Mon bébé minimaliste

D’accord, c’est le troisième, on n’a besoin de rien ! Mais en fait, même pour le premier, on n’a pas besoin de grand chose. Je me souviens encore du temps que j’ai passé pour tout collecter avant la naissance de Samuel : la super méga poussette, le cuit-vapeur spécial bébé…

J’ai décidé cette fois de faire une liste de ce qui m’a vraiment servi :

Couchage :

1 – un matelas par terre puis un petit lit : j’avais testé pour Eulalie le couchage par terre comme le préconise Maria Montessori. Au début, c’était top, ça me permettait de me coucher avec elle pour l’allaiter (on n’est pas trop cododo, cela nous inquiète un peu…). Puis je me suis rendue compte qu’à partir du moment où elle savait se retourner, je la retrouvais par terre. Alors on a remis le lit, elle dormait bien mieux, comme si elle était un peu contenue et protégée. Mais bon, d’un enfant à l’autre, les besoins ne sont pas les mêmes…

photo : montessorimoms.wordpress.com

2 – 2 gigoteuses d’hiver et 2 gigoteuses d’été

Pas de veilleuse, pas de mobile et pas de jouets dans la chambre. C’est le lieu pour dormir.

Toilette et change :

3 – une baignoire type « Tummy Tub »: top, pas cher, agréable pour bébé et pour maman.

4 – le change : une serviette (sur le lit ou sur les genoux). Pour la sortie du bain, je m’installe par terre avec une serviette sur les genoux et hop bébé dans la serviette, stabilisé sur mes jambes tendues.

5 – Les produits pour bébé : pour les fesses : du liniment oléo-calcaire, pour la toilette : une savonnette au lait d’ânesse bio, et de l’huile végétale bio (type huile de noyaux d’abricot) si vraiment la peau est sèche ou si on veut masser son bébé. Et c’est tout.

Pas de table à langer ? J’en ai une, je l’ai utilisée, mais franchement, mon lit est suffisant. Pour la posture par terre, j’utilise celle des femmes indiennes que l’on voit dans le livre de massage Shantala de Frédérick Leboyer (photo). Quand bébé grandit, il est content de pouvoir se mettre debout ou bouger beaucoup, être à terre ou sur un lit réduit les risques de chute…

Pour les vêtements, j’ai tellement récupéré de vêtements de ma famille et de mes copines que je n’ai acheté que quelques pièces par plaisir. Là, je crois que je vais coudre !

Pour continuer dans le Zéro Déchet : j’ai investi dans des couches lavables pour Samuel, je ne les ai pas utilisées pour Eulalie, mais je pense les réutiliser pour bébé n°3 et faire de la couture pour avoir des couches de toute petite taille pour les premiers mois. C’est mieux pour être sûr que rien de chimique ne touche les fesses du petits, pour la masse de déchets que l’on produit et pour le porte-monnaie, mais c’est loin d’être facile à gérer, c’est plutôt une plaie en terme d’organisation… Mais ce n’est pas essentiel. Quelqu’un a testé l’hygiène naturelle infantile ?

Repas :

6 – des biberons en verre (2 grands et 2 petits)

7 – une chaise évolutive type Stokke

Pour la vaisselle, on utilise notre vaisselle : au début pour les verres, j’ai utilisé nos verres à shooter (qui ne servaient pas de toute façon…), puis de petits verres de 12 cl et des assiettes à soupe. C’est (encore) Maria Montessori qui parle de l’importance d’utiliser de la vaisselle qui casse avec des petits. J’ai pratiqué la Diversification Menée par l’Enfant pour Eulalie et je compte bien le refaire avec bébé n°3. Mais si le besoin se fait sentir de faire une purée, hop, un petit coup de mixer ou de presse-purée et c’est fait !

Promenade :

8 – une écharpe de portage : le bonheur et la révélation, si cela vous inquiète, prenez un cours avant… Je l’utilise depuis la naissance de Samuel et j’ai très très peu utilisé la poussette…

9 – un très bon siège auto (en naissance – 18kg)

Loisirs à la maison :

10 – Une belle peau de mouton pour installer bébé par terre

11 – un portique pour pouvoir installer des mobiles et des jeux en hauteur (balle et grelot suspendus pour pouvoir taper avec les pieds ou accrocher les mains et secouer)

12 – des petits jeux en bois ou en tissus à manipuler, des objets de tous les jours qui peuvent se manipuler et se mettre dans la bouche, des livres.

