Céline Alvarez – Yay or Nay ?

Elle passionne les parents et elle est généralement détestée des instits, pourquoi ?

Je dois dire que j’attendais avec impatience son livre. En tant que parent, je trouvais ses vidéos géniales et son projet super et sa communication vraiment top et son blog mirlifique… Bref, je ne tarissais pas d’éloges sur cette super instit qui allait révolutionner le monde de l’éducation en appliquant la méthode Montessori et en rapprochant tout ça des neurosciences. Les petites vidéos là, en voyant les enfants bosser ou les parents témoigner, me tirent encore des petites larmes… Mais ça a l’air si simple, pourquoi ce n’est pas encore appliqué dans chaque école maternelle ?

Et puis j’ai lu son livre, les lois naturelles de l’enfant.

Ouaip. Bien bien bien. Bon. Je comprends mieux l’irritation générale. Pour résumer, voilà mon ressenti : En trois ans de carrière

1 – Céline sauve le monde : elle convainc des parents de jeter les écrans de leur maison, elle permet aux petits de mettre leurs chaussures tout seuls (chose à laquelle, bien évidemment, aucune instit de maternelle ne pense…)

2 – Elle, elle aime les enfants, et ça, ça change tout !

3 – Elle est rigoureuse et bienveillante (la discipline positive, ça vous parle ???)

4 – Elle a tout réussi et que même quand c’était difficile, elle réussissait quand même (parce que, comme dirait Elsa dans la reine des neiges : l’amour guérit tout !)

5 – Elle ne prend pas les instits et les parents pour des cons mais elle sort quand même un pseudo livre scientifique qui n’en a ni la rigueur de la démonstration ni la valeur d’un véritable témoignage. Passé le chapitre qui décrit les activités mises en place, il n’y a pas de conseils pratiquo-pratique ni d’éléments bien nouveaux ou passionnants. C’était qui le lectorat visé ?

6 – Bon ben elle applique la méthode montessori quoi, rien de bien révolutionnaire non plus, pas besoin de scanner des cerveaux pour savoir que ça fonctionne… J’aurais aimé un peu plus de développement sur l’engagement actif dans l’acquisition des savoirs, sur l’importance de la manipulation, sur l’horizontalité dans la transmission des savoirs. Un vrai livre de scientifique, ce n’est pas ce qu’elle est ?

Et alors que son site est pour moi, en tant que néophyte intéressée par la méthode Montessori, une mine d’informations, son livre m’a tout simplement agacée…

Pour rire un peu, parce que ouais, j’ai envie d’en rire :

http://jeanjacqueslemag.fr/celine-alvarez-celine-dion-ou-les-deux/

http://jeanjacqueslemag.fr/ces-livres-de-celine-alvarez-auxquels-tu-as-echappe/

Je parle aussi de Céline Alvarez dans cet article

Pour avoir un point de vue positif et enthousiaste sur le livre, vous pouvez lire l’article des vendredis intellos : https://lesvendredisintellos.com/2017/02/03/les-lois-naturelles-de-lenfant-bibli-des-vi/

Crédit photo : Télérama

 

Au travail !

Allez hop, ne pensez pas que vous allez manger gratos ! Pendant que le grand nettoie, la petite cuisine !

Il paraît que faire participer les petits aux tâches de la maison leur permet de développer des capacités motrices (regardez ces toutes petites mains qui écossent les fèves), de développer leur autonomie, le travail en équipe (il faut nous voir à la chaîne en train d’équeuter les épinards, je nettoie, Samuel équeute, Eulalie déchire et goûte les feuilles) et de renforcer leur confiance en eux. Et puis, entre nous, ça permet de passer un moment ensemble tout en les occupant et en bossant, bon plan !

Chez moi, de manière régulière : Samuel (4 ans) met la table et met son linge dans le panier à linge sale.

Pour le reste, ils participent s’ils ont envie. Eulalie m’a déjà aidée à vider le lave-vaisselle, Samuel aime laver les vitres et les carreaux et il adore balayer et laver par terre.

