Ça se chamaille !

C’est plutôt drôle de voir la relation entre Samuel et Eulalie se construire, on les entend jouer ensemble, rire souvent, et se disputer tout le temps.

J’ai un frère et deux sœurs, autant dire que je sais comment fonctionne une fratrie. Je me souviens de nos innombrables batailles, trahisons et autres coups bas quand nous étions enfants. Ils n’ont jamais diminué cette impression d’un lien fort et incassable : savoir que toujours, tout le temps et dans n’importe quelle circonstance, on peut compter les uns sur les autres. Si un jour, je dois planquer un cadavre, je n’appelle pas un(e) ami(e), j’appelle mes frangin(e)s…

Du coup, bon, Eulalie et Samuel se tapent dessus, grand bien leur fasse !

Je suis allée la semaine dernière à une conférence sur la rivalité entre frères et sœurs donnée par Florence de Widerspach, médiatrice familiale et animatrice d’ateliers Faber et Mazlish.

Elle partait du constat simple que la relation entre frères et sœurs n’est pas une relation choisie mais une relation imposée.

L’arrivée d’un petit nouveau dans la fratrie représente un gros risque : est-ce que mes parents m’aimeront moins ? Le partage de l’amour parental semble impossible pour les enfants. Eulalie me dit souvent que le bébé est méchant et il est impossible de la rassurer à ce sujet : un intrus arrive pour lui piquer ses parents… elle le déteste déjà.

La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est pas obligée de l’aimer, pas plus que Samuel, mais ils doivent se respecter : se parler gentiment, dire quand on n’est pas d’accord…

On a chacun besoin d’être unique, la jalousie est un sentiment naturel.

En tant que parent, il est toujours important d’accueillir et d’écouter les sentiments et les émotions de l’enfant : donner des mots ou des outils (crayons, pâte à modeler, poupée) pour que l’enfant exprime ce qu’il vit, utiliser l’imaginaire : s’il avait une baguette magique, qu’est qu’il souhaiterait ?

Quelques outils pour assainir les relations :

  • Pas de comparaison positive ou négative. La comparaison positive (« toi, au moins, tu m’aides, ce n’est pas comme ton frère.. ») peut générer de la pression pour l’enfant et aussi une impression de déloyauté envers ses frères et sœurs. Si on veut valoriser un comportement, il faut rester dans la description (« tu as mis la table ! Merci, tu m’as bien aidée. »)
  • « Donner pareil, c’est donner moins » : chacun est unique et a des besoins différents, il faut respecter les envies. Ce n’est pas forcément juste, mais c’est normal de vivre des choses différentes avec nos enfants.
  • On a tous un enfant avec qui on a des relations privilégiées : il faut être plus vigilants avec les autres. Les relations privilégiées sont sources de pression pour l’enfant qui veut garder son rôle, sa position, et elles sont aussi sources de conflit et d’hostilité des frères et sœurs.
  • Attention à ne pas conforter nos enfants dans des rôles (le paresseux, le maladroit…), leur montrer qu’ils sont capables de faire différemment, qu’ils peuvent changer, avoir confiance en eux.

Gérer les niveaux de dispute :

  • C’est normal qu’il y ait des disputes. On peut parfois laisser faire et laisser passer. Il faut attendre un peu avant d’intervenir.
  • Si la situation se dégrade, une intervention peut être utile : accueillir les sentiments, écouter sans jugement, les laisser trouver la solution seuls et s’en aller.
  • Si ça ne se règle toujours pas, on peut intervenir, trancher et différer une conversation pour leur permettre de poser des règles.

On peut proposer un temps ensemble pour résoudre le problème à posteriori : sans jugement, on écoute les ressentis et les propositions des enfants et des adultes pour permettre d’anticiper la prochaine dispute.

Crédit Photo : Hey SkinnyFighting

Eduquer à la joie

J’aime vraiment cette tendance au développement personnel. De manière générale, j’aime cette apologie de la bienveillance et de la simplicité.

Comme bonne petite bobo qui se respecte, je lis religieusement flow  et kaizen tous les deux mois, j’aime aller au yoga, je désencombre avec difficulté mais avec beaucoup de bonne volonté ma maison et je me dis tous les jours que malgré mes épisodes dépressifs passagers (légère obsession du contrôle, grande envie de perfection…), j’ai quand même vachement de chance et beaucoup de moments de bonheur.

Ce matin, en écoutant de la musique et en dansant dans le salon avec ma poupinette, je me suis dit qu’il manquait un pendant important à mon dernier article.

Eduquer à la paix, oui, et éduquer à la joie aussi !

