants, des temps d’échange entre parents), les maisons familiales, les ludothèques, les bibliothèques…

Les magazines :

(que j’aimerais bien trouver dans les salles d’attente des pédiatres, obstétriciens, kinés, ostéopathes…)

Pour les conférences, vous pouvez suivre :

Quant aux blogs, il y en a des tonnes ! Je ne suis qu’une toute petite sardine dans l’océan…

Mes chouchous du moments :

Et puis nous pouvons partager entre parents nos expériences, nos lectures, nos essais, les articles intéressants, les petits pas ; avancer sans jamais juger, ni soi, ni les autres, parce que se battre contre la violence éducative est un combat quotidien.

Si vous avez des liens à partager, n’hésitez pas à les mettre dans les commentaires !

Pour aller plus loin :

https://www.oveo.org/

http://www.ecoledesparents.org/

Crédit photo : Steve Moses1909 Stereoscopic Picture (a Spanking Good Time)

 

ô Joie !

Bonne année 2016 ! Je vous souhaite une année pleine de joie, de bienveillance et de beaux projets.

J’aime la nouvelle année. En fait, j’aime chaque début de période. Tous les trois mois environ, je prends de bonnes résolutions, souvent avec l’arrivée de la nouvelle saison. Je ne les tiens pas toutes, mais parfois, je constate avec bonheur que j’ai réussi à changer une de mes habitudes pour du mieux. J’aime l’idée de me dire que je suis perfectible et que à chaque moment, un petit effort peu me permettre d’approcher un peu plus de mes envies d’être du moment. Je ne suis pas en quête d’un idéal à proprement parler mais je me vois plutôt comme un être en constante évolution.

Cette année j’avais envie de partager avec vous les efforts que j’ai envie de faire, le petites habitudes que j’ai envie de prendre en tant que parent.

  • Arrêter de leur parler à la troisième personne – ça m’agace moi-même dès que je le fais : « Maman va retirer le manteau d’Eulalie. » « Samuel va aller mettre son pyjama… » – ce sont des personnes, pas des poupées.
  • Arrêter de parler d’eux avec quelqu’un comme s’ils n’étaient pas là alors qu’ils sont présents : « je trouve que Samuel a fait des supers dessins aujourd’hui.. ». Je vois bien que ça gêne Samuel.
  • Arrêter de me plaindre de leur comportement. Ça n’avance à rien et ce n’est agréable pour personne.
  • Leur donner plus de possibilité de faire des choses eux-même (laisser ma fille prendre son temps pour descendre les escaliers…).
  • Être un peu plus disponible pour jouer avec eux.
  • Continuer les efforts pour enlever toute forme de violence éducative ordinaire (chez nous, il y a encore des cris parfois, et encore pas mal de menace (descend tout de suite ou je me fâche…)) et trouver d’autres solutions qui fonctionnent.

Merci d’être là et de me lire toujours plus nombreux.

Ces petites stats que je regardais avec tristesse et trouille il y a quelques semaines encore me remplissent de joie maintenant. Ce n’est pas que vous êtes beaucoup plus nombreux (un petit peu plus, mais pas tant que ça), c’est qu’à force de me plaindre, j’ai petit à petit, grâce à mon entourage, compris que ce n’était pas franchement important et que, quand même, vous étiez là, à me lire, présents régulièrement, muets la plupart du temps, mais bien présents. Merci encore !

Crédit Photo : Happy New Year !Dressy Doll

Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/