Comment que tu causes ?

À force de lire des articles à droite à gauche, on en vient petit à petit à essayer des choses et à voir ce qui fonctionne. Aussi étrange que cela puisse paraître, en à peine 5 ans, j’ai changé ma façon de parler aux enfants.

Au départ, c’est comme apprendre une langue étrangère, les tournures semblent bizarres et artificielles… Et puis petit à petit, on voit les effets de cette langue sur les attitudes de chacun, on l’adopte et ça devient normal…

J’ai adopté pour l’instant deux nouveaux types de langage pour moi: la communication non-violente et la reconnaissance sans jugement.

Je vous fais un petit topo très rapide :

La communication non-violente :

Elle se résume en quatre étapes :

1 – Observer : Décrire la situation sans jugement : « Quand tu me cries dessus comme ça…

2 – Sentiment : Dire son ressenti « … je sens ma colère monter…

3 – Besoin : Exprimer son besoin : « … j’ai besoin de calme pour réfléchir et te donner la meilleure réponse possible… »

4 – Demander : « … peux-tu s’il te plaît me demander ce que tu veux gentiment ? »

Il y a évidemment beaucoup plus de subtilité dans la communication non violente (et des supers outils pour les relations entre adultes et entre enfants aussi), je vous laisse consulter les liens ci-dessous pour approfondir la question.

Je l’utilise énormément quand je sens que je vais me fâcher. Je respire un grand coup et je commence par décrire. Aussi étrange que cela puisse paraître, plouf, ma colère se dégonfle, et hop, bien souvent, le problème se règle sans cri. Pour moi qui suis une handicapée du conflit, c’est vraiment le pied.

La reconnaissance sans jugement :

Celui-là est très cher à Janet Lansbury.

Il s’agit, au lieu de s’extasier sur les prouesses de son enfant en émettant un jugement de valeur : « Waouh tu es drôlement fort ! », de reconnaître l’action faite : « Waouh, tu as grimpé sur cet arbre tout seul ! ». Et cela peut s’appliquer à n’importe quelle situation : reconnaître un sentiment : « Dis-donc, tu es vraiment en colère » (au lieu de « ça suffit maintenant, tu te calmes »), reconnaître une douleur « Tu as vraiment mal » (au lieu de « ce n’est pas grave »)…

Cela implique aussi, du coup, l’absence de compliments. Il s’agit encore de ne pas porter de jugement de valeur, même positif, comme par exemple : « ouah, il est super joli ce dessin ! » mais décrire l’action : « Tu t’es appliqué pour ce dessin, il a beaucoup de détails ! ».

Et pour finir, je suis extrêmement polie avec mes enfants : je n’oublie jamais un s’il te plaît ni un merci.

Dire merci à son enfant vaut des milliers de compliments : je peux le voir à leur petit air satisfait quand ils m’aident et que je leur dis « Merci, tu m’as bien aidée. »

Pour aller plus loin :

En communication non violente :

http://www.alternative-montessori.com/communication-non-violente/

http://apprendreaeduquer.fr/poser-limites-aux-enfants-communication-violente/

Pour la reconnaissance sans jugement :

http://www.janetlansbury.com/2011/11/the-key-to-your-childs-heart-7-ways-it-works/

http://apprendreaeduquer.fr/lattention-presence-efficaces-les-compliments/

http://apprendreaeduquer.fr/5-manieres-dutiliser-lencouragement-de-facon-efficace-avec-la-discipline-positive/

http://apprendreaeduquer.fr/remplacer-cest-bien-tu-es-intelligent/

Crédit Photo : Ian SoperSpeak no evil

 

Ça se chamaille !

C’est plutôt drôle de voir la relation entre Samuel et Eulalie se construire, on les entend jouer ensemble, rire souvent, et se disputer tout le temps.