  • écouter de la musique
  • danser
  • faire les foufous, se faire des guilis
  • chanter beaucoup, tout, n’importe quoi et n’importe comment
  • se dire des mots doux, des mots fous, des mots rigolos
  • jouer (aux petits bonhommes, aux jeux de société, de la musique…)
  • faire la fête et voir des amis
  • lire beaucoup de livres
  • se promener partout, en forêt, au musée, en ville, ailleurs
  • se faire plaisir, tous les jours
  • se faire des câlins
  • faire des grimaces
  • rire beaucoup, rire de tout
  • rêver
  • aimer à fond les ballons

Et rester persuadé que le bonheur n’a pas besoin de grand chose et qu’il se construit tout simplement.

Fitter Happier

Il y a des moments où dans ma tête passe en boucle Fitter Happier de Radiohead.

Adapté à ma petit tête de Maman, ça donne à peu près ça :

  • sourire
  • être bienveillant partout tout le temps
  • ne pas juger
  • trouver des copines mamans
  • avoir du temps et être cool pour les copines pas maman
  • garder son calme
  • faire du sport
  • garder la ligne
  • être belle et attirante
  • vérifier les produits utilisés dans les cosmétiques
  • se réaliser
  • réfléchir à sa carrière
  • cuisiner équilibré
  • manger bio
  • faire des goûter / du pain maison
  • être écolo
  • consommer mieux
  • désencombrer
  • organiser
  • ranger
  • nettoyer
  • faire des super activités avec ses enfants
  • être disponible pour eux
  • pas trop de télé
  • Montessori, Filliozat, Faber & Mazlish…
  • ne pas être parfaite
  • être soi-même
  • ne pas être fatiguée
  • ne pas faire de burn-out
  • ne pas faire de dépression

Mary Poppins in a cage on antibiotics.

C’est ridicule.

Et pourtant tout ça tourne parfois dans ma tête et je me couche avec la sensation de ne pas y arriver. Étonnant non ?

Qu’est-ce qui me pousse à me mettre la pression comme ça ?

En ce moment, je lis C’est pour ton bien d’Alice Miller.

Ce livre me bouscule, me dérange et me fascine. Je pense à moi, à mon enfance et à ma façon de gérer mes enfants…

Je serais presque tentée de prendre rendez-vous chez un psychologue, tiens…

Bon, mais parce qu’en vrai, c’est comme ça que ça se passe, et aussi parce que la liste des titres de bouquins inventés par l’inénarrable et magnifique Nathalie Jomard vaut vraiment le détour, un lien vraiment drôle, histoire de détendre l’atmosphère :

http://grumeautique.blogspot.fr/2010/11/mama-glamour.html

L’orage

Une semaine à 40° à longueur de journée en ville.

Une semaine où l’on peut à peine sortir.

Une semaine où personne n’est vraiment là pour parler ou prendre le relais.

Une semaine à trois coincés dans cette maison à peine plus fraîche que dehors.

Une semaine où toutes les nuits tu es inconsolable de 2h à 5h du matin.

Ce soir, comme le ciel, j’ai craqué.

La pluie a rafraîchit un peu l’atmosphère mais pas assez pour que tu puisses passer la nuit tranquillement comme tu sais si bien le faire.

Je t’ai rafraîchit, je t’ai câlinée, je t’ai offert de l’eau, je t’ai chanté des chansons, je t’ai gardée contre moi, je t’ai posée dans ton lit et j’ai gardé ma main contre ton ventre tout doucement pour que tu saches que je suis là, je t’ai parlé, je t’ai caressé le visage… rien ne t’a permis de te rendormir, alors, le ventre serré, je t’ai laissée pleurer toute seule dans ton lit.

J’ai craqué. Je t’ai posée dans ton lit et je t’ai dit que je n’en pouvais plus, que j’avais besoin de dormir et que là, non, tu ne pouvais plus compter sur moi. Je t’ai dit que j’avais confiance en toi, que tu savais t’endormir toute seule et que tu n’avais plus besoin de moi pour te rendormir.

Cette nuit, ma chérie, excuse-moi, mais je n’en peux plus. Cette nuit, ma chérie, comme le ciel, je craque.

Et je ne vais pas dormir, parce que tu pleures et tout se serre en moi alors je descends fumer, écrire, me faire une tisane.

Je pense à tous ces parents qui ont supporté ça bien plus longtemps que moi, à tous ces parents qui ne dorment pas.

Je ne suis vraiment pas fière de moi. Moi, avec mes couplets sur l’éducation bienveillante, sur le respect de l’enfant…

Tu ne pleures plus. Sûrement ton père est en train de câliner, peut-être tu t’es endormie toute seule comme tu sais si bien le faire…

Tu ne pleures plus, le ciel s’est calmé, je vais pouvoir dormir.

