Comment que tu causes ?

À force de lire des articles à droite à gauche, on en vient petit à petit à essayer des choses et à voir ce qui fonctionne. Aussi étrange que cela puisse paraître, en à peine 5 ans, j’ai changé ma façon de parler aux enfants.

Au départ, c’est comme apprendre une langue étrangère, les tournures semblent bizarres et artificielles… Et puis petit à petit, on voit les effets de cette langue sur les attitudes de chacun, on l’adopte et ça devient normal…

J’ai adopté pour l’instant deux nouveaux types de langage pour moi: la communication non-violente et la reconnaissance sans jugement.

Je vous fais un petit topo très rapide :

La communication non-violente :

Elle se résume en quatre étapes :

1 – Observer : Décrire la situation sans jugement : « Quand tu me cries dessus comme ça…

2 – Sentiment : Dire son ressenti « … je sens ma colère monter…

3 – Besoin : Exprimer son besoin : « … j’ai besoin de calme pour réfléchir et te donner la meilleure réponse possible… »

4 – Demander : « … peux-tu s’il te plaît me demander ce que tu veux gentiment ? »

Il y a évidemment beaucoup plus de subtilité dans la communication non violente (et des supers outils pour les relations entre adultes et entre enfants aussi), je vous laisse consulter les liens ci-dessous pour approfondir la question.

Je l’utilise énormément quand je sens que je vais me fâcher. Je respire un grand coup et je commence par décrire. Aussi étrange que cela puisse paraître, plouf, ma colère se dégonfle, et hop, bien souvent, le problème se règle sans cri. Pour moi qui suis une handicapée du conflit, c’est vraiment le pied.

La reconnaissance sans jugement :

Celui-là est très cher à Janet Lansbury.

Il s’agit, au lieu de s’extasier sur les prouesses de son enfant en émettant un jugement de valeur : « Waouh tu es drôlement fort ! », de reconnaître l’action faite : « Waouh, tu as grimpé sur cet arbre tout seul ! ». Et cela peut s’appliquer à n’importe quelle situation : reconnaître un sentiment : « Dis-donc, tu es vraiment en colère » (au lieu de « ça suffit maintenant, tu te calmes »), reconnaître une douleur « Tu as vraiment mal » (au lieu de « ce n’est pas grave »)…

Cela implique aussi, du coup, l’absence de compliments. Il s’agit encore de ne pas porter de jugement de valeur, même positif, comme par exemple : « ouah, il est super joli ce dessin ! » mais décrire l’action : « Tu t’es appliqué pour ce dessin, il a beaucoup de détails ! ».

Et pour finir, je suis extrêmement polie avec mes enfants : je n’oublie jamais un s’il te plaît ni un merci.

Dire merci à son enfant vaut des milliers de compliments : je peux le voir à leur petit air satisfait quand ils m’aident et que je leur dis « Merci, tu m’as bien aidée. »

Pour aller plus loin :

En communication non violente :

http://www.alternative-montessori.com/communication-non-violente/

http://apprendreaeduquer.fr/poser-limites-aux-enfants-communication-violente/

Pour la reconnaissance sans jugement :

http://www.janetlansbury.com/2011/11/the-key-to-your-childs-heart-7-ways-it-works/

http://apprendreaeduquer.fr/lattention-presence-efficaces-les-compliments/

http://apprendreaeduquer.fr/5-manieres-dutiliser-lencouragement-de-facon-efficace-avec-la-discipline-positive/

http://apprendreaeduquer.fr/remplacer-cest-bien-tu-es-intelligent/

Crédit Photo : Ian SoperSpeak no evil

 

Une matinée à regarder des bébés

J’ai la chance, deux fois par mois, de pouvoir passer la matinée à ne rien faire d’autre que regarder des bébés.

Le mien bien sûr, principalement, et ceux des autres parents qui sont là.

Nous ne les regardons pas pour faire des comparaisons, ça n’a aucun intérêt et nous ne venons pas pour ça.

Nous regardons leur façon d’entrer en relation, nous regardons ce qui les intéresse, nous regardons ce qu’ils ont envie d’explorer.

Pendant une heure et demi, nous restons assis sur des coussins et nous ne faisons rien d’autre que les regarder. Parfois, nous parlons un peu, mais très peu.

Les bébés, eux, explorent. Ils ont entre 10 et 20 mois et ils utilisent tout l’espace.

La salle est grande, les objets mis à leur disposition sont simples : balles, bols, brosses, paniers, petites poupées, bouteilles à ouvrir, bouteilles avec des graines, cuillères, petites voitures, anneaux en bois, anneaux tressés, chiffons… et depuis lundi, une petite estrade avec une marche et une pente.

Cette semaine, Eulalie a fait un câlin à toutes les mamans présentes, puis elle a grimpé l’estrade et elle s’est laissée glisser le long de la pente plusieurs fois, elle a attrapé le doudou d’une petite fille et elle l’a rendu, elle a donné des balles, elle a secoué les bouteilles avec des graines…

Au-delà du jeu des enfants, quel est l’intérêt pour les parents de se retrouver assis dans une grande salle à ne rien faire d’autre que regarder son enfant ?

