Comment que tu causes ?

À force de lire des articles à droite à gauche, on en vient petit à petit à essayer des choses et à voir ce qui fonctionne. Aussi étrange que cela puisse paraître, en à peine 5 ans, j’ai changé ma façon de parler aux enfants.

Au départ, c’est comme apprendre une langue étrangère, les tournures semblent bizarres et artificielles… Et puis petit à petit, on voit les effets de cette langue sur les attitudes de chacun, on l’adopte et ça devient normal…

J’ai adopté pour l’instant deux nouveaux types de langage pour moi: la communication non-violente et la reconnaissance sans jugement.

Je vous fais un petit topo très rapide :

La communication non-violente :

Elle se résume en quatre étapes :

1 – Observer : Décrire la situation sans jugement : « Quand tu me cries dessus comme ça…

2 – Sentiment : Dire son ressenti « … je sens ma colère monter…

3 – Besoin : Exprimer son besoin : « … j’ai besoin de calme pour réfléchir et te donner la meilleure réponse possible… »

4 – Demander : « … peux-tu s’il te plaît me demander ce que tu veux gentiment ? »

Il y a évidemment beaucoup plus de subtilité dans la communication non violente (et des supers outils pour les relations entre adultes et entre enfants aussi), je vous laisse consulter les liens ci-dessous pour approfondir la question.

Je l’utilise énormément quand je sens que je vais me fâcher. Je respire un grand coup et je commence par décrire. Aussi étrange que cela puisse paraître, plouf, ma colère se dégonfle, et hop, bien souvent, le problème se règle sans cri. Pour moi qui suis une handicapée du conflit, c’est vraiment le pied.

La reconnaissance sans jugement :

Celui-là est très cher à Janet Lansbury.

Il s’agit, au lieu de s’extasier sur les prouesses de son enfant en émettant un jugement de valeur : « Waouh tu es drôlement fort ! », de reconnaître l’action faite : « Waouh, tu as grimpé sur cet arbre tout seul ! ». Et cela peut s’appliquer à n’importe quelle situation : reconnaître un sentiment : « Dis-donc, tu es vraiment en colère » (au lieu de « ça suffit maintenant, tu te calmes »), reconnaître une douleur « Tu as vraiment mal » (au lieu de « ce n’est pas grave »)…

Cela implique aussi, du coup, l’absence de compliments. Il s’agit encore de ne pas porter de jugement de valeur, même positif, comme par exemple : « ouah, il est super joli ce dessin ! » mais décrire l’action : « Tu t’es appliqué pour ce dessin, il a beaucoup de détails ! ».

Et pour finir, je suis extrêmement polie avec mes enfants : je n’oublie jamais un s’il te plaît ni un merci.

Dire merci à son enfant vaut des milliers de compliments : je peux le voir à leur petit air satisfait quand ils m’aident et que je leur dis « Merci, tu m’as bien aidée. »

Pour aller plus loin :

En communication non violente :

http://www.alternative-montessori.com/communication-non-violente/

http://apprendreaeduquer.fr/poser-limites-aux-enfants-communication-violente/

Pour la reconnaissance sans jugement :

http://www.janetlansbury.com/2011/11/the-key-to-your-childs-heart-7-ways-it-works/

http://apprendreaeduquer.fr/lattention-presence-efficaces-les-compliments/

http://apprendreaeduquer.fr/5-manieres-dutiliser-lencouragement-de-facon-efficace-avec-la-discipline-positive/

http://apprendreaeduquer.fr/remplacer-cest-bien-tu-es-intelligent/

Crédit Photo : Ian SoperSpeak no evil

 

Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

Ne pas suivre son instinct

J’ai lu un article (en anglais) qui m’a beaucoup marquée. Il expliquait que, souvent, on donnait comme bon conseil parental de suivre son instinct.

Pour l’auteur, c’était un très mauvais conseil. Que faire si ton instinct te dicte de frapper ton enfant ?