Deux problèmes peuvent se poser : 1 – Cela demande du temps : pour les accompagner, les briefer… (temps que l’on avait prévu pour faire du ménage…) 2 – bien évidemment, ce n’est pas nickel.

Quand Samuel lave le sol, on fait chacun son tour. Il balaie en premier (je fais un carré de scotch au sol pour qu’il puisse savoir où rassembler les miettes), puis je balaie. Il ramasse les miettes et je ramasse les miettes. Il passe la serpillère, puis c’est mon tour… C’est pas top de repasser derrière, mais bon, l’objectif final, quand même, c’est que ce soit fait…

Je pars du principe que tant que ça les éclate, autant en profiter !

L’activité préférée du moment : détapisser – 30 minutes de tranquillité et d’efficacité un samedi matin…

Faire la vaisselle : pas de problème…

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Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

♡♡♡ Balthazar ♡♡♡

Voilà quelques livres de la série Balthazar de Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier, des incontournables de la littérature de jeunesse pour moi, et sûrement, bientôt, si ce n’est déjà le cas, des classiques…

Nous aimons Balthazar. Les livres sont beaux, les illustrations généralement magnifiques et les histoires sympas.

Je vous présente quelques-uns de mes favoris

Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi

L’histoire est vraiment poétique et le livre est super interactif.

C’était notre premier Balthazar : le coup de foudre.

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L’imagier de Balthazar

Je voulais un vrai imagier, avec de belles illustrations réalistes classées par catégories.

J’ai d’abord pensé à l’imagier du père castor, un classique, et quand j’ai vu qu’il existait l’imagier de Balthazar, j’ai craqué et je ne le regrette pas. Il est magnifique.

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Les chiffres à toucher de Balthazar

Ici, ce n’est pas tant l’histoire qui compte que la façon poétique de dénombrer et le côté tactile qui est une approche intéressante des chiffres.

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Le Noël de Balthazar

J’en avais parlé , et j’aime toujours

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Je t’aime

Notre dernier arrivé, je n’avais pas encore tenté la collection Bébé Balthazar et j’en ai pris un pour Eulalie. Comme il est beau… Nous aimons le texte, les images, les petites choses à toucher…

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Petits bémols :

  • Certains aficionados et spécialistes de Montessori n’aiment pas l’appellation Montessori de la série Balthazar pour une raison principale : le doudou de Balthazar, Pépin, parle et vit des aventures alors que Maria Montessori explique que les enfants ne font pas de différence entre le réel et l’imaginaire et qu’il faut éviter les histoires qui ne sont pas réalistes.
  • Il m’arrive d’être déçue par un Balthazar (comme Balthazar s’habille par exemple…) mais bon, quand c’est un livre sur tant de bons livres, ce n’est pas très grave….

L’hyperparent

Alors que j’étais en train de sautiller de joie en découvrant le site Participassions et la possibilité d’avoir incessamment sous peu une plastifieuse pas chère, je m’imaginais déjà imprimer et plastifier tout un tas de matériel Montessori de langage pour mes bambins.

Or j’ai un gros dilemme.

Je vois Etheline Tennenbaum en train d’appeler le professeur d’italien et en train de gérer l’emploi du temps hyper chargé de ses trois enfants. Je vois ce que les américains appellent les mamans taxis qui conduisent leurs enfants de cours en activités sans les faire souffler. Je vois le papa des petites filles que je gardais étudiante, qui rentrait à plus de 19h tous les soirs et prenait quand même la peine le mardi de créer des exercices supplémentaires dans un cahier spécifique pour qu’elles fassent des devoirs en plus le mercredi…

De l’autre côté de l’atlantique, on appelle cela les hyperparents : des parents qui surinvestissent la vie de leurs enfants.

Je n’ai pas envie d’être ce parent-là. Je ne veux ni être celui qui farcit la tête de ses enfants dans l’angoisse de leur réussite sociale ni être celui qui multiplie les activités pour être sûre que jamais il ne s’ennuie.