Crédit photo : Maxime GilbertEclairs sur Lyon

L’hyperparent

Alors que j’étais en train de sautiller de joie en découvrant le site Participassions et la possibilité d’avoir incessamment sous peu une plastifieuse pas chère, je m’imaginais déjà imprimer et plastifier tout un tas de matériel Montessori de langage pour mes bambins.

Or j’ai un gros dilemme.

Je vois Etheline Tennenbaum en train d’appeler le professeur d’italien et en train de gérer l’emploi du temps hyper chargé de ses trois enfants. Je vois ce que les américains appellent les mamans taxis qui conduisent leurs enfants de cours en activités sans les faire souffler. Je vois le papa des petites filles que je gardais étudiante, qui rentrait à plus de 19h tous les soirs et prenait quand même la peine le mardi de créer des exercices supplémentaires dans un cahier spécifique pour qu’elles fassent des devoirs en plus le mercredi…

De l’autre côté de l’atlantique, on appelle cela les hyperparents : des parents qui surinvestissent la vie de leurs enfants.

Je n’ai pas envie d’être ce parent-là. Je ne veux ni être celui qui farcit la tête de ses enfants dans l’angoisse de leur réussite sociale ni être celui qui multiplie les activités pour être sûre que jamais il ne s’ennuie.

Et je me demande si c’est bien mon rôle d’amener des outils pédagogiques dans la maison…

Parce que bon, la maison c’est fait pour faire plein d’autres trucs comme être ensemble, jouer, faire les fous, lire des histoires, faire des câlins, faire la cuisine, dormir, dessiner sans contraintes ni instructions, ne rien faire, s’ennuyer…

Et l’école, c’est bien à l’école, non ?

Oui mais, je suis angoissée d’une part (un peu, un peu), je suis accro à la méthode Montessori, je suis déprimée par l’école (classique (parce que nous n’avons pas les moyens pour une école Montessori dans la région)) de mon garçon et nous attendons un place à l’école du Chapoly.

Et puis, disons les choses clairement, ça m’éclate de créer des petites activités intelligentes et de les voir apprécier.

J’ai à la fois envie de créer du matériel pédagogique et à la fois envie de les laisser grandir tranquillement sans intervenir.

Peut-être la solution serait l’instruction en famille. J’y réfléchi, mais je ne suis pas tout à fait prête… Je pense quand même que l’école, c’est important : pour apprendre à vivre ensemble, pour se frotter à différentes façons de faire, ou apprendre les différences culturelles, pour rester le plus ouvert possible…

Bref, je suis un peu dans une impasse…

Pour aller plus loin :

Sur les hyperparents :

How to let go of hyperparenting and learn to relax with your kids – Zenhabits (en anglais)

a cure for hyperparenting – article de Pamela Druckerman (en anglais)

Sur l’instruction en famille :

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison  partie 1

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison partie 2

ief questionnements et réflexion – Eve Herrmann (Liv et Emy)

la fin d’une année un début prometteur – Eve Herrmann (Liv et Emy)

Crédit Photo : Family of Geniuses – Wes Anderson – The Royal Tennenbaums (que je vous invite à voir si ce n’est pas encore fait ;))

Être mère sans accoucher (un article où l’on parle aussi de dépression…)

Samuel est né par césarienne. Elle était programmée à l’avance. Il se présentait par le siège, j’ai eu la trouille.

Quand j’ai su que je n’allais pas accoucher, j’ai pleuré beaucoup. Je n’ai pas été suivie psychologiquement. Rien ne m’accompagnait pour faire le deuil de cet accouchement.

Certes, je ne perdais pas mon bébé, il était en bonne santé et je ne prenais aucun risque… Mais j’allais faire partie de ses femmes qui n’accouchent pas et qu’on n’accompagne pas, comme si avoir un enfant sans accoucher, c’était simple. Comme si pendant ces quelques mois, on n’avait pas fantasmé sur notre accouchement. Comme si rien n’allait nous manquer dans notre vie de mère…

Mais le pire, c’est que rien ne me préparait à la suite non plus.

Après l’avoir vu un quart de seconde au bloc, il est parti pendant deux heures en couveuse. Je suis partie pendant deux heures en salle de réveil. Pas de première tétée, pas de peau à peau, pas de contact, rien. Arrivée dans ma chambre, il y avait ce bébé, là, dans son petit lit et on me disait que c’était le mien.