Cet article me revient quand je me sens à bout et que je crie. C’est instinctif. Naturellement, c’est la seule réponse que j’ai trouvé à ce moment là. Je n’ai parfois qu’une envie, c’est de tout passer par la fenêtre, enfants compris, mais, comme je suis quelqu’un qui réfléchi (un peu), je ne le fais pas et je prends sur moi. Finalement, je fonctionne très peu à l’instinct.

Pour me rassurer et me donner des pistes différentes, je lis. Pourtant, je suis incapable de suivre une méthode à la lettre. Souvent je la digère et je l’adapte. Je pioche deci-delà les conseils qui me parlent, les petits ingrédients pour faire ma soupe.

J’aime chez Montessori :
– l’autonomie de l’enfant
– le bon sens et le côté pratique
– le fait de suivre l’enfant et le laisser acteur de son développement
– le fait que l’enfant ait en lui même son propre curiculum

J’aime chez Magda Gerber/Janet Lansbury
– l’application des règles de la maison en douceur et dans la bienveillance
– le devoir de ne pas s’oublier en tant que personne et de poser clairement ses limites
– l’accompagnement des émotions de l’enfant
– l’acceptation des colères et frustrations
– l’absence d’éloge et de désapprobation
– l’amour inconditionnel

Ces deux méthodes m’ont permis d’être moins angoissée dans mon rôle de parent. Je m’offre le luxe d’être naturelle avec eux et de prendre le risque de les frustrer pour ne pas les laisser faire ce qui me dérange. Mon bien être est important pour leur bien être : du respect pour tout le monde !

J’aime aussi lire Peps qui est un peu plus léger et me donne souvent des clés faciles à utiliser.

Ma prochaine lecture, Isabelle Filliozat (Au coeur des émotions de l’enfant et j’ai tout essayé !).

Quels sont les livres qui vous ont marqué, les méthodes qui vous ont plu ou les meilleurs conseils qu’on vous a donné en matière d’éducation ?

Crédit Photo : State Library Victoria CollectionsReading on the verandah

Laisse-moi découvrir tout seul !

Souvent, j’ai envie de poser Eulalie en haut du toboggan et de voir son sourire en descendant.

Mais j’attends.

J’attends qu’elle sache grimper d’elle-même sur l’échelle et qu’elle puisse appréhender tranquillement la hauteur avant de se lancer.

Et c’est long, souvent frustrant, de ne pas pouvoir lui procurer rapidement le plaisir de glisser sur un toboggan.

J’ai décidé de suivre les conseils RIE et de laisser l’enfant découvrir par lui-même sans que ce soit imposé.

Quand mon envie est trop forte, je pense toujours à ces petits qui sont mis trop tôt sur un manège et qui pleurent pendant tout le tour alors que les parents sont déçus et frustrés de ne pas leur avoir procuré le plaisir qu’ils pensaient leur offrir. Cela me permet d’être plus patiente.

Il y a quelques jours, Eulalie a grimpé sa première échelle de toboggan (toute seule mais j’étais derrière elle pour m’assurer qu’elle ne tombe pas), je l’ai aidé à se placer tout en haut et la voilà partie à glisser sur le toboggan. Le plaisir de la découverte et la fierté d’y avoir été toute seule, le bonheur d’avoir pu prendre son temps, d’être sûre de ne pas avoir peur valaient mille fois mes petits moments de frustration au parc.

Elle y est retourné sans arrêt jusqu’à ce qu’on s’en aille, avec le même plaisir, perfectionnant au passage sa technique pour grimper à l’échelle et pour se placer tout en haut du toboggan.

Au parc, c’est devenu une habitude (pour moi, pas pour son papa), de ne pas intervenir si elle n’est pas en danger et de la laisser libre de grimper, courir, bouger et de ne pas la pousser à faire des choses qu’elle ne maîtrise pas. Je ne la pose pas sur la balançoire, ni sur le petit jeu qui bascule, je ne la pose pas sur le toboggan et je la laisse petit à petit appréhender les jeux. Cela nous va bien.