J’ai un frère et deux sœurs, autant dire que je sais comment fonctionne une fratrie. Je me souviens de nos innombrables batailles, trahisons et autres coups bas quand nous étions enfants. Ils n’ont jamais diminué cette impression d’un lien fort et incassable : savoir que toujours, tout le temps et dans n’importe quelle circonstance, on peut compter les uns sur les autres. Si un jour, je dois planquer un cadavre, je n’appelle pas un(e) ami(e), j’appelle mes frangin(e)s…

Du coup, bon, Eulalie et Samuel se tapent dessus, grand bien leur fasse !

Je suis allée la semaine dernière à une conférence sur la rivalité entre frères et sœurs donnée par Florence de Widerspach, médiatrice familiale et animatrice d’ateliers Faber et Mazlish.

Elle partait du constat simple que la relation entre frères et sœurs n’est pas une relation choisie mais une relation imposée.

L’arrivée d’un petit nouveau dans la fratrie représente un gros risque : est-ce que mes parents m’aimeront moins ? Le partage de l’amour parental semble impossible pour les enfants. Eulalie me dit souvent que le bébé est méchant et il est impossible de la rassurer à ce sujet : un intrus arrive pour lui piquer ses parents… elle le déteste déjà.

La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est pas obligée de l’aimer, pas plus que Samuel, mais ils doivent se respecter : se parler gentiment, dire quand on n’est pas d’accord…

On a chacun besoin d’être unique, la jalousie est un sentiment naturel.

En tant que parent, il est toujours important d’accueillir et d’écouter les sentiments et les émotions de l’enfant : donner des mots ou des outils (crayons, pâte à modeler, poupée) pour que l’enfant exprime ce qu’il vit, utiliser l’imaginaire : s’il avait une baguette magique, qu’est qu’il souhaiterait ?

Quelques outils pour assainir les relations :

  • Pas de comparaison positive ou négative. La comparaison positive (« toi, au moins, tu m’aides, ce n’est pas comme ton frère.. ») peut générer de la pression pour l’enfant et aussi une impression de déloyauté envers ses frères et sœurs. Si on veut valoriser un comportement, il faut rester dans la description (« tu as mis la table ! Merci, tu m’as bien aidée. »)
  • « Donner pareil, c’est donner moins » : chacun est unique et a des besoins différents, il faut respecter les envies. Ce n’est pas forcément juste, mais c’est normal de vivre des choses différentes avec nos enfants.
  • On a tous un enfant avec qui on a des relations privilégiées : il faut être plus vigilants avec les autres. Les relations privilégiées sont sources de pression pour l’enfant qui veut garder son rôle, sa position, et elles sont aussi sources de conflit et d’hostilité des frères et sœurs.
  • Attention à ne pas conforter nos enfants dans des rôles (le paresseux, le maladroit…), leur montrer qu’ils sont capables de faire différemment, qu’ils peuvent changer, avoir confiance en eux.

Gérer les niveaux de dispute :

  • C’est normal qu’il y ait des disputes. On peut parfois laisser faire et laisser passer. Il faut attendre un peu avant d’intervenir.
  • Si la situation se dégrade, une intervention peut être utile : accueillir les sentiments, écouter sans jugement, les laisser trouver la solution seuls et s’en aller.
  • Si ça ne se règle toujours pas, on peut intervenir, trancher et différer une conversation pour leur permettre de poser des règles.

On peut proposer un temps ensemble pour résoudre le problème à posteriori : sans jugement, on écoute les ressentis et les propositions des enfants et des adultes pour permettre d’anticiper la prochaine dispute.

Crédit Photo : Hey SkinnyFighting

La violence éducative n’est pas une fatalité, agissons !

La semaine dernière, le conseil constitutionnel a censuré l’amendement de la loi « égalité et citoyenneté » interdisant toute forme de violence corporelle sur les enfants : les fessées et les gifles…

C’est vrai que quand la loi est passée en décembre, j’ai vraiment célébré l’événement. C’était officiel et reconnu, une fessée n’a pas de valeur éducative.

