Comment que tu causes ?

À force de lire des articles à droite à gauche, on en vient petit à petit à essayer des choses et à voir ce qui fonctionne. Aussi étrange que cela puisse paraître, en à peine 5 ans, j’ai changé ma façon de parler aux enfants.

Au départ, c’est comme apprendre une langue étrangère, les tournures semblent bizarres et artificielles… Et puis petit à petit, on voit les effets de cette langue sur les attitudes de chacun, on l’adopte et ça devient normal…

J’ai adopté pour l’instant deux nouveaux types de langage pour moi: la communication non-violente et la reconnaissance sans jugement.

Je vous fais un petit topo très rapide :

La communication non-violente :

Elle se résume en quatre étapes :

1 – Observer : Décrire la situation sans jugement : « Quand tu me cries dessus comme ça…

2 – Sentiment : Dire son ressenti « … je sens ma colère monter…

3 – Besoin : Exprimer son besoin : « … j’ai besoin de calme pour réfléchir et te donner la meilleure réponse possible… »

4 – Demander : « … peux-tu s’il te plaît me demander ce que tu veux gentiment ? »

Il y a évidemment beaucoup plus de subtilité dans la communication non violente (et des supers outils pour les relations entre adultes et entre enfants aussi), je vous laisse consulter les liens ci-dessous pour approfondir la question.

Je l’utilise énormément quand je sens que je vais me fâcher. Je respire un grand coup et je commence par décrire. Aussi étrange que cela puisse paraître, plouf, ma colère se dégonfle, et hop, bien souvent, le problème se règle sans cri. Pour moi qui suis une handicapée du conflit, c’est vraiment le pied.

La reconnaissance sans jugement :

Celui-là est très cher à Janet Lansbury.

Il s’agit, au lieu de s’extasier sur les prouesses de son enfant en émettant un jugement de valeur : « Waouh tu es drôlement fort ! », de reconnaître l’action faite : « Waouh, tu as grimpé sur cet arbre tout seul ! ». Et cela peut s’appliquer à n’importe quelle situation : reconnaître un sentiment : « Dis-donc, tu es vraiment en colère » (au lieu de « ça suffit maintenant, tu te calmes »), reconnaître une douleur « Tu as vraiment mal » (au lieu de « ce n’est pas grave »)…

Cela implique aussi, du coup, l’absence de compliments. Il s’agit encore de ne pas porter de jugement de valeur, même positif, comme par exemple : « ouah, il est super joli ce dessin ! » mais décrire l’action : « Tu t’es appliqué pour ce dessin, il a beaucoup de détails ! ».

Et pour finir, je suis extrêmement polie avec mes enfants : je n’oublie jamais un s’il te plaît ni un merci.

Dire merci à son enfant vaut des milliers de compliments : je peux le voir à leur petit air satisfait quand ils m’aident et que je leur dis « Merci, tu m’as bien aidée. »

Pour aller plus loin :

En communication non violente :

http://www.alternative-montessori.com/communication-non-violente/

http://apprendreaeduquer.fr/poser-limites-aux-enfants-communication-violente/

Pour la reconnaissance sans jugement :

http://www.janetlansbury.com/2011/11/the-key-to-your-childs-heart-7-ways-it-works/

http://apprendreaeduquer.fr/lattention-presence-efficaces-les-compliments/

http://apprendreaeduquer.fr/5-manieres-dutiliser-lencouragement-de-facon-efficace-avec-la-discipline-positive/

http://apprendreaeduquer.fr/remplacer-cest-bien-tu-es-intelligent/

Crédit Photo : Ian SoperSpeak no evil

 

Mon bébé minimaliste

D’accord, c’est le troisième, on n’a besoin de rien ! Mais en fait, même pour le premier, on n’a pas besoin de grand chose. Je me souviens encore du temps que j’ai passé pour tout collecter avant la naissance de Samuel : la super méga poussette, le cuit-vapeur spécial bébé…

J’ai décidé cette fois de faire une liste de ce qui m’a vraiment servi :

Couchage :

1 – un matelas par terre puis un petit lit : j’avais testé pour Eulalie le couchage par terre comme le préconise Maria Montessori. Au début, c’était top, ça me permettait de me coucher avec elle pour l’allaiter (on n’est pas trop cododo, cela nous inquiète un peu…). Puis je me suis rendue compte qu’à partir du moment où elle savait se retourner, je la retrouvais par terre. Alors on a remis le lit, elle dormait bien mieux, comme si elle était un peu contenue et protégée. Mais bon, d’un enfant à l’autre, les besoins ne sont pas les mêmes…

photo : montessorimoms.wordpress.com

2 – 2 gigoteuses d’hiver et 2 gigoteuses d’été

Pas de veilleuse, pas de mobile et pas de jouets dans la chambre. C’est le lieu pour dormir.

