Ne pas suivre son instinct

J’ai lu un article (en anglais) qui m’a beaucoup marquée. Il expliquait que, souvent, on donnait comme bon conseil parental de suivre son instinct.

Pour l’auteur, c’était un très mauvais conseil. Que faire si ton instinct te dicte de frapper ton enfant ?

Cet article me revient quand je me sens à bout et que je crie. C’est instinctif. Naturellement, c’est la seule réponse que j’ai trouvé à ce moment là. Je n’ai parfois qu’une envie, c’est de tout passer par la fenêtre, enfants compris, mais, comme je suis quelqu’un qui réfléchi (un peu), je ne le fais pas et je prends sur moi. Finalement, je fonctionne très peu à l’instinct.

Pour me rassurer et me donner des pistes différentes, je lis. Pourtant, je suis incapable de suivre une méthode à la lettre. Souvent je la digère et je l’adapte. Je pioche deci-delà les conseils qui me parlent, les petits ingrédients pour faire ma soupe.

J’aime chez Montessori :
– l’autonomie de l’enfant
– le bon sens et le côté pratique
– le fait de suivre l’enfant et le laisser acteur de son développement
– le fait que l’enfant ait en lui même son propre curiculum

J’aime chez Magda Gerber/Janet Lansbury
– l’application des règles de la maison en douceur et dans la bienveillance
– le devoir de ne pas s’oublier en tant que personne et de poser clairement ses limites
– l’accompagnement des émotions de l’enfant
– l’acceptation des colères et frustrations
– l’absence d’éloge et de désapprobation
– l’amour inconditionnel

Ces deux méthodes m’ont permis d’être moins angoissée dans mon rôle de parent. Je m’offre le luxe d’être naturelle avec eux et de prendre le risque de les frustrer pour ne pas les laisser faire ce qui me dérange. Mon bien être est important pour leur bien être : du respect pour tout le monde !

J’aime aussi lire Peps qui est un peu plus léger et me donne souvent des clés faciles à utiliser.

Ma prochaine lecture, Isabelle Filliozat (Au coeur des émotions de l’enfant et j’ai tout essayé !).

Quels sont les livres qui vous ont marqué, les méthodes qui vous ont plu ou les meilleurs conseils qu’on vous a donné en matière d’éducation ?

Crédit Photo : State Library Victoria CollectionsReading on the verandah

Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/