Je suis vraiment déçue… Et maintenant que peut-on faire ?

L’abolition des châtiments corporels en Suède (en 1979) a été accompagnée de brochure et de systèmes d’accueil pour les parents : oui on interdit la fessée mais on va aussi vous expliquer ce qui peut fonctionner et comment faire autrement que ce qui nous a été transmis.

Alors peut-être pouvons-nous prendre le problème à l’envers et au lieu d’attendre des autorités un changement en bonne et due forme : être nous même acteurs du changement.

Le mouvement se développe déjà à toute vitesse, hier, il y avait 800 personnes à Vannes pour écouter Isabelle Filliozat ! On peut à notre niveau aussi faire bouger les choses, élever ses enfants sans violence éducative, bien sûr, prêter des livres, conseiller des blogs et en discuter avec les potes…

Il existe des lieux de rencontre entre parents pour échanger, il existe des magazines (bien plus intéressants que « parents ») et des blogs, des forums, des ateliers et des conférences…

Je  vous fais une petite liste :

Lieux d’accueil à Lyon :

  • le jardin couvert (vous trouverez une liste des lieux d’accueil inspirés par Dolto en France dans l’onglet Liens pour les non-lyonnais ;))
  • La cause des parents, leurs activités, leurs conférences et leurs temps d’échange.
  • Vous trouverez dans cet article : Accueil parents-enfants une liste des lieux d’accueil parents-enfants sur Lyon
  • Ma famille comme unique : une association lyonnaise de soutien à la parentalité
  • Et aussi les centre-sociaux (celui de ma ville propose des activités parents-enfants, des temps d’échange entre parents), les maisons familiales, les ludothèques, les bibliothèques…

Les magazines :

(que j’aimerais bien trouver dans les salles d’attente des pédiatres, obstétriciens, kinés, ostéopathes…)

Pour les conférences, vous pouvez suivre :

Quant aux blogs, il y en a des tonnes ! Je ne suis qu’une toute petite sardine dans l’océan…

Mes chouchous du moments :

Et puis nous pouvons partager entre parents nos expériences, nos lectures, nos essais, les articles intéressants, les petits pas ; avancer sans jamais juger, ni soi, ni les autres, parce que se battre contre la violence éducative est un combat quotidien.

Si vous avez des liens à partager, n’hésitez pas à les mettre dans les commentaires !

Pour aller plus loin :

https://www.oveo.org/

http://www.ecoledesparents.org/

Crédit photo : Steve Moses1909 Stereoscopic Picture (a Spanking Good Time)

 

Bébé #3

Et oui ! C’est la bonne nouvelle pour 2017 ! J’attends un p’tit bout pour le mois de juillet !

Les enfants l’attendent avec impatience et appréhension, du coup, on essaie de mettre en place des petites choses pour patienter…

Tout d’abord, la poutre du temps, pour bien visualiser quand arrive le bébé (et non, ce n’est pas pour tout de suite…)

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La poutre du temps vient de La pochette Montessori sur le temps (Nathan). Elle est jolie et pas trop longue mais elle ne contient pas d’étiquettes pour marquer les événements spéciaux… (comme les anniversaires et les fêtes que j’ai dû faire moi-même). Je l’ai plastifiée pour pouvoir l’utiliser plusieurs années et je marque les vacances et les week-end avec du masking-tape.

Puis, nous lisons des histoires, je vous présente mes livres préférés sur le sujet :

Le ventre de ma maman de Jo Witek et Christine Roussey

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Ce livre est tout simplement magnifique, à chaque page, le bébé est caché dans une petite fenêtre à ouvrir qui grandit au fur et à mesure que le ventre prend de la place, c’est top.