Toilette et change :

3 – une baignoire type « Tummy Tub »: top, pas cher, agréable pour bébé et pour maman.

4 – le change : une serviette (sur le lit ou sur les genoux). Pour la sortie du bain, je m’installe par terre avec une serviette sur les genoux et hop bébé dans la serviette, stabilisé sur mes jambes tendues.

5 – Les produits pour bébé : pour les fesses : du liniment oléo-calcaire, pour la toilette : une savonnette au lait d’ânesse bio, et de l’huile végétale bio (type huile de noyaux d’abricot) si vraiment la peau est sèche ou si on veut masser son bébé. Et c’est tout.

Pas de table à langer ? J’en ai une, je l’ai utilisée, mais franchement, mon lit est suffisant. Pour la posture par terre, j’utilise celle des femmes indiennes que l’on voit dans le livre de massage Shantala de Frédérick Leboyer (photo). Quand bébé grandit, il est content de pouvoir se mettre debout ou bouger beaucoup, être à terre ou sur un lit réduit les risques de chute…

Pour les vêtements, j’ai tellement récupéré de vêtements de ma famille et de mes copines que je n’ai acheté que quelques pièces par plaisir. Là, je crois que je vais coudre !

Pour continuer dans le Zéro Déchet : j’ai investi dans des couches lavables pour Samuel, je ne les ai pas utilisées pour Eulalie, mais je pense les réutiliser pour bébé n°3 et faire de la couture pour avoir des couches de toute petite taille pour les premiers mois. C’est mieux pour être sûr que rien de chimique ne touche les fesses du petits, pour la masse de déchets que l’on produit et pour le porte-monnaie, mais c’est loin d’être facile à gérer, c’est plutôt une plaie en terme d’organisation… Mais ce n’est pas essentiel. Quelqu’un a testé l’hygiène naturelle infantile ?

Repas :

6 – des biberons en verre (2 grands et 2 petits)

7 – une chaise évolutive type Stokke

Pour la vaisselle, on utilise notre vaisselle : au début pour les verres, j’ai utilisé nos verres à shooter (qui ne servaient pas de toute façon…), puis de petits verres de 12 cl et des assiettes à soupe. C’est (encore) Maria Montessori qui parle de l’importance d’utiliser de la vaisselle qui casse avec des petits. J’ai pratiqué la Diversification Menée par l’Enfant pour Eulalie et je compte bien le refaire avec bébé n°3. Mais si le besoin se fait sentir de faire une purée, hop, un petit coup de mixer ou de presse-purée et c’est fait !

Promenade :

8 – une écharpe de portage : le bonheur et la révélation, si cela vous inquiète, prenez un cours avant… Je l’utilise depuis la naissance de Samuel et j’ai très très peu utilisé la poussette…

9 – un très bon siège auto (en naissance – 18kg)

Loisirs à la maison :

10 – Une belle peau de mouton pour installer bébé par terre

11 – un portique pour pouvoir installer des mobiles et des jeux en hauteur (balle et grelot suspendus pour pouvoir taper avec les pieds ou accrocher les mains et secouer)

12 – des petits jeux en bois ou en tissus à manipuler, des objets de tous les jours qui peuvent se manipuler et se mettre dans la bouche, des livres.

Photo : thefreechild.blogspot.fr

Et voilà. Exit la liste de naissance à n’en plus finir !

Pour aller plus loin :

Couchage :

Adapter l’environnement de son enfant #1

Toilette et change :

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2016/02/16/bebes-cinq-astuces-pour-se-passer-des-produits-a-risque/

http://www.mamayaya.org/hygiene-infantile-naturelle/

Repas :

https://bougribouillons.fr/dme-diversification-menee-par-lenfant/

https://bebemangeseul.com/

Promenade :

https://lalouverie.wordpress.com/2014/10/06/porter-en-toute-securite/

Loisirs à la maison :

La motricité libre

Open-ended toys – les jeux “ouverts”

Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

Ne pas suivre son instinct

J’ai lu un article (en anglais) qui m’a beaucoup marquée. Il expliquait que, souvent, on donnait comme bon conseil parental de suivre son instinct.