A la maison, c’est un peu plus dur, parce qu’elle suit sont frère et, comme son frère, elle veut faire des dessins et utiliser des feutres… Les découvertes sont moins évidentes, mais je ne l’aide pas quand elle joue et j’essaie de l’aider le moins possible quand elle dessine ou quand elle colle des gommettes (elle se débrouille très bien, en fait).

Je me rends compte que l’aider le moins possible lui donne confiance en elle et lui permet d’être plus habile.

Bien évidemment, je ne la laisse jamais dans la difficulté. Quand elle est coincée, je viens l’aider !

Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/

La motricité libre

J’ai découvert la motricité libre après les débuts de la marche pour Samuel mais avant la naissance d’Eulalie. C’est pourtant tellement simple, pourquoi ne pas y avoir pensé avant ?

C’est le visionnage du DVD d’Albert Coeman un bébé comment ça marche qui m’a vraiment marquée.

De fil en aiguille, je me suis intéressée au travail d’Emmi Pikler. Je ferai un article plus précis à son sujet plus tard.

Puis, avant de faire cet article, j’ai participé aux ateliers motricité libre de la Cause des Parents et à la conférence qu’il y a eu sur le sujet.

Pour bien vous expliquer le concept, je partage les belles illustrations de Bougribouillons et je vous résume un peu la conférence que j’ai suivi.

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Dans un environnement préparé pour le laisser explorer, l’enfant se redresse lui-même, à son rythme et passe de la position sur le dos, au ventre, puis assis et debout et enfin à la marche (en passant par plein de positions intermédiaires…). Ses acquis sont bien solides, il connaît bien son corps.

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C’est parce qu’il y a des objets intéressants que l’enfant a envie de bouger. Il a besoin de découvrir et de manipuler des objets. L’enfant n’a pas besoin d’être stimulé par l’adulte ni que celui-ci lui apprenne à jouer, c’est son environnement qui doit lui proposer des petits défis à sa portée, et c’est en observant son enfant que l’on connaît les défis qui sont à sa portée. Ce qui a été facile à mettre en place :

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– pas de transat, mais un tapis – laisser Eulalie sur le dos

– pas de matériel de puériculture inutile (transat, coussin ou fauteuil pour forcer la position assise, youpala (hyper dangereux) et trucs pour forcer la position debout…)

– laisser Eulalie se déplacer comme elle l’entend

– la laisser grimper les escaliers en restant derrière elle pour s’assurer qu’elle ne tombe pas

– faire évoluer avec elle son environnement.

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Ce qui est difficile :

– Ne pas aider Eulalie (sauf si elle est vraiment en difficulté)

– Ne pas intervenir (sauf si elle est en danger, bien évidemment)

– Ne pas la mettre assise, ne pas la mettre en haut du toboggan, ne pas être pressés, en somme.

– Et surtout, ne pas faire pour elle (ni pour Samuel, d’ailleurs)

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Mille mercis à Bougribouillons pour les belles illustrations et pour le lien vers la vidéo :

 

Observer son enfant

Observer son enfant est l’une des toutes premières étapes à réaliser quand on veut vivre la pédagogie Montessori à la maison (ou le libre mouvement chez Pikler (et le RIE qui en découle) mais on y reviendra plus tard).

Cela peut paraître un peu ennuyeux au départ mais c’est un excellent moyen pour comprendre l’évolution de son enfant et pour l’aider à faire tout seul. Petit à petit, on prend l’habitude et une foule de détails vous saute aux yeux.

Ce n’est pas si évident que ça. Cela demande de simplement se poser dans la même pièce que son enfant sans intervenir dans ce qu’il fait (sauf, bien évidemment, s’il se blesse).

Il faut aussi prendre suffisamment de recul pour être le plus objectif possible envers son enfant sans tenter d’analyser ses comportements.