Photo : thefreechild.blogspot.fr

Et voilà. Exit la liste de naissance à n’en plus finir !

Pour aller plus loin :

Couchage :

Adapter l’environnement de son enfant #1

Toilette et change :

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2016/02/16/bebes-cinq-astuces-pour-se-passer-des-produits-a-risque/

http://www.mamayaya.org/hygiene-infantile-naturelle/

Repas :

https://bougribouillons.fr/dme-diversification-menee-par-lenfant/

https://bebemangeseul.com/

Promenade :

https://lalouverie.wordpress.com/2014/10/06/porter-en-toute-securite/

Loisirs à la maison :

La motricité libre

Open-ended toys – les jeux “ouverts”

Laisse-moi découvrir tout seul !

Souvent, j’ai envie de poser Eulalie en haut du toboggan et de voir son sourire en descendant.

Mais j’attends.

J’attends qu’elle sache grimper d’elle-même sur l’échelle et qu’elle puisse appréhender tranquillement la hauteur avant de se lancer.

Et c’est long, souvent frustrant, de ne pas pouvoir lui procurer rapidement le plaisir de glisser sur un toboggan.

J’ai décidé de suivre les conseils RIE et de laisser l’enfant découvrir par lui-même sans que ce soit imposé.

Quand mon envie est trop forte, je pense toujours à ces petits qui sont mis trop tôt sur un manège et qui pleurent pendant tout le tour alors que les parents sont déçus et frustrés de ne pas leur avoir procuré le plaisir qu’ils pensaient leur offrir. Cela me permet d’être plus patiente.

Il y a quelques jours, Eulalie a grimpé sa première échelle de toboggan (toute seule mais j’étais derrière elle pour m’assurer qu’elle ne tombe pas), je l’ai aidé à se placer tout en haut et la voilà partie à glisser sur le toboggan. Le plaisir de la découverte et la fierté d’y avoir été toute seule, le bonheur d’avoir pu prendre son temps, d’être sûre de ne pas avoir peur valaient mille fois mes petits moments de frustration au parc.

Elle y est retourné sans arrêt jusqu’à ce qu’on s’en aille, avec le même plaisir, perfectionnant au passage sa technique pour grimper à l’échelle et pour se placer tout en haut du toboggan.

Au parc, c’est devenu une habitude (pour moi, pas pour son papa), de ne pas intervenir si elle n’est pas en danger et de la laisser libre de grimper, courir, bouger et de ne pas la pousser à faire des choses qu’elle ne maîtrise pas. Je ne la pose pas sur la balançoire, ni sur le petit jeu qui bascule, je ne la pose pas sur le toboggan et je la laisse petit à petit appréhender les jeux. Cela nous va bien.

A la maison, c’est un peu plus dur, parce qu’elle suit sont frère et, comme son frère, elle veut faire des dessins et utiliser des feutres… Les découvertes sont moins évidentes, mais je ne l’aide pas quand elle joue et j’essaie de l’aider le moins possible quand elle dessine ou quand elle colle des gommettes (elle se débrouille très bien, en fait).

Je me rends compte que l’aider le moins possible lui donne confiance en elle et lui permet d’être plus habile.

Bien évidemment, je ne la laisse jamais dans la difficulté. Quand elle est coincée, je viens l’aider !

Une matinée à regarder des bébés

J’ai la chance, deux fois par mois, de pouvoir passer la matinée à ne rien faire d’autre que regarder des bébés.

Le mien bien sûr, principalement, et ceux des autres parents qui sont là.

Nous ne les regardons pas pour faire des comparaisons, ça n’a aucun intérêt et nous ne venons pas pour ça.

Nous regardons leur façon d’entrer en relation, nous regardons ce qui les intéresse, nous regardons ce qu’ils ont envie d’explorer.

Pendant une heure et demi, nous restons assis sur des coussins et nous ne faisons rien d’autre que les regarder. Parfois, nous parlons un peu, mais très peu.