J’ai mis trois jours avant de me dire que j’avais bien « accouché » et que ce bébé, là, c’était le mien. Pendant mon séjour à la maternité, je le gardais le plus possible contre moi, je l’allaitais (avec difficulté et biberons de complément, tout un combat…), mais je ne dormais la nuit que s’il était à la pouponnière.

La césarienne rend difficile le moindre mouvement, j’étais obligée d’appeler quelqu’un à chaque fois que je devais le sortir du berceau et je n’étais pas capable de faire la plupart des soins. C’est son père qui s’en occupait.

En rentrant à la maison, je ne me pensais pas capable de m’occuper de Samuel.  Le premier mois s’est à peu près bien passé, puis après, avec la fatigue, ce sentiment d’incapacité s’est renforcé. L’angoisse.

J’avais l’impression de le nourrir pendant des heures, ça me rendait dingue et je détestais ça, alors je chantais le plus possible, pour lui, pour moi. Tous les jours, je le mettais en écharpe de portage et j’allais marcher une heure ou deux, il dormait confortablement et je pouvais appeler ma petite sœur, ma grande sœur, mes copines, ma mère, ma belle-sœur et leur faire part de mes angoisses.

Quand il a eu trois mois, je l’ai complètement sevré. J’étais contente de ne plus l’allaiter, heureuse de retourner bosser, soulagée de le confier à une nounou. C’était une vraie bouffée d’oxygène. Tout s’est bien mieux passé ensuite. J’étais heureuse de le retrouver le soir, de le câliner, de passer du temps avec lui. Le lien était fait.

Jusqu’à la naissance d’Eulalie, je n’ai jamais évoqué la possibilité d’une dépression post-partum.

Maintenant je sais, et je dois gérer la culpabilité de ne pas avoir été capable d’offrir les mêmes trois premiers mois à mes deux enfants. Je dois accepter que chaque histoire avec chaque enfant est différente et que l’on donne le meilleur de soi-même. Ce qui m’aide le plus à avancer, c’est encore d’en parler.

Pour aller plus loin :

Association d’aide pour les femmes qui ont eu une césarienne

http://www.cesarine.org/

Pour la dépression post-partum, il existe de nombreux articles, mais ne pas hésiter à aller demander de l’aide en PMI.

Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/

Petit Papa-Noël, quand tu resteras au ciel…

Tout le monde en parle, c’est vrai, mais c’est d’actualité.

Que faire du Père-Noël ?

Personnellement, je n’ai jamais apprécié le personnage. Il fait assez peur. Et pour avoir visité le village du Père-Noël à Rovaniemi en Finlande, j’ai été très déçue de constater qu’il vendait des cadeaux mais n’en donnait pas…

J’avais quand même un petit doute quant à la magie : comment insuffler de la magie dans le monde de mes enfants sans ce type d’histoire ?

Mais est-ce que je veux leur mentir ? Et quand ils découvriront la vérité ?

J’ai décidé de ne pas mentir. Il n’y a pas de Père-Noël chez nous, je n’en parle pas sauf quand Samuel me pose des questions. Il commence juste à en avoir …

(c’est rigolo, il l’appelle le Permis Noël)

J’ai décidé d’expliquer que le Père-Noël était un personnage fictif que l’on trouve dans les histoires et que Noël, c’était surtout un moment de partage et de joie.

Pas de photo contrainte et forcée, pas d’obligation de s’asseoir sur les genoux d’un vieux monsieur que l’on ne connaît pas, pas de chantage aux cadeaux…

Et la magie ?

La magie, c’est la fête ! Ce sont les bougies que l’on allume, le calendrier de l’avent (de Bougribouillons ^^) que l’on remplit ou que l’on ouvre, l’attente de voir toute la famille, la maison que l’on décore petit à petit, les gâteaux que l’on fait, les histoires que l’on lit, la fête des lumières, les spectacles de Noël…

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Je ne résiste pas à l’envie de conseiller un petit livre de Noël que nous adorons Samuel et moi : Le Noël de Balthazar de Marie-Hélène Place, Caroline Fontaine-Riquier et Emma Kelly. C’est une histoire magnifique sur la générosité, les illustrations sont très belles, c’est simple, efficace et magique.

Pour aller plus loin :

http://www.alternative-montessori.com/perenoelmontessori/

Ensemble naturellement : sois sage sinon le Père-Noël ne passera pas !

Des lectures pour nos petits bouts :

http://lesvendredisintellos.com/2014/12/07/histoires-et-chansons-de-noel-sans-jesus-ni-pere-noel/

http://www.alternative-montessori.com/livre-noel-autrement/

Crédit photo : Rovaniemi, Santa & Me – Taken by Marta during the weirdest trip ever: Tampere – North Cape – Stockholm – Helsinki.

