Maman Ours

En ce moment, je suis de mauvais poil. Je ne dors pas assez, il commence à faire moche, la nuit arrive trop vite et on ne peut plus aller au parc… Je ressemble un peu à un ours. Quand j’ai faim ou quand j’ai sommeil, il ne faut pas me chercher. En hiver, j’ai besoin d’hiberner.

Du coup, je crie très facilement, beaucoup trop en fait, bien trop pour le bien de toute la famille. En plus, ça ne me fait même pas du bien.

Et plus je crie, plus c’est le grand n’importe quoi, Samuel devient un petit cogneur puissance 10 et Eulalie commence à mordre, du coup je crie encore et le cercle vicieux est en place.

La maison est sans dessus-dessous, bref, c’est le drame.

Quand Samuel hier m’a dit : « Maman, tu peux arrêter de nous gronder, maintenant ? », je me suis dit qu’il était grand temps de faire quelque chose.

Il faut que je tente la communication non violente, pour l’instant, je ne connais que « utiliser le je » et j’essaie.

Et puis, m’épargner autant que je le peux sans nounou, sans grand-parents à côté et avec leur papa au travail.

Je me recentre, c’est moi d’abord. Si j’ai besoin de sortir, nous sortons, si j’ai besoin d’un peu de calme, je me mets dans le canapé avec un livre pendant qu’ils jouent dans le salon (généralement, Samuel me parle, mais il arrive de plus en plus à jouer seul), si j’ai besoin de beaucoup de calme, je n’hésite plus à mettre un dessin animé (le souci du dessin animé, c’est que je récupère un petit garçon hyper excité après, du coup, je l’utilise vraiment en cas d’extrême urgence).

Quand je vais un peu mieux, je passe du temps assise par terre pour distribuer des câlins. Nous rechargeons notre réservoir affectif, nous nous donnons du positif, pour aller de l’avant.

Enfin, je les couche une demi-heure avant l’heure habituelle – c’est magique. Ils s’endorment plus facilement et je passe une vraie bonne soirée à aller me coucher à 22h maxi.

Me chouchouter et prendre l’air, c’est encore la meilleure solution que j’ai trouvée. Apaisée, je crie encore un peu, mais beaucoup moins… et je me concentre mieux pour essayer de trouver des solutions de dialogue.

Pour aller plus loin :

Sur la communication non-violente

C’est quoi la communication non violente ?

6 choses à savoir sur la communication non violente

Ressources : La communication non violente – Alternative Montessori

Accompagnement dans la communication non violente

Prendre soin de soi :

http://familleharmonie.com/2014/05/18/prendre-soin-de-soi/

Crédit illustration – Lithographie de Patrick Loste pour Pousse-Cailloux

Quand on n’est pas sur la même longueur d’onde

Tout ce qui touche à mes enfants est un sujet un peu sensible, et il m’arrive souvent de ne pas être tout à fait d’accord avec l’intervention d’un autre adulte, même de leur papa.

En règle générale, j’ai tendance à ne pas intervenir entre mon enfant et l’adulte (sauf si je sens que mon enfant est agressé ou si la situation ne me semble vraiment pas juste) et cela me demande pas mal de contrôle. Mais, il me semble important de laisser à chacun la possibilité de dire quelque chose à mes enfants quand ils dépassent les bornes.

Quand la façon de faire de ma moitié est différente et que cela ne me plaît pas trop, je me rassure en me disant de lui faire confiance, c’est leur papa, il fera forcément ce qui lui semble juste et approprié. Je le laisse toujours faire et je suis toujours d’accord avec lui devant les enfants. Si vraiment ce qu’il fait me dérange, je lui en parle quand on est que tous les deux. J’ai la chance d’avoir un conjoint plutôt réceptif à tout ce que je peux mettre en place avec les enfants. Il ne va pas lire les livres que je lis, mais ce n’est pas grave. Je lui explique toujours ce que je trouve intéressant dans mes lectures, nous en parlons souvent et nous nous mettons d’accord sur la façon de procéder.Nous sommes les parents, nous sommes une équipe.

Quand il s’agit de relations familiales plus éloignées comme les grands-parents, oncles et tantes ou amis, là, je laisse faire, parce que je sais que ce qui prime, c’est ce que nous, en tant que parents, nous transmettons. Cette confiance me permet d’accepter plus facilement le fait que le mouvement ne soit pas tout à fait libre pour Eulalie dans certains endroits, et de relativiser. Oui, nous pratiquons le libre mouvement, non, ce n’est pas la fin du monde si elle est dans un transat de temps en temps chez ses grands-parents parce que c’est plus pratique.