Cela demande aussi de prendre le temps de ne faire que ça.

Observer son enfant, pourquoi ?

Observer son enfant pour mieux le comprendre.

Cela nous permet de découvrir quels sont leurs centres d’intérêt et leurs préférences. Est-ce qu’ils aiment mettre les mains dans la pâte à gâteau ou est-ce qu’ils ne supportent pas avoir les mains sales ? Qu’est-ce qui les bloque ? Quel jouet ou matériel utilisent-ils ? Qu’est-ce que l’on peut enlever pour faire une rotation de jouets ?

Observer son enfant pour mieux adapter son environnement

Eulalie avait 3-4 mois, elle découvrait ses mains. Je n’avais pas fait attention pour Samuel au moment où l’enfant commence à se servir de ses mains. Elle essayait d’attraper des choses et touchait ses doigts. Je n’avais qu’une envie, lui mettre dans les mains cet objet :

(interlocking discs – Nienhuis Montessori *)

Observer son enfant pour l’aider à faire seul

Samuel mettait très bien ses chaussures tout seul, puis, son pied a grandi, j’ai acheté une autre paire de chaussure et Samuel ne voulait plus mettre ses chaussures. Le problème était la languette de la chaussure qui se glissait sous le pied quand il l’enfilait. Il n’arrivait pas à verbaliser le problème, il finissait par s’énerver et jeter ses chaussures. Je lui ai expliqué comment tirer la languette pour enfiler la chaussure. Cela permet de comprendre les difficultés et d’ajuster l’aide à fournir aux enfants sans faire à sa place.

Quand et comment observer son enfant

J’observe régulièrement Eulalie pendant ses jeux, surtout quand Samuel n’est pas là. Je regarde ses mouvements, ce sur quoi elle travaille, ce qui l’intéresse, ce qui la bloque pour avancer. Je n’interviens jamais dans les jeux d’Eulalie sauf quand elle est en difficulté, cela nous permet d’être relativement indépendante l’une de l’autre. Nous sommes toujours dans la même pièce mais chacune de nous s’occupe de notre côté. Pour Samuel, c’est un peu plus difficile, quand nous sommes dans la même pièce, il nous sollicite beaucoup. Le meilleur moyen de l’observer est encore le parc ou la ludothèque. La ludothèque est en train de devenir un de mes endroits préférés. Il joue avec ses amis mais cela me permet aussi d’observer sa façon de gérer les relations sociales.

Je prends parfois mon petit carnet mais je ne prends pas systématiquement des notes sur le coup, souvent, je note deux trois choses après coup, si possible.

Je commence un atelier d’observation Pikler en novembre à la Cause des Parents, je vous en dirai plus sur le sujet quand je l’aurai commencé.

* On trouve des disques liés bien moins chers chez Nature et Découverte, par contre, niveau finition, faut pas faire la fine bouche (peinture moche, colle qui dégouline…)

Quelques articles sur le sujet (je n’en ai pas trouvé en français, mais si vous en avez quelques uns sous la main, je les veux bien pour mettre les liens ici) :

En anglais

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-one.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-two.html

http://thefullmontessori.wordpress.com/2013/08/08/stop-doing-montessori-start-living-montessori/

Mon petit cogneur

Samuel frappait, pas seulement nous, mais aussi tous les enfants qui l’approchaient, avec ou sans raison, comme une façon d’entrer en communication. Pourtant Samuel est un petit garçon qui, du haut de ses trois ans, parle très bien et sait exprimer beaucoup de choses. Il a fait un peu de collectivité et connaît beaucoup d’enfants.

