Mon bébé minimaliste

D’accord, c’est le troisième, on n’a besoin de rien ! Mais en fait, même pour le premier, on n’a pas besoin de grand chose. Je me souviens encore du temps que j’ai passé pour tout collecter avant la naissance de Samuel : la super méga poussette, le cuit-vapeur spécial bébé…

J’ai décidé cette fois de faire une liste de ce qui m’a vraiment servi :

Couchage :

1 – un matelas par terre puis un petit lit : j’avais testé pour Eulalie le couchage par terre comme le préconise Maria Montessori. Au début, c’était top, ça me permettait de me coucher avec elle pour l’allaiter (on n’est pas trop cododo, cela nous inquiète un peu…). Puis je me suis rendue compte qu’à partir du moment où elle savait se retourner, je la retrouvais par terre. Alors on a remis le lit, elle dormait bien mieux, comme si elle était un peu contenue et protégée. Mais bon, d’un enfant à l’autre, les besoins ne sont pas les mêmes…

photo : montessorimoms.wordpress.com

2 – 2 gigoteuses d’hiver et 2 gigoteuses d’été

Pas de veilleuse, pas de mobile et pas de jouets dans la chambre. C’est le lieu pour dormir.

Toilette et change :

3 – une baignoire type « Tummy Tub »: top, pas cher, agréable pour bébé et pour maman.

4 – le change : une serviette (sur le lit ou sur les genoux). Pour la sortie du bain, je m’installe par terre avec une serviette sur les genoux et hop bébé dans la serviette, stabilisé sur mes jambes tendues.

5 – Les produits pour bébé : pour les fesses : du liniment oléo-calcaire, pour la toilette : une savonnette au lait d’ânesse bio, et de l’huile végétale bio (type huile de noyaux d’abricot) si vraiment la peau est sèche ou si on veut masser son bébé. Et c’est tout.

Pas de table à langer ? J’en ai une, je l’ai utilisée, mais franchement, mon lit est suffisant. Pour la posture par terre, j’utilise celle des femmes indiennes que l’on voit dans le livre de massage Shantala de Frédérick Leboyer (photo). Quand bébé grandit, il est content de pouvoir se mettre debout ou bouger beaucoup, être à terre ou sur un lit réduit les risques de chute…

Pour les vêtements, j’ai tellement récupéré de vêtements de ma famille et de mes copines que je n’ai acheté que quelques pièces par plaisir. Là, je crois que je vais coudre !

Pour continuer dans le Zéro Déchet : j’ai investi dans des couches lavables pour Samuel, je ne les ai pas utilisées pour Eulalie, mais je pense les réutiliser pour bébé n°3 et faire de la couture pour avoir des couches de toute petite taille pour les premiers mois. C’est mieux pour être sûr que rien de chimique ne touche les fesses du petits, pour la masse de déchets que l’on produit et pour le porte-monnaie, mais c’est loin d’être facile à gérer, c’est plutôt une plaie en terme d’organisation… Mais ce n’est pas essentiel. Quelqu’un a testé l’hygiène naturelle infantile ?

Repas :

6 – des biberons en verre (2 grands et 2 petits)

7 – une chaise évolutive type Stokke

Pour la vaisselle, on utilise notre vaisselle : au début pour les verres, j’ai utilisé nos verres à shooter (qui ne servaient pas de toute façon…), puis de petits verres de 12 cl et des assiettes à soupe. C’est (encore) Maria Montessori qui parle de l’importance d’utiliser de la vaisselle qui casse avec des petits. J’ai pratiqué la Diversification Menée par l’Enfant pour Eulalie et je compte bien le refaire avec bébé n°3. Mais si le besoin se fait sentir de faire une purée, hop, un petit coup de mixer ou de presse-purée et c’est fait !

Promenade :

8 – une écharpe de portage : le bonheur et la révélation, si cela vous inquiète, prenez un cours avant… Je l’utilise depuis la naissance de Samuel et j’ai très très peu utilisé la poussette…

9 – un très bon siège auto (en naissance – 18kg)

Loisirs à la maison :

10 – Une belle peau de mouton pour installer bébé par terre

11 – un portique pour pouvoir installer des mobiles et des jeux en hauteur (balle et grelot suspendus pour pouvoir taper avec les pieds ou accrocher les mains et secouer)

12 – des petits jeux en bois ou en tissus à manipuler, des objets de tous les jours qui peuvent se manipuler et se mettre dans la bouche, des livres.

Photo : thefreechild.blogspot.fr

Et voilà. Exit la liste de naissance à n’en plus finir !