Et je me demande si c’est bien mon rôle d’amener des outils pédagogiques dans la maison…

Parce que bon, la maison c’est fait pour faire plein d’autres trucs comme être ensemble, jouer, faire les fous, lire des histoires, faire des câlins, faire la cuisine, dormir, dessiner sans contraintes ni instructions, ne rien faire, s’ennuyer…

Et l’école, c’est bien à l’école, non ?

Oui mais, je suis angoissée d’une part (un peu, un peu), je suis accro à la méthode Montessori, je suis déprimée par l’école (classique (parce que nous n’avons pas les moyens pour une école Montessori dans la région)) de mon garçon et nous attendons un place à l’école du Chapoly.

Et puis, disons les choses clairement, ça m’éclate de créer des petites activités intelligentes et de les voir apprécier.

J’ai à la fois envie de créer du matériel pédagogique et à la fois envie de les laisser grandir tranquillement sans intervenir.

Peut-être la solution serait l’instruction en famille. J’y réfléchi, mais je ne suis pas tout à fait prête… Je pense quand même que l’école, c’est important : pour apprendre à vivre ensemble, pour se frotter à différentes façons de faire, ou apprendre les différences culturelles, pour rester le plus ouvert possible…

Bref, je suis un peu dans une impasse…

Pour aller plus loin :

Sur les hyperparents :

How to let go of hyperparenting and learn to relax with your kids – Zenhabits (en anglais)

a cure for hyperparenting – article de Pamela Druckerman (en anglais)

Sur l’instruction en famille :

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison  partie 1

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison partie 2

ief questionnements et réflexion – Eve Herrmann (Liv et Emy)

la fin d’une année un début prometteur – Eve Herrmann (Liv et Emy)

Crédit Photo : Family of Geniuses – Wes Anderson – The Royal Tennenbaums (que je vous invite à voir si ce n’est pas encore fait ;))

Montessori grave swag

Vous n’êtes sûrement pas sans avoir remarqué un engouement de certains magasins pour le matériel Montessori. Après Nature et Découvertes, voilà Oxybul qui sort sa collec’.

Ça fait râler les puristes et pour cause : certains objets mis dans l’espace Montessori n’en sont pas (comme la chaussure à lacer chez Nature et Découvertes) et d’autres ne respectent pas les observations de Maria Montessori.

Les boîtes de permanence de l’objet, par exemple, n’ont pas d’arêtes saillantes pour manipuler l’objet et proposent des plaques interchangeables dont une qui permet d’utiliser plusieurs formes à la fois :

Capturer 2 Capturer Capturer 3 (La première vient de chez Oxybul, la deuxième de Nature et Découvertes et la troisième de Nienhuis (chez Oppa Montessori))

C’est vrai que l’une des pierres angulaires de la pédagogie Montessori est l’observation des enfants.

Le matériel mis en place par Maria Montessori découle de ses observations et d’une étude précise du développement de l’enfant.

En effet, on ne travaille qu’un concept à la fois (et jamais trois en même temps).

Ici, on ne travaille pas seulement la motricité fine de l’enfant (mettre un truc dans un trou) mais aussi une première approche sensorielle de la géométrie (mettre un cylindre dans un trou).

Afin de ne pas aller trop vite et afin d’éviter de frustrer l’enfant dans ses apprentissages, on ne propose qu’une forme avec le trou adapté à la fois.

Cela permet à l’enfant de se concentrer sur une seule manipulation, cela évite les crises quand la pyramide ne veut pas entrer dans le trou du cylindre et cela permet à l’enfant de changer de boîte tout seul quand il a bien compris par où devait passer le cube et qu’il veut tester la boîte à pyramide (ce qui n’est pas possible avec les plaques interchangeables, puisque c’est l’adulte qui change les plaques.)

Enfin, les arêtes saillantes permettent à l’enfant de manipuler la boîte dans n’importe quel sens et de l’attraper de tous les côtés.

Bref, c’est bien réfléchi.