Les bébés, eux, explorent. Ils ont entre 10 et 20 mois et ils utilisent tout l’espace.

La salle est grande, les objets mis à leur disposition sont simples : balles, bols, brosses, paniers, petites poupées, bouteilles à ouvrir, bouteilles avec des graines, cuillères, petites voitures, anneaux en bois, anneaux tressés, chiffons… et depuis lundi, une petite estrade avec une marche et une pente.

Cette semaine, Eulalie a fait un câlin à toutes les mamans présentes, puis elle a grimpé l’estrade et elle s’est laissée glisser le long de la pente plusieurs fois, elle a attrapé le doudou d’une petite fille et elle l’a rendu, elle a donné des balles, elle a secoué les bouteilles avec des graines…

Au-delà du jeu des enfants, quel est l’intérêt pour les parents de se retrouver assis dans une grande salle à ne rien faire d’autre que regarder son enfant ?

Tout d’abord, c’est beau : voir son enfant créer des liens, parfois progresser, grimper, jouer, tout à coup faire un nouveau mouvement, apprendre tout seul, découvrir…

Ensuite, je prends rarement le temps de me poser plus de 5 minutes chez moi pour regarder mes enfants. J’ai toujours un petit quelque chose à faire. J’essaie pourtant, mais c’est assez difficile.

Enfin, ce moment me donne l’impression de mieux la connaître, de mieux voir ses capacités et d’être plus à l’aise avec elle à la maison.

Pendant cet atelier, rien ne porte au jugement, tout est intéressant dans leurs mouvements et la liberté qu’on y trouve est véritablement apaisante.

Photo :  à la fin de l’Atelier Pikler – la cause des parents – Lyon

http://www.lacausedesparents.org/methode-pikler/

http://www.pikler.fr/index.php

Observer son enfant

La motricité libre

J’ai découvert la motricité libre après les débuts de la marche pour Samuel mais avant la naissance d’Eulalie. C’est pourtant tellement simple, pourquoi ne pas y avoir pensé avant ?

C’est le visionnage du DVD d’Albert Coeman un bébé comment ça marche qui m’a vraiment marquée.

De fil en aiguille, je me suis intéressée au travail d’Emmi Pikler. Je ferai un article plus précis à son sujet plus tard.

Puis, avant de faire cet article, j’ai participé aux ateliers motricité libre de la Cause des Parents et à la conférence qu’il y a eu sur le sujet.

Pour bien vous expliquer le concept, je partage les belles illustrations de Bougribouillons et je vous résume un peu la conférence que j’ai suivi.

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Dans un environnement préparé pour le laisser explorer, l’enfant se redresse lui-même, à son rythme et passe de la position sur le dos, au ventre, puis assis et debout et enfin à la marche (en passant par plein de positions intermédiaires…). Ses acquis sont bien solides, il connaît bien son corps.

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C’est parce qu’il y a des objets intéressants que l’enfant a envie de bouger. Il a besoin de découvrir et de manipuler des objets. L’enfant n’a pas besoin d’être stimulé par l’adulte ni que celui-ci lui apprenne à jouer, c’est son environnement qui doit lui proposer des petits défis à sa portée, et c’est en observant son enfant que l’on connaît les défis qui sont à sa portée. Ce qui a été facile à mettre en place :

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– pas de transat, mais un tapis – laisser Eulalie sur le dos

– pas de matériel de puériculture inutile (transat, coussin ou fauteuil pour forcer la position assise, youpala (hyper dangereux) et trucs pour forcer la position debout…)

– laisser Eulalie se déplacer comme elle l’entend

– la laisser grimper les escaliers en restant derrière elle pour s’assurer qu’elle ne tombe pas

– faire évoluer avec elle son environnement.

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Ce qui est difficile :

– Ne pas aider Eulalie (sauf si elle est vraiment en difficulté)

– Ne pas intervenir (sauf si elle est en danger, bien évidemment)

– Ne pas la mettre assise, ne pas la mettre en haut du toboggan, ne pas être pressés, en somme.