Pour aller plus loin :

Couchage :

Adapter l’environnement de son enfant #1

Toilette et change :

http://alternatives.blog.lemonde.fr/2016/02/16/bebes-cinq-astuces-pour-se-passer-des-produits-a-risque/

http://www.mamayaya.org/hygiene-infantile-naturelle/

Repas :

https://bougribouillons.fr/dme-diversification-menee-par-lenfant/

https://bebemangeseul.com/

Promenade :

https://lalouverie.wordpress.com/2014/10/06/porter-en-toute-securite/

Loisirs à la maison :

La motricité libre

Open-ended toys – les jeux “ouverts”

La motivation

Alors que je traversais la ville pour aller tester l’épicerie en vrac qui vient d’ouvrir, je me demandais ce qui me poussait à faire tant d’effort pour acheter des trucs sans emballage ? Une prise de conscience écolo intense ? le fait d’avoir le temps de le faire ? oui mais pas seulement… C’est surtout la lecture d’un livre (une famille (presque) zéro déchets)…

Pourquoi ?

  • C’était fun et bien présenté
  • Présenté comme ça, ça ne semblait pas compliqué
  • C’était incroyablement positif (et pas moralisateur)

Je vous parle de ça parce qu’à la rentrée, ma copine Caro m’a parlé d’un texte collé dans le cahier de sa fille qui est rentrée en CE1. Cela s’appelle les portes de la réussite.

ça se présente comme ça :

Donc, trois clés : la clé du travail, la clé du comportement en classe, la clé du comportement en dehors de la classe. Le lundi, chaque élève a ses trois clés, et s’il a cinq remarques dans un domaine, il perd une clé, et s’il perd une clé, il perd des droits et des responsabilités dans la classe…

Bon, déjà, niveau présentation, on fait plus fun…

Dire que ma copine Caro et moi étions peu enthousiastes face à la méthode est un euphémisme, on trouvait ça dur envers les enfants (on ne peut que perdre et jamais gagner) et peu responsabilisant…

A côté de ça, la méthode de l’école de la fille de ma copine Laila semblait déjà un tout petit peu mieux (à mon goût) : un code couleur, tous les enfants ont un carré bleu, les carrés vont du rouge au noir, le bleu est au milieu, et selon le comportement, les enfants peuvent monter ou descendre sur l’échelle des carrés de couleur, ils ont plus de responsabilités s’ils montent dans l’échelle (comme aller aux toilettes tout seuls, oui oui, un truc de dingue) mais ils sont punis si leur niveau baisse sur l’échelle (ils copient des lignes)…

C’est un petit peu plus fun, c’est compliqué et il y a la menace de la sanction stupide, mais il y a aussi la possibilité de gagner et de s’améliorer.

Dans l’école de mes enfants, comme dans l’école (publique) des enfants de ma copine Mathilde, l’approche n’est que positive. Ils ont une base de départ qui leur ouvre certains droits (un trèfle à trois feuilles dans l’école de mes enfants, une couleur dans l’école des enfants de Mathilde) et mieux ils connaissent les règles et ils les appliquent, plus ils ont de droits et de responsabilités.

Dans la classe de Samuel, il y a trois trèfles. Sur le premier, l’adulte seul décide des déplacements de l’enfant et l’enfant doit travailler les compétences du trèfle à 4 feuilles.

Les compétences du trèfles à quatre feuilles sont les suivantes :

Je sais, je fais : chercher de l’aide, écouter les adultes, connaître les lieux et les adultes de l’école, faire attention à moi, respecter les règles de déplacements, frapper au portes et les fermer et dire bonjour.

Une fois les compétences acquises, l’enfant peut demander en assemblée s’il peut avoir le trèfle à quatre feuilles, les autres enfants donnent leur avis et les adultes décident.

Avec le trèfle à quatre feuilles, l’enfant peut se déplacer seul dans l’école lorsque l’adulte est d’accord et être sans adultes dans un lieu avec des trèfles à 5 feuilles.

Les objectifs des trois méthodes sont les mêmes : connaître les règles et les respecter pour avoir plus de responsabilités.

Pour moi, la méthode des portes de la réussite me semblait tellement moins valorisante et motivante que la méthode des trèfles… et pourtant, un parent d’élève de l’école de mes enfants m’expliquait que la méthode des trèfles ne fonctionnait pas du tout avec son garçon et que pour lui, le plus simple était de lui donner d’emblée des responsabilités et de les lui retirer s’il ne respectait pas le contrat, de plus, le jugement des autres enfants était très difficile à vivre…

Vous en pensez quoi, vous ?