Pourquoi ni Oxybul, ni Nature et découvertes n’ont respecté cela ? Je ne sais pas. Cela devait être bien moins cher de ne concevoir qu’une seule boîte avec des plaques interchangeables…

Reste que bon, ils proposent quand même des choses bien conçues (mobiles et balais chez Nature et Découverte, tour rose chez Oxybul avec fiche d’explication de la manipulation…) et que ça a le côté pratique de pouvoir être demandé comme cadeau de Noël ou d’anniversaire aux personnes qui ne veulent pas acheter en ligne. C’est le premier avantage.

Le deuxième avantage, pour moi, est de taille. Rendre le matériel Montessori accessible à la grande distribution, c’est permettre à beaucoup de monde de s’y intéresser et d’aller plus loin s’ils le veulent.

Peut-être que le matériel sera détourné de sa fonction première par le plus grand nombre, peut-être que la tour rose servira à construire des châteaux pour les Barbies…

Mais peut-être que certaines personnes qui ne connaissent pas du tout achèteront les bouquins, trouveront ça étrange et intéressant, iront sur Internet, trouveront des blogs et finiront par lire Montessori.

Pour ceux-là, pour les quelques curieux qui iront plus loin que le magasin, ça vaut la peine de trouver un peu de matériel Montessori dans ce type de magasin.

Et pour ceux qui connaissent déjà Montessori mais ne savent pas où acheter le matériel, en ligne on trouve plein de magasins spécialisés qui ne sont pas forcément cher (et parfois moins cher qu’Oxybul et Nature et Découvertes) et qui conçoivent leur matériel correctement.

Il y a un super article là-dessus sur l’excellent blog Merci qui ? Merci Montessori :

http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/07/materiel-montessori-ou-acheter-quoi.html

Ne pas suivre son instinct

J’ai lu un article (en anglais) qui m’a beaucoup marquée. Il expliquait que, souvent, on donnait comme bon conseil parental de suivre son instinct.

Pour l’auteur, c’était un très mauvais conseil. Que faire si ton instinct te dicte de frapper ton enfant ?

Cet article me revient quand je me sens à bout et que je crie. C’est instinctif. Naturellement, c’est la seule réponse que j’ai trouvé à ce moment là. Je n’ai parfois qu’une envie, c’est de tout passer par la fenêtre, enfants compris, mais, comme je suis quelqu’un qui réfléchi (un peu), je ne le fais pas et je prends sur moi. Finalement, je fonctionne très peu à l’instinct.

Pour me rassurer et me donner des pistes différentes, je lis. Pourtant, je suis incapable de suivre une méthode à la lettre. Souvent je la digère et je l’adapte. Je pioche deci-delà les conseils qui me parlent, les petits ingrédients pour faire ma soupe.

J’aime chez Montessori :
– l’autonomie de l’enfant
– le bon sens et le côté pratique
– le fait de suivre l’enfant et le laisser acteur de son développement
– le fait que l’enfant ait en lui même son propre curiculum

J’aime chez Magda Gerber/Janet Lansbury
– l’application des règles de la maison en douceur et dans la bienveillance
– le devoir de ne pas s’oublier en tant que personne et de poser clairement ses limites
– l’accompagnement des émotions de l’enfant
– l’acceptation des colères et frustrations
– l’absence d’éloge et de désapprobation
– l’amour inconditionnel

Ces deux méthodes m’ont permis d’être moins angoissée dans mon rôle de parent. Je m’offre le luxe d’être naturelle avec eux et de prendre le risque de les frustrer pour ne pas les laisser faire ce qui me dérange. Mon bien être est important pour leur bien être : du respect pour tout le monde !

J’aime aussi lire Peps qui est un peu plus léger et me donne souvent des clés faciles à utiliser.

Ma prochaine lecture, Isabelle Filliozat (Au coeur des émotions de l’enfant et j’ai tout essayé !).

Quels sont les livres qui vous ont marqué, les méthodes qui vous ont plu ou les meilleurs conseils qu’on vous a donné en matière d’éducation ?

Crédit Photo : State Library Victoria CollectionsReading on the verandah

Avec les profs, changer l’école !