Bien évidemment, il y a eu la naissance de sa petite sœur. Il y avait aussi un problème de communication évident. J’ai parlé avec lui, j’ai passé du temps rien qu’à deux, je me suis fâchée, je l’ai mis au coin…

Et puis il y a eu le jour où il m’a jeté au visage un jouet en bois bien lourd qui m’a fait bien mal. Ma première pensée a été de lui en retourner une, instinctivement. J’ai pris sur moi, j’ai respiré et calmement, les larmes plein les yeux, je lui ai dit qu’il m’avait fait très mal et je lui ai demandé d’aller dans sa chambre. Il est allé dans sa chambre. J’ai appelé le comité de soutien : ma mère et mes sœurs.

Le comité de soutien m’a rassurée, m’a dit que j’avais bien réagi. Ma petite sœur m’a dit que ça se calmerait avec l’école. Oui mais l’école, c’était encore dans 6 mois !

J’avais un peu fait le tour des articles sur Internet et des conseils. Ne pas taper en retour, ça me semblait évident. Créer du lien, lui consacrer du temps, OK. Bien lui dire qu’il ne faut pas taper, bien bien ; mais rien de tout cela ne semblait vraiment fonctionner.

Puis cet été, j’ai découvert le RIE et le blog de Janet Lansbury. Depuis notre retour de vacances, je ne mets plus Samuel au coin, quand il me tape, ou quand il va me taper, je prends son poignet et je lui dis calmement : « je ne veux pas que tu me tapes, ça fait mal. ». Je fais aussi plus attention à ses sentiments, je les écoute et je les prends en considération. Je fais aussi plus attention à moi et je me sens plus claire dans ma façon d’être avec lui. Je crie moins. Tout n’est pas parfait, nous sommes en chemin, mais j’ai l’impression d’être plus calme, plus sûre de moi, moins désemparée face à son comportement.

Puis il est rentré à l’école et il a cessé de me taper. Qui de ma petite sœur et de Janet et du groupe RIE avait raison ?

Ma petite soeur.

Mais ce week-end, j’ai vu Samuel taper son papa, ce comportement devient de plus en plus rare, mais c’est encore là. Je crois que Janet et le groupe RIE ont aussi raison, dans le sens où même si les résultats ne sont pas immédiats, même si le chemin n’est pas évident, tout cela nous fait du bien, à Samuel et moi.

Pour aller plus loin :

http://familleharmonie.com/2014/05/31/arrete-tes-caprices/

http://www.janetlansbury.com/2012/09/biting-hitting-kicking-and-other-challenging-toddler-behavior/

Crédit photo – Flickr – Tony Chan – Red China Children’s Story Book #1 (modified)

Idée reçue #1 : « les éducations alternatives, c’est laisser son enfant faire tout et n’importe quoi ! »

Ce n’est pas parce que j’écoute mon enfant et que je le laisse faire des choses tout seul qu’il n’y a pas de limites.

Ce n’est pas parce que je n’utilise aucune forme de punition (même le coin, oui, oui), que mon enfant a le droit de faire n’importe quoi.

Il y a des règles et les règles sont très claires.

Tous les mouvements d’éducation expliquent qu’il faut poser des limites à son enfant, que c’est important pour sa construction.

Montessori dit qu’il faut suivre l’enfant comme son guide. Suivre l’enfant, c’est le laisser libre de ses choix, le laisser libre de son rythme mais il ne faut pas oublier que nous sommes là aussi pour son bien être. Il est important d’être son guide.

Quand mon petit garçon de 3 ans me dit qu’il ne veut pas manger, j’écoute d’abord ce qu’il a me dire. Souvent, il commence par me dire qu’il veut des pâtes et pas ce que je prépare. Je lui explique que non, aujourd’hui, je n’ai pas préparé de pâtes, ce n’est pas ce que l’on va manger. Il ne choisit pas ce que l’on mange et il mange ce qui a été préparé.

Par contre, s’il me dit qu’il n’a pas ou plus faim, je ne le force jamais à manger ou à finir son assiette. Il connaît son appétit, je lui fais confiance. S’il n’aime pas un aliment après l’avoir goûté, il ne le mange pas, il le goûtera encore une autre fois.