Pour l’auteur, c’était un très mauvais conseil. Que faire si ton instinct te dicte de frapper ton enfant ?

Cet article me revient quand je me sens à bout et que je crie. C’est instinctif. Naturellement, c’est la seule réponse que j’ai trouvé à ce moment là. Je n’ai parfois qu’une envie, c’est de tout passer par la fenêtre, enfants compris, mais, comme je suis quelqu’un qui réfléchi (un peu), je ne le fais pas et je prends sur moi. Finalement, je fonctionne très peu à l’instinct.

Pour me rassurer et me donner des pistes différentes, je lis. Pourtant, je suis incapable de suivre une méthode à la lettre. Souvent je la digère et je l’adapte. Je pioche deci-delà les conseils qui me parlent, les petits ingrédients pour faire ma soupe.

J’aime chez Montessori :
– l’autonomie de l’enfant
– le bon sens et le côté pratique
– le fait de suivre l’enfant et le laisser acteur de son développement
– le fait que l’enfant ait en lui même son propre curiculum

J’aime chez Magda Gerber/Janet Lansbury
– l’application des règles de la maison en douceur et dans la bienveillance
– le devoir de ne pas s’oublier en tant que personne et de poser clairement ses limites
– l’accompagnement des émotions de l’enfant
– l’acceptation des colères et frustrations
– l’absence d’éloge et de désapprobation
– l’amour inconditionnel

Ces deux méthodes m’ont permis d’être moins angoissée dans mon rôle de parent. Je m’offre le luxe d’être naturelle avec eux et de prendre le risque de les frustrer pour ne pas les laisser faire ce qui me dérange. Mon bien être est important pour leur bien être : du respect pour tout le monde !

J’aime aussi lire Peps qui est un peu plus léger et me donne souvent des clés faciles à utiliser.

Ma prochaine lecture, Isabelle Filliozat (Au coeur des émotions de l’enfant et j’ai tout essayé !).

Quels sont les livres qui vous ont marqué, les méthodes qui vous ont plu ou les meilleurs conseils qu’on vous a donné en matière d’éducation ?

Crédit Photo : State Library Victoria CollectionsReading on the verandah

Laisse-moi découvrir tout seul !

Souvent, j’ai envie de poser Eulalie en haut du toboggan et de voir son sourire en descendant.

Mais j’attends.

J’attends qu’elle sache grimper d’elle-même sur l’échelle et qu’elle puisse appréhender tranquillement la hauteur avant de se lancer.

Et c’est long, souvent frustrant, de ne pas pouvoir lui procurer rapidement le plaisir de glisser sur un toboggan.

J’ai décidé de suivre les conseils RIE et de laisser l’enfant découvrir par lui-même sans que ce soit imposé.

Quand mon envie est trop forte, je pense toujours à ces petits qui sont mis trop tôt sur un manège et qui pleurent pendant tout le tour alors que les parents sont déçus et frustrés de ne pas leur avoir procuré le plaisir qu’ils pensaient leur offrir. Cela me permet d’être plus patiente.

Il y a quelques jours, Eulalie a grimpé sa première échelle de toboggan (toute seule mais j’étais derrière elle pour m’assurer qu’elle ne tombe pas), je l’ai aidé à se placer tout en haut et la voilà partie à glisser sur le toboggan. Le plaisir de la découverte et la fierté d’y avoir été toute seule, le bonheur d’avoir pu prendre son temps, d’être sûre de ne pas avoir peur valaient mille fois mes petits moments de frustration au parc.

Elle y est retourné sans arrêt jusqu’à ce qu’on s’en aille, avec le même plaisir, perfectionnant au passage sa technique pour grimper à l’échelle et pour se placer tout en haut du toboggan.

Au parc, c’est devenu une habitude (pour moi, pas pour son papa), de ne pas intervenir si elle n’est pas en danger et de la laisser libre de grimper, courir, bouger et de ne pas la pousser à faire des choses qu’elle ne maîtrise pas. Je ne la pose pas sur la balançoire, ni sur le petit jeu qui bascule, je ne la pose pas sur le toboggan et je la laisse petit à petit appréhender les jeux. Cela nous va bien.

A la maison, c’est un peu plus dur, parce qu’elle suit sont frère et, comme son frère, elle veut faire des dessins et utiliser des feutres… Les découvertes sont moins évidentes, mais je ne l’aide pas quand elle joue et j’essaie de l’aider le moins possible quand elle dessine ou quand elle colle des gommettes (elle se débrouille très bien, en fait).