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Et puis il y a ce classique de mon enfance : Bébé de Fran Manushkin et Ronald Himler

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Il est délicieusement désuet et drôle, c’est l’histoire d’un bébé qui est tellement bien dans le ventre de sa maman qu’il ne veut pas sortir…

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Pour finir, même si je ne suis pas une grande fan d’utilisation d’écrans, nous suivons pas à pas la croissance du bébé sur l’application babycenter qui permet de bien visualiser le développement et de voir ce qui se construit petit à petit avec des images réalistes sans être effrayantes…

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Voilà voilà, pour l’instant Samuel est enthousiaste et Eulalie est partagée entre l’excitation et la peur… Encore quelques mois pour bien se préparer… si vous avez des bon conseils, n’hésitez pas !

 

Dessin de Samuel : Maman un petit peu enceinte, Maman très enceinte, Maman avec le bébé dans ses bras.

Céline Alvarez – Yay or Nay ?

Elle passionne les parents et elle est généralement détestée des instits, pourquoi ?

Je dois dire que j’attendais avec impatience son livre. En tant que parent, je trouvais ses vidéos géniales et son projet super et sa communication vraiment top et son blog mirlifique… Bref, je ne tarissais pas d’éloges sur cette super instit qui allait révolutionner le monde de l’éducation en appliquant la méthode Montessori et en rapprochant tout ça des neurosciences. Les petites vidéos là, en voyant les enfants bosser ou les parents témoigner, me tirent encore des petites larmes… Mais ça a l’air si simple, pourquoi ce n’est pas encore appliqué dans chaque école maternelle ?

Et puis j’ai lu son livre, les lois naturelles de l’enfant.

Ouaip. Bien bien bien. Bon. Je comprends mieux l’irritation générale. Pour résumer, voilà mon ressenti : En trois ans de carrière

1 – Céline sauve le monde : elle convainc des parents de jeter les écrans de leur maison, elle permet aux petits de mettre leurs chaussures tout seuls (chose à laquelle, bien évidemment, aucune instit de maternelle ne pense…)

2 – Elle, elle aime les enfants, et ça, ça change tout !

3 – Elle est rigoureuse et bienveillante (la discipline positive, ça vous parle ???)

4 – Elle a tout réussi et que même quand c’était difficile, elle réussissait quand même (parce que, comme dirait Elsa dans la reine des neiges : l’amour guérit tout !)

5 – Elle ne prend pas les instits et les parents pour des cons mais elle sort quand même un pseudo livre scientifique qui n’en a ni la rigueur de la démonstration ni la valeur d’un véritable témoignage. Passé le chapitre qui décrit les activités mises en place, il n’y a pas de conseils pratiquo-pratique ni d’éléments bien nouveaux ou passionnants. C’était qui le lectorat visé ?

6 – Bon ben elle applique la méthode montessori quoi, rien de bien révolutionnaire non plus, pas besoin de scanner des cerveaux pour savoir que ça fonctionne… J’aurais aimé un peu plus de développement sur l’engagement actif dans l’acquisition des savoirs, sur l’importance de la manipulation, sur l’horizontalité dans la transmission des savoirs. Un vrai livre de scientifique, ce n’est pas ce qu’elle est ?

Et alors que son site est pour moi, en tant que néophyte intéressée par la méthode Montessori, une mine d’informations, son livre m’a tout simplement agacée…

Pour rire un peu, parce que ouais, j’ai envie d’en rire :

http://jeanjacqueslemag.fr/celine-alvarez-celine-dion-ou-les-deux/

http://jeanjacqueslemag.fr/ces-livres-de-celine-alvarez-auxquels-tu-as-echappe/

Je parle aussi de Céline Alvarez dans cet article

Pour avoir un point de vue positif et enthousiaste sur le livre, vous pouvez lire l’article des vendredis intellos : https://lesvendredisintellos.com/2017/02/03/les-lois-naturelles-de-lenfant-bibli-des-vi/

Crédit photo : Télérama

 

La motivation

Alors que je traversais la ville pour aller tester l’épicerie en vrac qui vient d’ouvrir, je me demandais ce qui me poussait à faire tant d’effort pour acheter des trucs sans emballage ? Une prise de conscience écolo intense ? le fait d’avoir le temps de le faire ? oui mais pas seulement… C’est surtout la lecture d’un livre (une famille (presque) zéro déchets)…

Pourquoi ?