J’ai toujours été une bonne élève, tentant de passer le plus possible inaperçue. Je me souviens des difficultés que j’avais (de la primaire à l’université) à prendre la parole devant tout le monde et des angoisses avant la rentrée…

Dans mon esprit, l’école devrait être différente, moins effrayante, axée sur le plaisir d’apprendre et le plaisir d’être en groupe, centrée sur les enfants.

Puis j’ai découvert Montessori. Waouh.

Une pédagogie centrée sur l’enfant, avec des outils pédagogiques pensés pour le travail autonome et l’auto-correction, le rythme d’apprentissage de chacun respecté, pas de récompense ni de punition, des classes avec des enfants d’âges différents pour que les grands motivent les plus petits et leur expliquent certains outils de travail….

La vidéo ci-dessous faite par Trevor Eissler (Voice-over Vanessa Toinet, Graine de curieux), explique bien les différences entre l’école Montessori et l’école plus classique…

C’est fait par un américain et cela semble caricatural comme ça et loin d’une réalité possible pour toutes mes amies instits en France… et pourtant, Céline Alvarez a tenté l’expérience Montessori pendant 2 ans dans une école de Gennevilliers.

Le blog La Maternelle des enfants, le site de suivi de son travail, contient des vidéos des enfants et des témoignages des parents.

Et puis un article du Monde explique pourquoi Céline Alvarez a démissionné.

Les écoles Montessori sous contrat sont très rares.

Les écoles hors contrat fleurissent, elles sont souvent hors de prix et manquent parfois de professionnalisme, il faut être très vigilant : vérifier que l’école fait bien partie du réseau AMF, que les enseignants ont été formés, que le matériel est conforme…

Reste que du coup, tout cela devient très élitiste et pas du tout dans l’esprit Montessori.

J’ai du coup cherché d’autres écoles, à la fois centrés sur les enfants et accessibles à tous.

En fait, il y a beaucoup de pédagogies différentes : Freinet, Steiner pour les plus connues, mais aussi Cousinet, Gattegno

Samedi, nous sommes allés visiter l‘école nouvelle du Chapoly. Waouh. (oui encore)

L’école est sous contrat avec l’Etat. Les instits ont donc passé le concours de l’éducation nationale, les programmes sont les mêmes que dans les autres établissements et les frais d’inscription sont calculés selon le quotient familial.

La visite était faite par les élèves, c’était très chouette. Ils avaient dessiné un plan, certains étaient dans les classes pour nous présenter leur travail, d’autres étaient à l’accueil, d’autres encore étaient dans le réfectoire pour présenter les activités communes à toutes les classes (jardin potager, participation à la vie quotidienne, aux repas…). C’est leur école.

L’accueil des enfants présents avait été prévu le temps que l’équipe de l’école nous présente leur projet pédagogique, leur mode de fonctionnement et réponde à nos questions. Ils nous ont expliqué que les enfants font des assemblées pour s’échanger des informations et régler les problèmes de la vie de groupe, par exemple. Ils nous ont aussi rassuré sur l’absence de difficulté au retour à un cursus classique…

L’école étant aussi une association, les parents sont impliqués. Ils peuvent participer à des commissions pour aider l’établissement, en faisant du bricolage, en promouvant l’école…

La directrice expliquait sa tristesse face à l’impossibilité matérielle d’accueillir tous les nouveaux venus. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir inscrire nos enfants dans ce type d’école. Pour moi, ce n’est pas qu’une question de mode.

Notre façon d’élever nos enfants change et si nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir une autre école pour nos enfants, peut-être qu’il serait temps de bousculer un peu notre bonne vieille éducation nationale !

Crédit photo : what is montessori

En attendant, des sites internet pour aller plus loin…

http://www.ilselajoue.fr/2012/04/20/il-ny-a-pas-que-montessori-dans-la-vie/

http://www.blikk.it/angebote/reformpaedagogik/downloads/rp_franzoesisch.pdf

http://www.anen.fr/

http://ecolesnouvelles.hypotheses.org/

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/

http://www.steiner-waldorf.org/

http://www.grainedecole.com/

http://ecole-vivante.com/index.html

Adapter l’environnement de son enfant #1

La deuxième grande étape de la pédagogie Montessori est d’adapter l’environnement à l’enfant.