Je me rends compte que l’aider le moins possible lui donne confiance en elle et lui permet d’être plus habile.

Bien évidemment, je ne la laisse jamais dans la difficulté. Quand elle est coincée, je viens l’aider !

Sinon, tu as prévu quoi comme activité avec tes enfants ? Rien. Rien, c’est bien (aussi).

À la naissance de Samuel, je pensais que pour éveiller son enfant correctement, il fallait faire beaucoup d’activités avec lui.

Mais quelles activités proposer à mon tout petit ? Comment être présente et le stimuler pour être sûre qu’il soit heureux, épanoui, intelligent, brillant, occupé, attentif, curieux, ouvert d’esprit, bien dans ses pompes… ?

Il faut dire que je ne suis pas une animatrice née. Je déteste jouer à autre chose qu’aux jeux de société et je suis une calamité en bricolage… Je sais chanter des chansons, j’en connais un paquet, et raconter des histoires.

Pour me rassurer de mes angoisses, comme toujours, j’achète des bouquins.

J’ai acheté les bouquins de Marie-Hélène Place et de Eve Herrmann sur les activités d’éveil Montessori. Ce sont les premiers que je trouvais qui proposaient des activités pour les moins de 3 ans. Cela m’a ouvert à la pédagogie Montessori. J’ai lu, encore et toujours, Montessori cette fois.

En lisant Montessori, j’ai appris que les enfants étaient naturellement intelligents, brillants, attentifs, curieux, ouverts d’esprit, etc, et que pour nourrir tout cela, il fallait les laisser libres de choisir leurs propres activités et les laisser faire avec nous les tâches de tous les jours.

Puis j’ai découvert RIE qui dit qu’il faut aussi laisser la liberté à nos enfants de jouer tous seuls, dès qu’ils sont tout petit et que cela ne sert à rien d’occuper ses enfants à longueur de journée. Quel soulagement !

Magda Gerber fait la différence entre le « Wants Nothing Quality Time » et « Wants Something Quality Time ».

Wants Nothing Quality Time – I love it – c’est le moment où je m’assieds dans la piaule de mes enfants et je viens les regarder jouer. Parfois, ils viennent sur mes genoux, on parle un peu. Samuel me sollicite assez souvent pour réparer un truc, mettre le casque d’un chevalier. Je suis là pour eux, simplement, et comme ils le veulent. Parfois, je ne fais rien, parfois, je bois de la soupe avec Totoro (mais je n’ai ni mon téléphone, ni ma liste de course à faire…).

Wants Something Quality Time – c’est le temps d’interaction. Là, pour le coup, on fait quelque chose. Soit quelque chose qu’ils ont envie de faire (dessin, lire un livre, pâte à modeler…) ou quelque chose que l’on doit faire (sortir, s’habiller, manger…). S’il faut se préparer, j’explique à Eulalie ce qui va se passer et je l’habille, Samuel s’habille tout seul mais je suis présente et je l’aide si besoin.

Il y a aussi des moments où j’ai besoin d’être toute seule. Ces moments-là, généralement, ils jouent seuls. Eulalie encore plus que Samuel, parce que depuis qu’elle est toute petite, je l’ai souvent laissée jouer toute seule à côté de moi, alors que je faisais autre chose.

J’ai arrêté de culpabiliser de ne pas être une animatrice hors pair pour mes enfants et j’ai vite apprécié à quel point c’est important pour nous tous d’avoir nos temps de liberté.

Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/

Mon petit cogneur

Samuel frappait, pas seulement nous, mais aussi tous les enfants qui l’approchaient, avec ou sans raison, comme une façon d’entrer en communication. Pourtant Samuel est un petit garçon qui, du haut de ses trois ans, parle très bien et sait exprimer beaucoup de choses. Il a fait un peu de collectivité et connaît beaucoup d’enfants.

Bien évidemment, il y a eu la naissance de sa petite sœur. Il y avait aussi un problème de communication évident. J’ai parlé avec lui, j’ai passé du temps rien qu’à deux, je me suis fâchée, je l’ai mis au coin…

Et puis il y a eu le jour où il m’a jeté au visage un jouet en bois bien lourd qui m’a fait bien mal. Ma première pensée a été de lui en retourner une, instinctivement. J’ai pris sur moi, j’ai respiré et calmement, les larmes plein les yeux, je lui ai dit qu’il m’avait fait très mal et je lui ai demandé d’aller dans sa chambre. Il est allé dans sa chambre. J’ai appelé le comité de soutien : ma mère et mes sœurs.