  • C’était fun et bien présenté
  • Présenté comme ça, ça ne semblait pas compliqué
  • C’était incroyablement positif (et pas moralisateur)

Je vous parle de ça parce qu’à la rentrée, ma copine Caro m’a parlé d’un texte collé dans le cahier de sa fille qui est rentrée en CE1. Cela s’appelle les portes de la réussite.

ça se présente comme ça :

Donc, trois clés : la clé du travail, la clé du comportement en classe, la clé du comportement en dehors de la classe. Le lundi, chaque élève a ses trois clés, et s’il a cinq remarques dans un domaine, il perd une clé, et s’il perd une clé, il perd des droits et des responsabilités dans la classe…

Bon, déjà, niveau présentation, on fait plus fun…

Dire que ma copine Caro et moi étions peu enthousiastes face à la méthode est un euphémisme, on trouvait ça dur envers les enfants (on ne peut que perdre et jamais gagner) et peu responsabilisant…

A côté de ça, la méthode de l’école de la fille de ma copine Laila semblait déjà un tout petit peu mieux (à mon goût) : un code couleur, tous les enfants ont un carré bleu, les carrés vont du rouge au noir, le bleu est au milieu, et selon le comportement, les enfants peuvent monter ou descendre sur l’échelle des carrés de couleur, ils ont plus de responsabilités s’ils montent dans l’échelle (comme aller aux toilettes tout seuls, oui oui, un truc de dingue) mais ils sont punis si leur niveau baisse sur l’échelle (ils copient des lignes)…

C’est un petit peu plus fun, c’est compliqué et il y a la menace de la sanction stupide, mais il y a aussi la possibilité de gagner et de s’améliorer.

Dans l’école de mes enfants, comme dans l’école (publique) des enfants de ma copine Mathilde, l’approche n’est que positive. Ils ont une base de départ qui leur ouvre certains droits (un trèfle à trois feuilles dans l’école de mes enfants, une couleur dans l’école des enfants de Mathilde) et mieux ils connaissent les règles et ils les appliquent, plus ils ont de droits et de responsabilités.

Dans la classe de Samuel, il y a trois trèfles. Sur le premier, l’adulte seul décide des déplacements de l’enfant et l’enfant doit travailler les compétences du trèfle à 4 feuilles.

Les compétences du trèfles à quatre feuilles sont les suivantes :

Je sais, je fais : chercher de l’aide, écouter les adultes, connaître les lieux et les adultes de l’école, faire attention à moi, respecter les règles de déplacements, frapper au portes et les fermer et dire bonjour.

Une fois les compétences acquises, l’enfant peut demander en assemblée s’il peut avoir le trèfle à quatre feuilles, les autres enfants donnent leur avis et les adultes décident.

Avec le trèfle à quatre feuilles, l’enfant peut se déplacer seul dans l’école lorsque l’adulte est d’accord et être sans adultes dans un lieu avec des trèfles à 5 feuilles.

Les objectifs des trois méthodes sont les mêmes : connaître les règles et les respecter pour avoir plus de responsabilités.

Pour moi, la méthode des portes de la réussite me semblait tellement moins valorisante et motivante que la méthode des trèfles… et pourtant, un parent d’élève de l’école de mes enfants m’expliquait que la méthode des trèfles ne fonctionnait pas du tout avec son garçon et que pour lui, le plus simple était de lui donner d’emblée des responsabilités et de les lui retirer s’il ne respectait pas le contrat, de plus, le jugement des autres enfants était très difficile à vivre…

Vous en pensez quoi, vous ?