Adapter l’environnement, ça peut être très simple, comme poser un porte-manteau à la hauteur de l’enfant et un petit banc pour qu’il puisse mettre ses chaussures dans l’entrée,  mettre de petits paniers pour ranger facilement les jouets, mettre en hauteur ce qui ne peut vraiment pas être tripoté et mâchouillé.

Puis on peut aller plus en détail pour permettre à l’enfant d’être le plus autonome possible.

Nous avons commencé à mettre en place des choses assez simples :

Dans la cuisine :

-une chaise évolutive pour pouvoir monter et descendre tout seul de table

– un marchepied stable pour être à la bonne hauteur pour aider en cuisine

– de la vraie vaisselle (pas en plastique) mais adapté à la taille de chacun : verres à liqueur sans pied pour Eulalie, petits verres en verre pour Samuel et assiettes à soupe en céramique, un petit pot à eau léger pour pouvoir servir de l’eau.

2014-10-07 13.11.16 – la vaisselle est dans un buffet accessible pour Samuel (3 ans) mais pas pour Eulalie (1 an).

– du matériel adapté pour cuisiner et faire le ménage.

– les activités manuelles accessibles (peinture, pâte à modeler, feutres, crayons, ciseaux, gomettes et feuilles)

Dans le salon :

– un espace de jeux pour Eulalie (avec un miroir)

– des jeux accessibles et faciles à ranger (dans des petits paniers) pour Samuel

– quelques livres

– des petites chaises

Dans la salle de bain :

Nous avons la chance d’avoir un bidet, il sert de lavabo à Samuel.

Il y a d’autres solutions comme chez Elisa de Et Dieu créa…

Dans la chambre de Samuel : 2013-09-15 18.20.39 – un lit accessible (depuis ses 20 mois)

– la lampe de chevet accessible

– des petites étagères avec les livres, les jouets

– un petit fauteuil et un petit pouf pour lire

– un petit bureau avec le matériel à dessin disponible (aucun problème de dessin sauvage sur les murs ou fauteuils pour l’instant…)

– un espace pour accrocher les dessins

– des casiers à vêtements accessibles avec des étiquettes pour montrer où se trouve quel vêtement.

Dans la chambre d’Eulalie

– les jouets accessibles

– pendant une période, elle avait le lit par terre, nous avons remis le petit lit en hauteur, mais je ferai un article à ce sujet.

Tout n’est pas d’un académisme « montessorien » complet, je n’ai pas d’étagère avec du matériel pédagogique Montessori, partant du principe que c’est plus pour l’école.

Mais, petit à petit, nous faisons de notre univers un environnement adapté aux enfants.

Pour plus d’univers Montessori :

http://fr.pinterest.com/clemmelc/montessori/

En français :

http://mercimontessori.blogspot.fr/2013/04/ma-maison-montessori-le-salon.html

http://mercimontessori.blogspot.fr/2013/07/ma-maison-montessori-la-chambre-denfant.html

http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/03/ma-maison-montessori-la-salle-de-bain.html

http://mercimontessori.blogspot.fr/2012/11/laire-de-jeu-de-louiselle.html

http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/09/un-espace-lumiere.html

En anglais :

http://carrotsareorange.com/10-ways-integrate-montessori-home/

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/my-entry.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/11/getting-dressed-at-two-.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/02/pouring-a-drink-and-snack-preparation-.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2012/12/tips-for-creating-a-montessori-bedroom.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2012/11/brushing-teeth-washing-hands-the-bathroom-.html

http://thefullmontessori.wordpress.com/2013/06/20/how-to-montessori-your-home/

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2012/08/little-things-that-make-a-difference.html

Et si vraiment, cela vous inspire, vous trouverez de très bonnes idées dans les livres suivants :

Éveiller, épanouir, encourager son enfant, Tim Seldin

Le quotidien avec mon enfant, Jeanette Toulemonde

Observer son enfant

Observer son enfant est l’une des toutes premières étapes à réaliser quand on veut vivre la pédagogie Montessori à la maison (ou le libre mouvement chez Pikler (et le RIE qui en découle) mais on y reviendra plus tard).

