L’hyperparent

Alors que j’étais en train de sautiller de joie en découvrant le site Participassions et la possibilité d’avoir incessamment sous peu une plastifieuse pas chère, je m’imaginais déjà imprimer et plastifier tout un tas de matériel Montessori de langage pour mes bambins.

Or j’ai un gros dilemme.

Je vois Etheline Tennenbaum en train d’appeler le professeur d’italien et en train de gérer l’emploi du temps hyper chargé de ses trois enfants. Je vois ce que les américains appellent les mamans taxis qui conduisent leurs enfants de cours en activités sans les faire souffler. Je vois le papa des petites filles que je gardais étudiante, qui rentrait à plus de 19h tous les soirs et prenait quand même la peine le mardi de créer des exercices supplémentaires dans un cahier spécifique pour qu’elles fassent des devoirs en plus le mercredi…

De l’autre côté de l’atlantique, on appelle cela les hyperparents : des parents qui surinvestissent la vie de leurs enfants.

Je n’ai pas envie d’être ce parent-là. Je ne veux ni être celui qui farcit la tête de ses enfants dans l’angoisse de leur réussite sociale ni être celui qui multiplie les activités pour être sûre que jamais il ne s’ennuie.

Et je me demande si c’est bien mon rôle d’amener des outils pédagogiques dans la maison…

Parce que bon, la maison c’est fait pour faire plein d’autres trucs comme être ensemble, jouer, faire les fous, lire des histoires, faire des câlins, faire la cuisine, dormir, dessiner sans contraintes ni instructions, ne rien faire, s’ennuyer…

Et l’école, c’est bien à l’école, non ?

Oui mais, je suis angoissée d’une part (un peu, un peu), je suis accro à la méthode Montessori, je suis déprimée par l’école (classique (parce que nous n’avons pas les moyens pour une école Montessori dans la région)) de mon garçon et nous attendons un place à l’école du Chapoly.

Et puis, disons les choses clairement, ça m’éclate de créer des petites activités intelligentes et de les voir apprécier.

J’ai à la fois envie de créer du matériel pédagogique et à la fois envie de les laisser grandir tranquillement sans intervenir.

Peut-être la solution serait l’instruction en famille. J’y réfléchi, mais je ne suis pas tout à fait prête… Je pense quand même que l’école, c’est important : pour apprendre à vivre ensemble, pour se frotter à différentes façons de faire, ou apprendre les différences culturelles, pour rester le plus ouvert possible…

Bref, je suis un peu dans une impasse…

Pour aller plus loin :

Sur les hyperparents :

How to let go of hyperparenting and learn to relax with your kids – Zenhabits (en anglais)

a cure for hyperparenting – article de Pamela Druckerman (en anglais)

Sur l’instruction en famille :

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison  partie 1

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison partie 2

ief questionnements et réflexion – Eve Herrmann (Liv et Emy)

la fin d’une année un début prometteur – Eve Herrmann (Liv et Emy)

Crédit Photo : Family of Geniuses – Wes Anderson – The Royal Tennenbaums (que je vous invite à voir si ce n’est pas encore fait ;))

Montessori grave swag

Vous n’êtes sûrement pas sans avoir remarqué un engouement de certains magasins pour le matériel Montessori. Après Nature et Découvertes, voilà Oxybul qui sort sa collec’.

Ça fait râler les puristes et pour cause : certains objets mis dans l’espace Montessori n’en sont pas (comme la chaussure à lacer chez Nature et Découvertes) et d’autres ne respectent pas les observations de Maria Montessori.

Les boîtes de permanence de l’objet, par exemple, n’ont pas d’arêtes saillantes pour manipuler l’objet et proposent des plaques interchangeables dont une qui permet d’utiliser plusieurs formes à la fois :

Capturer 2 Capturer Capturer 3 (La première vient de chez Oxybul, la deuxième de Nature et Découvertes et la troisième de Nienhuis (chez Oppa Montessori))

C’est vrai que l’une des pierres angulaires de la pédagogie Montessori est l’observation des enfants.

Le matériel mis en place par Maria Montessori découle de ses observations et d’une étude précise du développement de l’enfant.

En effet, on ne travaille qu’un concept à la fois (et jamais trois en même temps).

Ici, on ne travaille pas seulement la motricité fine de l’enfant (mettre un truc dans un trou) mais aussi une première approche sensorielle de la géométrie (mettre un cylindre dans un trou).

Afin de ne pas aller trop vite et afin d’éviter de frustrer l’enfant dans ses apprentissages, on ne propose qu’une forme avec le trou adapté à la fois.

Cela permet à l’enfant de se concentrer sur une seule manipulation, cela évite les crises quand la pyramide ne veut pas entrer dans le trou du cylindre et cela permet à l’enfant de changer de boîte tout seul quand il a bien compris par où devait passer le cube et qu’il veut tester la boîte à pyramide (ce qui n’est pas possible avec les plaques interchangeables, puisque c’est l’adulte qui change les plaques.)

Enfin, les arêtes saillantes permettent à l’enfant de manipuler la boîte dans n’importe quel sens et de l’attraper de tous les côtés.

Bref, c’est bien réfléchi.

Pourquoi ni Oxybul, ni Nature et découvertes n’ont respecté cela ? Je ne sais pas. Cela devait être bien moins cher de ne concevoir qu’une seule boîte avec des plaques interchangeables…

Reste que bon, ils proposent quand même des choses bien conçues (mobiles et balais chez Nature et Découverte, tour rose chez Oxybul avec fiche d’explication de la manipulation…) et que ça a le côté pratique de pouvoir être demandé comme cadeau de Noël ou d’anniversaire aux personnes qui ne veulent pas acheter en ligne. C’est le premier avantage.

Le deuxième avantage, pour moi, est de taille. Rendre le matériel Montessori accessible à la grande distribution, c’est permettre à beaucoup de monde de s’y intéresser et d’aller plus loin s’ils le veulent.

Peut-être que le matériel sera détourné de sa fonction première par le plus grand nombre, peut-être que la tour rose servira à construire des châteaux pour les Barbies…

Mais peut-être que certaines personnes qui ne connaissent pas du tout achèteront les bouquins, trouveront ça étrange et intéressant, iront sur Internet, trouveront des blogs et finiront par lire Montessori.

Pour ceux-là, pour les quelques curieux qui iront plus loin que le magasin, ça vaut la peine de trouver un peu de matériel Montessori dans ce type de magasin.

Et pour ceux qui connaissent déjà Montessori mais ne savent pas où acheter le matériel, en ligne on trouve plein de magasins spécialisés qui ne sont pas forcément cher (et parfois moins cher qu’Oxybul et Nature et Découvertes) et qui conçoivent leur matériel correctement.

Il y a un super article là-dessus sur l’excellent blog Merci qui ? Merci Montessori :

http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/07/materiel-montessori-ou-acheter-quoi.html