Crédit photo : Flickr Creative Commons Public Record Office VictoriaRural training school – Classroom during education week, 1950s (cut)

ô Joie !

Bonne année 2016 ! Je vous souhaite une année pleine de joie, de bienveillance et de beaux projets.

J’aime la nouvelle année. En fait, j’aime chaque début de période. Tous les trois mois environ, je prends de bonnes résolutions, souvent avec l’arrivée de la nouvelle saison. Je ne les tiens pas toutes, mais parfois, je constate avec bonheur que j’ai réussi à changer une de mes habitudes pour du mieux. J’aime l’idée de me dire que je suis perfectible et que à chaque moment, un petit effort peu me permettre d’approcher un peu plus de mes envies d’être du moment. Je ne suis pas en quête d’un idéal à proprement parler mais je me vois plutôt comme un être en constante évolution.

Cette année j’avais envie de partager avec vous les efforts que j’ai envie de faire, le petites habitudes que j’ai envie de prendre en tant que parent.

  • Arrêter de leur parler à la troisième personne – ça m’agace moi-même dès que je le fais : « Maman va retirer le manteau d’Eulalie. » « Samuel va aller mettre son pyjama… » – ce sont des personnes, pas des poupées.
  • Arrêter de parler d’eux avec quelqu’un comme s’ils n’étaient pas là alors qu’ils sont présents : « je trouve que Samuel a fait des supers dessins aujourd’hui.. ». Je vois bien que ça gêne Samuel.
  • Arrêter de me plaindre de leur comportement. Ça n’avance à rien et ce n’est agréable pour personne.
  • Leur donner plus de possibilité de faire des choses eux-même (laisser ma fille prendre son temps pour descendre les escaliers…).
  • Être un peu plus disponible pour jouer avec eux.
  • Continuer les efforts pour enlever toute forme de violence éducative ordinaire (chez nous, il y a encore des cris parfois, et encore pas mal de menace (descend tout de suite ou je me fâche…)) et trouver d’autres solutions qui fonctionnent.

Merci d’être là et de me lire toujours plus nombreux.

Ces petites stats que je regardais avec tristesse et trouille il y a quelques semaines encore me remplissent de joie maintenant. Ce n’est pas que vous êtes beaucoup plus nombreux (un petit peu plus, mais pas tant que ça), c’est qu’à force de me plaindre, j’ai petit à petit, grâce à mon entourage, compris que ce n’était pas franchement important et que, quand même, vous étiez là, à me lire, présents régulièrement, muets la plupart du temps, mais bien présents. Merci encore !

Crédit Photo : Happy New Year !Dressy Doll

Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

Ah, les vacances !

J’aime les vacances scolaires. C’est un moment que l’on prend pour nous, pour ne rien faire, pour bousculer les habitudes et pour se faire plaisir.

On se lève tard, on regarde la télé tous ensemble, on voit les copains, on sort faire des jeux et au bout de quelques jours, toutes les petites routines d’organisation bien mises en place ont complètement disparu, c’est le bazar dans toute la maison et on vit dans un capharnaüm géant.

C’est génial.

Et crevant.

C’est aussi le moment où j’ai le plus de doute quant à ce que je fais avec mes enfants. Tout se bouscule.

Pourquoi crient-ils autant ? Est-ce qu’ils sont fatigués ? y a-t-il trop d’activités ? pas assez ?

Ils sont contents de passer du temps ensemble et ils se disputent…

Qu’est-ce que j’ai raté ? Mais pourquoi est-ce si difficile ? ça y est là, je suis fatiguée !

