Une semaine sans crier – suite

Est-ce que j’ai réussi à tenir une semaine sans crier du tout ?

Non.

Mais j’ai réduit considérablement le volume sonore !

J’ai même eu des compliments sur le calme olympien avec lequel je gérais mes enfants.

Il paraît qu’il faut un mois d’effort pour changer ses habitudes durablement, alors je continue. Ça nous fait du bien.

Mes techniques pour ne pas crier sont les suivantes :

– respirer et attendre quelques secondes avant de réagir

– baisser la voix et parler plus lentement (Il m’arrive parfois de chuchoter…)

J’ai remarqué aussi que quand Samuel fait mal à Eulalie, j’avais tendance naturellement à crier sur Samuel puis à consoler Eulalie. J’ai inversé la tendance, je m’occupe d’Eulalie d’abord : je lui fais un câlin, je la rassure, puis je parle avec Samuel. Je réagis moins à chaud et je porte moins d’attention à Samuel, du coup, il ne la tape plus juste pour attirer mon attention…

Est-ce que vous essayez parfois de moins crier sur vos enfants ? Quelles sont les techniques qui fonctionnent chez vous ?

Crédit photo : – Flickr – James GoodmanMOTHER

Une semaine sans crier

Désolée pour cette longue absence, les mois d’hiver me dépriment et me donnent l’impression de garder constamment la tête sous l’eau.

La semaine dernière a été particulièrement difficile, nous étions tous les quatre fatigués et l’actualité, au lieu de nous rassembler, a terminé de m’achever.

J’ai eu l’impression d’avoir passé la semaine à crier sur Samuel. C’était épuisant pour nous deux.

Quand je m’emporte comme ça, il me semble impossible de faire machine arrière… Et à un moment, je prends conscience que ça n’arrange pas les choses, bien au contraire.

Pourquoi je crie ? Qu’est-ce qui me donne l’impression d’être à bout ?

Je crie quand :

– Je suis très fatiguée

– J’ai faim

– Je n’ai pas eu le temps de faire ce que j’avais envie de faire dans le petit temps de liberté qui m’est imparti (la sieste par exemple)

– J’ai peur

Je suis exaspérée par Samuel quand :

– Il frappe sans raison apparente

– Il semble surexcité et je n’arrive pas à le calmer

Souvent, je me rends compte qu’il frappe et qu’il est surexcité quand lui même est très fatigué, a faim, n’est pas entendu comme il le souhaiterait ou ne peut pas faire ce qu’il a envie de faire (jouer au moment de partir à l’école, par exemple…).

Le fait de poser tout cela par écrit me permet de prendre de la distance, de mieux analyser ce qui se passe et d’agir en conséquence. Cette semaine, j’ai décidé de composer avec ça et d’essayer de ne pas crier de la semaine.

J’ai donc autorisé un petit bout de pain pour patienter en rentrant de l’école si le déjeuner n’est pas prêt tout de suite. J’ai un peu lâché du lest sur la sieste aussi, je laisse Samuel faire un temps calme d’une heure au moins avec des livres. Puis, je le laisse jouer dans sa chambre en lui expliquant que j’ai besoin de temps pour moi (pour l’instant, ça marche). On ne se bagarre plus pour qu’il dorme sous toute fin… Il dort mieux la nuit et fait la sieste s’il en a besoin (et pas pour me faire plaisir).

Je sens déjà que j’y gagne – je suis bien plus de bonne humeur et je me sens bien moins fatiguée.

Bon, comme on est déjà en milieu de semaine, je peux dire que depuis lundi, je n’ai crié que deux fois – raté pour la semaine sans crier, donc, mais c’est un gros progrès. Je continue mes efforts !

Crédit photo : – Flickr – Mindaugas Danysscream and shout

Quand on n’est pas sur la même longueur d’onde

Tout ce qui touche à mes enfants est un sujet un peu sensible, et il m’arrive souvent de ne pas être tout à fait d’accord avec l’intervention d’un autre adulte, même de leur papa.

En règle générale, j’ai tendance à ne pas intervenir entre mon enfant et l’adulte (sauf si je sens que mon enfant est agressé ou si la situation ne me semble vraiment pas juste) et cela me demande pas mal de contrôle. Mais, il me semble important de laisser à chacun la possibilité de dire quelque chose à mes enfants quand ils dépassent les bornes.

Quand la façon de faire de ma moitié est différente et que cela ne me plaît pas trop, je me rassure en me disant de lui faire confiance, c’est leur papa, il fera forcément ce qui lui semble juste et approprié. Je le laisse toujours faire et je suis toujours d’accord avec lui devant les enfants. Si vraiment ce qu’il fait me dérange, je lui en parle quand on est que tous les deux. J’ai la chance d’avoir un conjoint plutôt réceptif à tout ce que je peux mettre en place avec les enfants. Il ne va pas lire les livres que je lis, mais ce n’est pas grave. Je lui explique toujours ce que je trouve intéressant dans mes lectures, nous en parlons souvent et nous nous mettons d’accord sur la façon de procéder.Nous sommes les parents, nous sommes une équipe.

Quand il s’agit de relations familiales plus éloignées comme les grands-parents, oncles et tantes ou amis, là, je laisse faire, parce que je sais que ce qui prime, c’est ce que nous, en tant que parents, nous transmettons. Cette confiance me permet d’accepter plus facilement le fait que le mouvement ne soit pas tout à fait libre pour Eulalie dans certains endroits, et de relativiser. Oui, nous pratiquons le libre mouvement, non, ce n’est pas la fin du monde si elle est dans un transat de temps en temps chez ses grands-parents parce que c’est plus pratique.

Je ne veux pas interférer dans les relations qu’ils peuvent construire avec les autres adultes parce que je pense que c’est important qu’ils construisent leur propre histoire et leurs propres affinités avec leurs proches.

J’arrive aussi de mieux en mieux à prendre du recul sur les remarques que l’on peut nous faire sur l’éducation de nos enfants. Quand vraiment les remarques sont difficiles à accepter, j’essaie d’expliquer parfois comment nous voyons les choses, mais la technique qui fonctionne le mieux encore, elle vient de mon amie Sophie. Elle s’appelle le « dizyouais ».

Le « dizyouais », c’est la façon de dire « oui oui » à toute remarque entraînant un conflit dans lequel on ne veut pas s’engager, et de faire strictement ce que l’on veut ensuite, sans tenir compte de la remarque. C’est aussi ça être parent, finalement, et c’est la beauté de la chose, on prend à droite à gauche les conseils qui nous parlent, on essaie de faire fonctionner ce qui nous semble intelligent à la maison, et le reste n’est pas important.

Pour aller plus loin :

http://familleharmonie.com/2013/12/13/comment-survivre-au-temps-des-fetes/

en anglais

Accepting Grandparents’ Good Intentions (With Humble Apologies To My Father-in-Law)