Cela peut paraître un peu ennuyeux au départ mais c’est un excellent moyen pour comprendre l’évolution de son enfant et pour l’aider à faire tout seul. Petit à petit, on prend l’habitude et une foule de détails vous saute aux yeux.

Ce n’est pas si évident que ça. Cela demande de simplement se poser dans la même pièce que son enfant sans intervenir dans ce qu’il fait (sauf, bien évidemment, s’il se blesse).

Il faut aussi prendre suffisamment de recul pour être le plus objectif possible envers son enfant sans tenter d’analyser ses comportements.

Cela demande aussi de prendre le temps de ne faire que ça.

Observer son enfant, pourquoi ?

Observer son enfant pour mieux le comprendre.

Cela nous permet de découvrir quels sont leurs centres d’intérêt et leurs préférences. Est-ce qu’ils aiment mettre les mains dans la pâte à gâteau ou est-ce qu’ils ne supportent pas avoir les mains sales ? Qu’est-ce qui les bloque ? Quel jouet ou matériel utilisent-ils ? Qu’est-ce que l’on peut enlever pour faire une rotation de jouets ?

Observer son enfant pour mieux adapter son environnement

Eulalie avait 3-4 mois, elle découvrait ses mains. Je n’avais pas fait attention pour Samuel au moment où l’enfant commence à se servir de ses mains. Elle essayait d’attraper des choses et touchait ses doigts. Je n’avais qu’une envie, lui mettre dans les mains cet objet :

(interlocking discs – Nienhuis Montessori *)

Observer son enfant pour l’aider à faire seul

Samuel mettait très bien ses chaussures tout seul, puis, son pied a grandi, j’ai acheté une autre paire de chaussure et Samuel ne voulait plus mettre ses chaussures. Le problème était la languette de la chaussure qui se glissait sous le pied quand il l’enfilait. Il n’arrivait pas à verbaliser le problème, il finissait par s’énerver et jeter ses chaussures. Je lui ai expliqué comment tirer la languette pour enfiler la chaussure. Cela permet de comprendre les difficultés et d’ajuster l’aide à fournir aux enfants sans faire à sa place.

Quand et comment observer son enfant

J’observe régulièrement Eulalie pendant ses jeux, surtout quand Samuel n’est pas là. Je regarde ses mouvements, ce sur quoi elle travaille, ce qui l’intéresse, ce qui la bloque pour avancer. Je n’interviens jamais dans les jeux d’Eulalie sauf quand elle est en difficulté, cela nous permet d’être relativement indépendante l’une de l’autre. Nous sommes toujours dans la même pièce mais chacune de nous s’occupe de notre côté. Pour Samuel, c’est un peu plus difficile, quand nous sommes dans la même pièce, il nous sollicite beaucoup. Le meilleur moyen de l’observer est encore le parc ou la ludothèque. La ludothèque est en train de devenir un de mes endroits préférés. Il joue avec ses amis mais cela me permet aussi d’observer sa façon de gérer les relations sociales.

Je prends parfois mon petit carnet mais je ne prends pas systématiquement des notes sur le coup, souvent, je note deux trois choses après coup, si possible.

Je commence un atelier d’observation Pikler en novembre à la Cause des Parents, je vous en dirai plus sur le sujet quand je l’aurai commencé.

* On trouve des disques liés bien moins chers chez Nature et Découverte, par contre, niveau finition, faut pas faire la fine bouche (peinture moche, colle qui dégouline…)

Quelques articles sur le sujet (je n’en ai pas trouvé en français, mais si vous en avez quelques uns sous la main, je les veux bien pour mettre les liens ici) :

En anglais

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-one.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-two.html

http://thefullmontessori.wordpress.com/2013/08/08/stop-doing-montessori-start-living-montessori/