Pourquoi ne veut-elle pas faire la sieste ? (peut-être parce qu’elle s’est réveillée à 10h…)

Pourquoi cherche-t-il tout le temps mon attention ? (peut-être parce que je suis devant l’ordinateur…)

Pourquoi parle-t-il tout le temps ? (peut-être parce que c’est le fils de sa mère…)

Et puis à un certain moment, on trouve l’équilibre. Pas trop de télé, pas trop de sorties, privilégier les temps de sieste et raconter des histoires, essayer de jouer ensemble quand on peut et laisser le bazar, les cris, les pleurs, les chants et les moments de folie envahir la maison…

On est en vacances, on ne fait plus rien ^^

En plus :

J’aime le titre de se livre (peut-être à lire bientôt) :

tout va bien nous sommes paumés

J’aurais bien aimé que celui-ci soit encore édité en français :

Raising Our Children, Raising Ourselves: Transforming parent-child relationships from reaction and struggle to freedom, power and joy

Je suis en train de réfléchir à l’absence d’éducation :

La fin de l’éducation

Je sens que je n’ai pas fini de me poser des questions…

Crédits photo : Chris JLHolidays are for playing

L’hyperparent

Alors que j’étais en train de sautiller de joie en découvrant le site Participassions et la possibilité d’avoir incessamment sous peu une plastifieuse pas chère, je m’imaginais déjà imprimer et plastifier tout un tas de matériel Montessori de langage pour mes bambins.

Or j’ai un gros dilemme.

Je vois Etheline Tennenbaum en train d’appeler le professeur d’italien et en train de gérer l’emploi du temps hyper chargé de ses trois enfants. Je vois ce que les américains appellent les mamans taxis qui conduisent leurs enfants de cours en activités sans les faire souffler. Je vois le papa des petites filles que je gardais étudiante, qui rentrait à plus de 19h tous les soirs et prenait quand même la peine le mardi de créer des exercices supplémentaires dans un cahier spécifique pour qu’elles fassent des devoirs en plus le mercredi…

De l’autre côté de l’atlantique, on appelle cela les hyperparents : des parents qui surinvestissent la vie de leurs enfants.

Je n’ai pas envie d’être ce parent-là. Je ne veux ni être celui qui farcit la tête de ses enfants dans l’angoisse de leur réussite sociale ni être celui qui multiplie les activités pour être sûre que jamais il ne s’ennuie.

Et je me demande si c’est bien mon rôle d’amener des outils pédagogiques dans la maison…

Parce que bon, la maison c’est fait pour faire plein d’autres trucs comme être ensemble, jouer, faire les fous, lire des histoires, faire des câlins, faire la cuisine, dormir, dessiner sans contraintes ni instructions, ne rien faire, s’ennuyer…

Et l’école, c’est bien à l’école, non ?

Oui mais, je suis angoissée d’une part (un peu, un peu), je suis accro à la méthode Montessori, je suis déprimée par l’école (classique (parce que nous n’avons pas les moyens pour une école Montessori dans la région)) de mon garçon et nous attendons un place à l’école du Chapoly.

Et puis, disons les choses clairement, ça m’éclate de créer des petites activités intelligentes et de les voir apprécier.

J’ai à la fois envie de créer du matériel pédagogique et à la fois envie de les laisser grandir tranquillement sans intervenir.

Peut-être la solution serait l’instruction en famille. J’y réfléchi, mais je ne suis pas tout à fait prête… Je pense quand même que l’école, c’est important : pour apprendre à vivre ensemble, pour se frotter à différentes façons de faire, ou apprendre les différences culturelles, pour rester le plus ouvert possible…

Bref, je suis un peu dans une impasse…

Pour aller plus loin :

Sur les hyperparents :

How to let go of hyperparenting and learn to relax with your kids – Zenhabits (en anglais)

a cure for hyperparenting – article de Pamela Druckerman (en anglais)

Sur l’instruction en famille :

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison  partie 1

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison partie 2

ief questionnements et réflexion – Eve Herrmann (Liv et Emy)

la fin d’une année un début prometteur – Eve Herrmann (Liv et Emy)

Crédit Photo : Family of Geniuses – Wes Anderson – The Royal Tennenbaums (que je vous invite à voir si ce n’est pas encore fait ;))