Maman Ours

En ce moment, je suis de mauvais poil. Je ne dors pas assez, il commence à faire moche, la nuit arrive trop vite et on ne peut plus aller au parc… Je ressemble un peu à un ours. Quand j’ai faim ou quand j’ai sommeil, il ne faut pas me chercher. En hiver, j’ai besoin d’hiberner.

Du coup, je crie très facilement, beaucoup trop en fait, bien trop pour le bien de toute la famille. En plus, ça ne me fait même pas du bien.

Et plus je crie, plus c’est le grand n’importe quoi, Samuel devient un petit cogneur puissance 10 et Eulalie commence à mordre, du coup je crie encore et le cercle vicieux est en place.

La maison est sans dessus-dessous, bref, c’est le drame.

Quand Samuel hier m’a dit : « Maman, tu peux arrêter de nous gronder, maintenant ? », je me suis dit qu’il était grand temps de faire quelque chose.

Il faut que je tente la communication non violente, pour l’instant, je ne connais que « utiliser le je » et j’essaie.

Et puis, m’épargner autant que je le peux sans nounou, sans grand-parents à côté et avec leur papa au travail.

Je me recentre, c’est moi d’abord. Si j’ai besoin de sortir, nous sortons, si j’ai besoin d’un peu de calme, je me mets dans le canapé avec un livre pendant qu’ils jouent dans le salon (généralement, Samuel me parle, mais il arrive de plus en plus à jouer seul), si j’ai besoin de beaucoup de calme, je n’hésite plus à mettre un dessin animé (le souci du dessin animé, c’est que je récupère un petit garçon hyper excité après, du coup, je l’utilise vraiment en cas d’extrême urgence).

Quand je vais un peu mieux, je passe du temps assise par terre pour distribuer des câlins. Nous rechargeons notre réservoir affectif, nous nous donnons du positif, pour aller de l’avant.

Enfin, je les couche une demi-heure avant l’heure habituelle – c’est magique. Ils s’endorment plus facilement et je passe une vraie bonne soirée à aller me coucher à 22h maxi.

Me chouchouter et prendre l’air, c’est encore la meilleure solution que j’ai trouvée. Apaisée, je crie encore un peu, mais beaucoup moins… et je me concentre mieux pour essayer de trouver des solutions de dialogue.

Pour aller plus loin :

Sur la communication non-violente

C’est quoi la communication non violente ?

6 choses à savoir sur la communication non violente

Ressources : La communication non violente – Alternative Montessori

Accompagnement dans la communication non violente

Prendre soin de soi :

http://familleharmonie.com/2014/05/18/prendre-soin-de-soi/

Crédit illustration – Lithographie de Patrick Loste pour Pousse-Cailloux

Mon smartphone, mes enfants et moi – histoire d’une désintoxication

Mon smartphone, c’est mon doudou. Je l’emmène partout ; quand je le perds ou quand il est en panne, c’est la panique. Je dors avec, je ne rate pas une notification. J’ai comme un problème d’addiction.

Tout cela ne serait pas bien grave si je n’avais pas l’impression qu’il interfère constamment dans mes relations avec mes enfants. Au point où Samuel me l’apporte quand je quitte une pièce sans lui, et Eulalie lui fait des sourire, comme si c’était une partie de sa maman.

Ok, maintenant stop.

C’est vrai qu’il est pratique, que ma vie est enregistrée dessus, que j’ai un appareil photo à portée de main et que je peux voir ce que racontent mes copines et combien vous êtes à me lire.

Mais je me rends compte que, quand je l’ai près de moi, je le regarde constamment. Fréquemment quand Samuel ou Eulalie me sollicitent, je leur réponds : « Attends, je regarde un petit truc sur mon téléphone ». Ce téléphone prend beaucoup de place.

Je lui ai organisé un petit coin dans la maison où je peux le poser, pour ne plus l’avoir constamment dans la poche. Cela me permet de ne plus le regarder toutes les demi-heures. J’essaie de canaliser un peu cette addiction et ce n’est pas aussi évident que je le pensais.

Pour ne pas être tentée, j’ai désactivé toutes les notifications.

J’ai aussi remis une pile dans ma montre. Cela m’évite de regarder mon téléphone pour avoir l’heure.

J’espère aussi gagner un peu de temps en me détachant de ce petit parasite.

Maintenant, voilà, sans culpabilité, comme on mange un carré de chocolat, je me garderai des petits moments choisis et réservés rien que pour lui.

Pour aller plus loin :

En anglais :

http://respectfulparent.com/connection-and-disconnection-parenting-smartphones/