Je pense toujours aussi à ce que l’on exige des enfants parfois et que l’on ne s’infligerait pas ni à aucun adulte… Jamais je ne me forcerais à manger si je n’avais plus faim et j’essaie encore les artichauts mais ça me donne toujours envie de vomir.

Pour pouvoir le laisser libre de ses choix et de son rythme, il faut l’observer et adapter son environnement et ce n’est pas forcément évident. Mais j’y reviendrai pour mieux développer ces aspects.

Il est important aussi de s’écouter, de connaître nos limites en tant que parents et d’être d’honnête dans nos relations avec nos enfants. Connaître nos limites, les poser calmement avec notre enfant avant que son attitude ne dépasse notre seuil de tolérance (et que l’on se mette à crier), savoir dire non, savoir réagir calmement quand notre enfant teste ces limites, c’est aussi une grande partie de notre apprentissage, les éducations alternatives nous donnent des clés.

Pour aller plus loin

(en français)

http://familleharmonie.com/2014/02/13/permissif-non-ferocement-non-violent/

http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/10/suivre-lenfant.html

(en anglais)

http://www.janetlansbury.com/2014/04/setting-limits-with-respect-what-it-sounds-like-podcast/

http://www.janetlansbury.com/2012/06/set-limits-without-yelling-more-toddler-discipline-mistakes/

 Crédit photo – Flickr – Simon Ingram – Splash! Water, water everywhere..

Resources for Infant Educarers®

Ce mouvement est plutôt développé aux États-Unis. Je l’ai découvert suite à un article sur Pinterest, puis je me suis inscrite au groupe Facebook le plus intéressant et chouette que j’ai pu lire pour l’instant (en anglais) qui s’appelle RIE/Mindful parenting.

J’adore lire les sujets et les commentaires de ce groupe. Les sujets concernent souvent des problèmes que beaucoup de mamans ont rencontrés (mon bébé ne dort pas, mon petit me tape…) et les commentaires sont toujours justes, sympas, sans jugement et sans conflit. Les noms de Magda Gerber et de Janet Lansbury étaient beaucoup cités. J’ai donc commandé leurs bouquins, je les attends avec impatience, et je vous en parlerai quand je les aurai lus.

Je n’ai pas trouvé d’articles en français sur le sujet, mais voilà rapidement le mouvement RIE en quelques points :

– Le mouvement RIE a été créé par Magda Gerber en 1980.

– Educarers est un néologisme pour englober non seulement les parents, mais aussi toute personne qui s’occupe de l’éducation et des soins de l’enfant.

– Magda Gerber est fortement inspirée de Pikler et de Piaget

– RIE concerne les enfants de 0 à 3 ans

– La première base la plus importante est le respect. Le bébé est considéré comme un être unique et singulier à qui il faut montrer du respect dans chaque interaction avec lui, dès la naissance.

– Il faut laisser l’enfant libre de ses mouvements, intervenir le moins possible dans ses jeux et le laisser être le plus indépendant possible. Il faut faire les choses avec l’enfant et non pas pour l’enfant.

– Il est important cependant d’établir des règles claires à respecter. Il faut savoir dire « non » à son enfant, tout en respectant son intégrité morale (et physique, cela va de soi).

– Il est important de laisser son enfant expérimenter les conflits et le laisser les régler lui même, il faut laisser l’enfant expérimenter le chagrin, la colère, la douleur et le laisser choisir quand et s’il a envie d’être réconforté. Un enfant ne doit pas être heureux tout le temps.

Je commence à peine à découvrir ce mouvement, mais je me sens déjà très proche de ses principes et je trouve beaucoup de réponses à mes questions dans le blog de Janet Lansbury.

Pour aller plus loin (en anglais) :

http://www.magdagerber.org/magda-uncut.html

http://www.janetlansbury.com/2011/03/respect-trust-acceptance-magda-gerbers-therapeutic-approach-to-child-care/

http://www.rie.org/educaring/ries-basic-principles/