Je ne veux pas interférer dans les relations qu’ils peuvent construire avec les autres adultes parce que je pense que c’est important qu’ils construisent leur propre histoire et leurs propres affinités avec leurs proches.

J’arrive aussi de mieux en mieux à prendre du recul sur les remarques que l’on peut nous faire sur l’éducation de nos enfants. Quand vraiment les remarques sont difficiles à accepter, j’essaie d’expliquer parfois comment nous voyons les choses, mais la technique qui fonctionne le mieux encore, elle vient de mon amie Sophie. Elle s’appelle le « dizyouais ».

Le « dizyouais », c’est la façon de dire « oui oui » à toute remarque entraînant un conflit dans lequel on ne veut pas s’engager, et de faire strictement ce que l’on veut ensuite, sans tenir compte de la remarque. C’est aussi ça être parent, finalement, et c’est la beauté de la chose, on prend à droite à gauche les conseils qui nous parlent, on essaie de faire fonctionner ce qui nous semble intelligent à la maison, et le reste n’est pas important.

Pour aller plus loin :

http://familleharmonie.com/2013/12/13/comment-survivre-au-temps-des-fetes/

en anglais

Accepting Grandparents’ Good Intentions (With Humble Apologies To My Father-in-Law)

 

 

Home sweet home – le congé parental et moi

C’est une histoire classique – enceinte du deuxième, plus de frais de nounou que de salaire, pas de grandes perspectives dans la boîte dans laquelle je travaille, une grande envie de prendre le large aussi, du coup, j’ai décidé de prendre un congé parental.

Oui mais ce n’était pas sans une grande crainte : devenir la bonne ménagère, être uniquement la mère de mes enfants, perdre (presque) toute vie sociale… Tout ce que ma mère avait combattu en continuant à travailler avec quatre enfants, j’avais peur de le devenir.

De plus, j’ai vécu une dépression post-natale à la naissance de Samuel, la reprise du travail m’avait fait beaucoup de bien. J’avais très peur d’être dans le même état à la naissance du deuxième.

Ouf ! pas de dépression post-natale à la naissance d’Eulalie ! Je ne voyais pas les jours passer et j’ai envoyé ma lettre soulagée de me dire que je ne reprendrai pas à la fin de mon congé maternité qui arrivait beaucoup trop vite.

Et voilà, j’étais « à la maison » – mon abonnement à Causette se retournait dans sa tombe. Il m’est souvent arrivé, quand je rencontre de nouvelles personnes, qu’on ne me pose pas de question sur ce que je fais de mes journées, comme si, évidemment, je les passais entre les couches et les fourneaux tout en ruminant ma dépression de desperate housewife…

Ce n’est pas tout à fait ça, en fait, je vais de surprises en surprises

1 – Oui je m’occupe d’une grande partie de la gestion de la maison (repas, course, ménage, lessive…) mais pas toute seule et comme j’en ai le temps et l’envie. Je ne dirais pas que ça m’éclate, mais au moins, j’organise petit à petit notre lieu de vie, nous consommons mieux, nous sommes plus en accord avec nos convictions écolo, et ça, ça me plaît !

2 – Oui je m’occupe de mes enfants presque toute la journée (Samuel va à l’école le matin, Eulalie va chez la nounou deux matinées par semaine) et ça me plaît ! (à fond, même, c’est vraiment génial)

3 – Oui, je trouve du temps pour moi (enfin, depuis septembre), pour appeler ma mère, mes frangines, mes copines, pour lire des livres, aller sur internet, pour écrire un blog, faire du yoga et ça me plaît !

4 – Oui, je manque cruellement de vie sociale, et ça me manque… mais attention, nous sortons, quand même ! Nous sommes inscrits au centre social et nous faisons des activités, je papote avec mes voisines, nous allons très souvent au parc…

Pas de dépression à l’horizon pour moi. Peut-être parce que c’est un choix, peut-être parce que je vois ce moment comme un instant privilégié pour me recentrer, pour ralentir, pour respirer, peut-être parce que je ne le vis pas comme une contrainte mais comme une chance. Je sens que je change et cela me donnera sûrement une énergie différente, qui sera toujours là quand je reprendrai le travail.

crédit photo : Courrier International – La « ménagère » idéale imaginé par Nestlé dans les années 1950