– Et surtout, ne pas faire pour elle (ni pour Samuel, d’ailleurs)

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Mille mercis à Bougribouillons pour les belles illustrations et pour le lien vers la vidéo :

 

Observer son enfant

Observer son enfant est l’une des toutes premières étapes à réaliser quand on veut vivre la pédagogie Montessori à la maison (ou le libre mouvement chez Pikler (et le RIE qui en découle) mais on y reviendra plus tard).

Cela peut paraître un peu ennuyeux au départ mais c’est un excellent moyen pour comprendre l’évolution de son enfant et pour l’aider à faire tout seul. Petit à petit, on prend l’habitude et une foule de détails vous saute aux yeux.

Ce n’est pas si évident que ça. Cela demande de simplement se poser dans la même pièce que son enfant sans intervenir dans ce qu’il fait (sauf, bien évidemment, s’il se blesse).

Il faut aussi prendre suffisamment de recul pour être le plus objectif possible envers son enfant sans tenter d’analyser ses comportements.

Cela demande aussi de prendre le temps de ne faire que ça.

Observer son enfant, pourquoi ?

Observer son enfant pour mieux le comprendre.

Cela nous permet de découvrir quels sont leurs centres d’intérêt et leurs préférences. Est-ce qu’ils aiment mettre les mains dans la pâte à gâteau ou est-ce qu’ils ne supportent pas avoir les mains sales ? Qu’est-ce qui les bloque ? Quel jouet ou matériel utilisent-ils ? Qu’est-ce que l’on peut enlever pour faire une rotation de jouets ?

Observer son enfant pour mieux adapter son environnement

Eulalie avait 3-4 mois, elle découvrait ses mains. Je n’avais pas fait attention pour Samuel au moment où l’enfant commence à se servir de ses mains. Elle essayait d’attraper des choses et touchait ses doigts. Je n’avais qu’une envie, lui mettre dans les mains cet objet :

(interlocking discs – Nienhuis Montessori *)

Observer son enfant pour l’aider à faire seul

Samuel mettait très bien ses chaussures tout seul, puis, son pied a grandi, j’ai acheté une autre paire de chaussure et Samuel ne voulait plus mettre ses chaussures. Le problème était la languette de la chaussure qui se glissait sous le pied quand il l’enfilait. Il n’arrivait pas à verbaliser le problème, il finissait par s’énerver et jeter ses chaussures. Je lui ai expliqué comment tirer la languette pour enfiler la chaussure. Cela permet de comprendre les difficultés et d’ajuster l’aide à fournir aux enfants sans faire à sa place.

Quand et comment observer son enfant

J’observe régulièrement Eulalie pendant ses jeux, surtout quand Samuel n’est pas là. Je regarde ses mouvements, ce sur quoi elle travaille, ce qui l’intéresse, ce qui la bloque pour avancer. Je n’interviens jamais dans les jeux d’Eulalie sauf quand elle est en difficulté, cela nous permet d’être relativement indépendante l’une de l’autre. Nous sommes toujours dans la même pièce mais chacune de nous s’occupe de notre côté. Pour Samuel, c’est un peu plus difficile, quand nous sommes dans la même pièce, il nous sollicite beaucoup. Le meilleur moyen de l’observer est encore le parc ou la ludothèque. La ludothèque est en train de devenir un de mes endroits préférés. Il joue avec ses amis mais cela me permet aussi d’observer sa façon de gérer les relations sociales.

Je prends parfois mon petit carnet mais je ne prends pas systématiquement des notes sur le coup, souvent, je note deux trois choses après coup, si possible.

Je commence un atelier d’observation Pikler en novembre à la Cause des Parents, je vous en dirai plus sur le sujet quand je l’aurai commencé.

* On trouve des disques liés bien moins chers chez Nature et Découverte, par contre, niveau finition, faut pas faire la fine bouche (peinture moche, colle qui dégouline…)

Quelques articles sur le sujet (je n’en ai pas trouvé en français, mais si vous en avez quelques uns sous la main, je les veux bien pour mettre les liens ici) :

En anglais

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-one.html

http://www.howwemontessori.com/how-we-montessori/2013/05/observation-part-two.html

http://thefullmontessori.wordpress.com/2013/08/08/stop-doing-montessori-start-living-montessori/