Crédit photo : Flickr Creative Commons Public Record Office VictoriaRural training school – Classroom during education week, 1950s (cut)

Au travail !

Allez hop, ne pensez pas que vous allez manger gratos ! Pendant que le grand nettoie, la petite cuisine !

Il paraît que faire participer les petits aux tâches de la maison leur permet de développer des capacités motrices (regardez ces toutes petites mains qui écossent les fèves), de développer leur autonomie, le travail en équipe (il faut nous voir à la chaîne en train d’équeuter les épinards, je nettoie, Samuel équeute, Eulalie déchire et goûte les feuilles) et de renforcer leur confiance en eux. Et puis, entre nous, ça permet de passer un moment ensemble tout en les occupant et en bossant, bon plan !

Chez moi, de manière régulière : Samuel (4 ans) met la table et met son linge dans le panier à linge sale.

Pour le reste, ils participent s’ils ont envie. Eulalie m’a déjà aidée à vider le lave-vaisselle, Samuel aime laver les vitres et les carreaux et il adore balayer et laver par terre.

Deux problèmes peuvent se poser : 1 – Cela demande du temps : pour les accompagner, les briefer… (temps que l’on avait prévu pour faire du ménage…) 2 – bien évidemment, ce n’est pas nickel.

Quand Samuel lave le sol, on fait chacun son tour. Il balaie en premier (je fais un carré de scotch au sol pour qu’il puisse savoir où rassembler les miettes), puis je balaie. Il ramasse les miettes et je ramasse les miettes. Il passe la serpillère, puis c’est mon tour… C’est pas top de repasser derrière, mais bon, l’objectif final, quand même, c’est que ce soit fait…

Je pars du principe que tant que ça les éclate, autant en profiter !

L’activité préférée du moment : détapisser – 30 minutes de tranquillité et d’efficacité un samedi matin…

Faire la vaisselle : pas de problème…

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ô Joie !

Bonne année 2016 ! Je vous souhaite une année pleine de joie, de bienveillance et de beaux projets.

J’aime la nouvelle année. En fait, j’aime chaque début de période. Tous les trois mois environ, je prends de bonnes résolutions, souvent avec l’arrivée de la nouvelle saison. Je ne les tiens pas toutes, mais parfois, je constate avec bonheur que j’ai réussi à changer une de mes habitudes pour du mieux. J’aime l’idée de me dire que je suis perfectible et que à chaque moment, un petit effort peu me permettre d’approcher un peu plus de mes envies d’être du moment. Je ne suis pas en quête d’un idéal à proprement parler mais je me vois plutôt comme un être en constante évolution.

Cette année j’avais envie de partager avec vous les efforts que j’ai envie de faire, le petites habitudes que j’ai envie de prendre en tant que parent.

  • Arrêter de leur parler à la troisième personne – ça m’agace moi-même dès que je le fais : « Maman va retirer le manteau d’Eulalie. » « Samuel va aller mettre son pyjama… » – ce sont des personnes, pas des poupées.
  • Arrêter de parler d’eux avec quelqu’un comme s’ils n’étaient pas là alors qu’ils sont présents : « je trouve que Samuel a fait des supers dessins aujourd’hui.. ». Je vois bien que ça gêne Samuel.
  • Arrêter de me plaindre de leur comportement. Ça n’avance à rien et ce n’est agréable pour personne.
  • Leur donner plus de possibilité de faire des choses eux-même (laisser ma fille prendre son temps pour descendre les escaliers…).
  • Être un peu plus disponible pour jouer avec eux.
  • Continuer les efforts pour enlever toute forme de violence éducative ordinaire (chez nous, il y a encore des cris parfois, et encore pas mal de menace (descend tout de suite ou je me fâche…)) et trouver d’autres solutions qui fonctionnent.

Merci d’être là et de me lire toujours plus nombreux.

Ces petites stats que je regardais avec tristesse et trouille il y a quelques semaines encore me remplissent de joie maintenant. Ce n’est pas que vous êtes beaucoup plus nombreux (un petit peu plus, mais pas tant que ça), c’est qu’à force de me plaindre, j’ai petit à petit, grâce à mon entourage, compris que ce n’était pas franchement important et que, quand même, vous étiez là, à me lire, présents régulièrement, muets la plupart du temps, mais bien présents. Merci encore !

Crédit Photo : Happy New Year !Dressy Doll

Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

Ah, les vacances !

J’aime les vacances scolaires. C’est un moment que l’on prend pour nous, pour ne rien faire, pour bousculer les habitudes et pour se faire plaisir.