Tout d’abord, c’est beau : voir son enfant créer des liens, parfois progresser, grimper, jouer, tout à coup faire un nouveau mouvement, apprendre tout seul, découvrir…

Ensuite, je prends rarement le temps de me poser plus de 5 minutes chez moi pour regarder mes enfants. J’ai toujours un petit quelque chose à faire. J’essaie pourtant, mais c’est assez difficile.

Enfin, ce moment me donne l’impression de mieux la connaître, de mieux voir ses capacités et d’être plus à l’aise avec elle à la maison.

Pendant cet atelier, rien ne porte au jugement, tout est intéressant dans leurs mouvements et la liberté qu’on y trouve est véritablement apaisante.

Photo :  à la fin de l’Atelier Pikler – la cause des parents – Lyon

http://www.lacausedesparents.org/methode-pikler/

http://www.pikler.fr/index.php

Observer son enfant

Observer son enfant

Observer son enfant est l’une des toutes premières étapes à réaliser quand on veut vivre la pédagogie Montessori à la maison (ou le libre mouvement chez Pikler (et le RIE qui en découle) mais on y reviendra plus tard).

Cela peut paraître un peu ennuyeux au départ mais c’est un excellent moyen pour comprendre l’évolution de son enfant et pour l’aider à faire tout seul. Petit à petit, on prend l’habitude et une foule de détails vous saute aux yeux.

Ce n’est pas si évident que ça. Cela demande de simplement se poser dans la même pièce que son enfant sans intervenir dans ce qu’il fait (sauf, bien évidemment, s’il se blesse).

Il faut aussi prendre suffisamment de recul pour être le plus objectif possible envers son enfant sans tenter d’analyser ses comportements.

Cela demande aussi de prendre le temps de ne faire que ça.

Observer son enfant, pourquoi ?

Observer son enfant pour mieux le comprendre.

Cela nous permet de découvrir quels sont leurs centres d’intérêt et leurs préférences. Est-ce qu’ils aiment mettre les mains dans la pâte à gâteau ou est-ce qu’ils ne supportent pas avoir les mains sales ? Qu’est-ce qui les bloque ? Quel jouet ou matériel utilisent-ils ? Qu’est-ce que l’on peut enlever pour faire une rotation de jouets ?

Observer son enfant pour mieux adapter son environnement

Eulalie avait 3-4 mois, elle découvrait ses mains. Je n’avais pas fait attention pour Samuel au moment où l’enfant commence à se servir de ses mains. Elle essayait d’attraper des choses et touchait ses doigts. Je n’avais qu’une envie, lui mettre dans les mains cet objet :

(interlocking discs – Nienhuis Montessori *)

Observer son enfant pour l’aider à faire seul

Samuel mettait très bien ses chaussures tout seul, puis, son pied a grandi, j’ai acheté une autre paire de chaussure et Samuel ne voulait plus mettre ses chaussures. Le problème était la languette de la chaussure qui se glissait sous le pied quand il l’enfilait. Il n’arrivait pas à verbaliser le problème, il finissait par s’énerver et jeter ses chaussures. Je lui ai expliqué comment tirer la languette pour enfiler la chaussure. Cela permet de comprendre les difficultés et d’ajuster l’aide à fournir aux enfants sans faire à sa place.

Quand et comment observer son enfant

J’observe régulièrement Eulalie pendant ses jeux, surtout quand Samuel n’est pas là. Je regarde ses mouvements, ce sur quoi elle travaille, ce qui l’intéresse, ce qui la bloque pour avancer. Je n’interviens jamais dans les jeux d’Eulalie sauf quand elle est en difficulté, cela nous permet d’être relativement indépendante l’une de l’autre. Nous sommes toujours dans la même pièce mais chacune de nous s’occupe de notre côté. Pour Samuel, c’est un peu plus difficile, quand nous sommes dans la même pièce, il nous sollicite beaucoup. Le meilleur moyen de l’observer est encore le parc ou la ludothèque. La ludothèque est en train de devenir un de mes endroits préférés. Il joue avec ses amis mais cela me permet aussi d’observer sa façon de gérer les relations sociales.

Je prends parfois mon petit carnet mais je ne prends pas systématiquement des notes sur le coup, souvent, je note deux trois choses après coup, si possible.

Je commence un atelier d’observation Pikler en novembre à la Cause des Parents, je vous en dirai plus sur le sujet quand je l’aurai commencé.

* On trouve des disques liés bien moins chers chez Nature et Découverte, par contre, niveau finition, faut pas faire la fine bouche (peinture moche, colle qui dégouline…)

Quelques articles sur le sujet (je n’en ai pas trouvé en français, mais si vous en avez quelques uns sous la main, je les veux bien pour mettre les liens ici) :

En anglais

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-one.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-two.html

http://thefullmontessori.wordpress.com/2013/08/08/stop-doing-montessori-start-living-montessori/