Le comité de soutien m’a rassurée, m’a dit que j’avais bien réagi. Ma petite sœur m’a dit que ça se calmerait avec l’école. Oui mais l’école, c’était encore dans 6 mois !

J’avais un peu fait le tour des articles sur Internet et des conseils. Ne pas taper en retour, ça me semblait évident. Créer du lien, lui consacrer du temps, OK. Bien lui dire qu’il ne faut pas taper, bien bien ; mais rien de tout cela ne semblait vraiment fonctionner.

Puis cet été, j’ai découvert le RIE et le blog de Janet Lansbury. Depuis notre retour de vacances, je ne mets plus Samuel au coin, quand il me tape, ou quand il va me taper, je prends son poignet et je lui dis calmement : « je ne veux pas que tu me tapes, ça fait mal. ». Je fais aussi plus attention à ses sentiments, je les écoute et je les prends en considération. Je fais aussi plus attention à moi et je me sens plus claire dans ma façon d’être avec lui. Je crie moins. Tout n’est pas parfait, nous sommes en chemin, mais j’ai l’impression d’être plus calme, plus sûre de moi, moins désemparée face à son comportement.

Puis il est rentré à l’école et il a cessé de me taper. Qui de ma petite sœur et de Janet et du groupe RIE avait raison ?

Ma petite soeur.

Mais ce week-end, j’ai vu Samuel taper son papa, ce comportement devient de plus en plus rare, mais c’est encore là. Je crois que Janet et le groupe RIE ont aussi raison, dans le sens où même si les résultats ne sont pas immédiats, même si le chemin n’est pas évident, tout cela nous fait du bien, à Samuel et moi.

Pour aller plus loin :

http://familleharmonie.com/2014/05/31/arrete-tes-caprices/

http://www.janetlansbury.com/2012/09/biting-hitting-kicking-and-other-challenging-toddler-behavior/

Crédit photo – Flickr – Tony Chan – Red China Children’s Story Book #1 (modified)

Resources for Infant Educarers®

Ce mouvement est plutôt développé aux États-Unis. Je l’ai découvert suite à un article sur Pinterest, puis je me suis inscrite au groupe Facebook le plus intéressant et chouette que j’ai pu lire pour l’instant (en anglais) qui s’appelle RIE/Mindful parenting.

J’adore lire les sujets et les commentaires de ce groupe. Les sujets concernent souvent des problèmes que beaucoup de mamans ont rencontrés (mon bébé ne dort pas, mon petit me tape…) et les commentaires sont toujours justes, sympas, sans jugement et sans conflit. Les noms de Magda Gerber et de Janet Lansbury étaient beaucoup cités. J’ai donc commandé leurs bouquins, je les attends avec impatience, et je vous en parlerai quand je les aurai lus.

Je n’ai pas trouvé d’articles en français sur le sujet, mais voilà rapidement le mouvement RIE en quelques points :

– Le mouvement RIE a été créé par Magda Gerber en 1980.

– Educarers est un néologisme pour englober non seulement les parents, mais aussi toute personne qui s’occupe de l’éducation et des soins de l’enfant.

– Magda Gerber est fortement inspirée de Pikler et de Piaget

– RIE concerne les enfants de 0 à 3 ans

– La première base la plus importante est le respect. Le bébé est considéré comme un être unique et singulier à qui il faut montrer du respect dans chaque interaction avec lui, dès la naissance.

– Il faut laisser l’enfant libre de ses mouvements, intervenir le moins possible dans ses jeux et le laisser être le plus indépendant possible. Il faut faire les choses avec l’enfant et non pas pour l’enfant.

– Il est important cependant d’établir des règles claires à respecter. Il faut savoir dire « non » à son enfant, tout en respectant son intégrité morale (et physique, cela va de soi).

– Il est important de laisser son enfant expérimenter les conflits et le laisser les régler lui même, il faut laisser l’enfant expérimenter le chagrin, la colère, la douleur et le laisser choisir quand et s’il a envie d’être réconforté. Un enfant ne doit pas être heureux tout le temps.

Je commence à peine à découvrir ce mouvement, mais je me sens déjà très proche de ses principes et je trouve beaucoup de réponses à mes questions dans le blog de Janet Lansbury.

Pour aller plus loin (en anglais) :

http://www.magdagerber.org/magda-uncut.html

http://www.janetlansbury.com/2011/03/respect-trust-acceptance-magda-gerbers-therapeutic-approach-to-child-care/

http://www.rie.org/educaring/ries-basic-principles/