On se lève tard, on regarde la télé tous ensemble, on voit les copains, on sort faire des jeux et au bout de quelques jours, toutes les petites routines d’organisation bien mises en place ont complètement disparu, c’est le bazar dans toute la maison et on vit dans un capharnaüm géant.

C’est génial.

Et crevant.

C’est aussi le moment où j’ai le plus de doute quant à ce que je fais avec mes enfants. Tout se bouscule.

Pourquoi crient-ils autant ? Est-ce qu’ils sont fatigués ? y a-t-il trop d’activités ? pas assez ?

Ils sont contents de passer du temps ensemble et ils se disputent…

Qu’est-ce que j’ai raté ? Mais pourquoi est-ce si difficile ? ça y est là, je suis fatiguée !

Pourquoi ne veut-elle pas faire la sieste ? (peut-être parce qu’elle s’est réveillée à 10h…)

Pourquoi cherche-t-il tout le temps mon attention ? (peut-être parce que je suis devant l’ordinateur…)

Pourquoi parle-t-il tout le temps ? (peut-être parce que c’est le fils de sa mère…)

Et puis à un certain moment, on trouve l’équilibre. Pas trop de télé, pas trop de sorties, privilégier les temps de sieste et raconter des histoires, essayer de jouer ensemble quand on peut et laisser le bazar, les cris, les pleurs, les chants et les moments de folie envahir la maison…

On est en vacances, on ne fait plus rien ^^

En plus :

J’aime le titre de se livre (peut-être à lire bientôt) :

tout va bien nous sommes paumés

J’aurais bien aimé que celui-ci soit encore édité en français :

Raising Our Children, Raising Ourselves: Transforming parent-child relationships from reaction and struggle to freedom, power and joy

Je suis en train de réfléchir à l’absence d’éducation :

La fin de l’éducation

Je sens que je n’ai pas fini de me poser des questions…

Crédits photo : Chris JLHolidays are for playing

C’est grave.

J’ai bien mis en place la prise en considération des émotions et de la douleur de mes enfants en arrêtant de leur dire « c’est pas grave » quand ils se font mal.

Et là, je l’ai répété plusieurs fois. Mon garçon revenait de sortie scolaire, il avait oublié son gilet dans le bus et pleurait toutes les larmes de son corps pour ce gilet.

Je tentais de lui expliquer que pour moi, ce n’était pas grave qu’il perde son gilet, que je n’étais pas en colère. Et je répétais cette expression en vain. Il était inconsolable.

Et puis j’ai appris plus tard que la sortie scolaire s’était très mal passée pour Samuel. Ils étaient partis ramasser des légumes dans une ferme, tous les enfants pouvaient grignoter des légumes sauf lui, à cause de ses allergies alimentaires (aux noix, pistaches et amandes…). Il avait du coup perdu tout intérêt pour la journée et était resté collé à la maîtresse.

Ce soir-là, ce n’était pas que la perte du gilet mais aussi toute la déception et la frustration de la journée qu’il pouvait enfin extérioriser dans mes bras.

Et oui, c’était grave.

On a retrouvé le gilet, je l’ai bercé comme un petit, je l’ai laissé pleurer tout ce qu’il avait à pleurer, j’ai attendu, sans rien dire, qu’il se calme, il ne m’a jamais dit que la journée ne s’était pas vraiment bien passée…

Pour aller plus loin :

Ensemble naturellement – C’est rien, c’est rien, ce n’est pas grave

Famille Harmonie – Arrête tes caprices

Crédit Photo : Amanda TiptonTantrum

La formule magique

Mon garçon n’aime pas aller à l’école. Tous les matins, je le motive.

Ce matin là était plus difficile qu’un autre. Fatigué par la sortie scolaire de la veille, Samuel trainait des pieds et était à deux doigts de pleurer. Arrivé devant la porte de sa classe, je lui demande ce qu’il aimerait faire avec moi avant d’y aller. Il me répond un gros câlin. Je le serre dans mes bras.

À ce moment là, une maman arrive tirant par le bras sa petite fille qui hurlait et ne marchait plus, elle la balance à la maîtresse de Samuel en lui disant « prenez-la, elle ne veut pas venir ce matin, je ne sais plus quoi faire » et elle s’en va. La petite fille est allongée par terre et elle hurle. La maîtresse attrape la petite fille et part avec elle vers la classe pour la rassurer.

Notre câlin a duré en tout et pour tout 3 minutes. Plus personne n’était là pour accueillir Samuel mais il était prêt à y aller. Et il est parti dans sa classe, sans problème.

A midi, j’ai demandé à la maîtresse si tout s’était bien passé, elle m’a dit qu’il n’y avait pas eu de problème.

J’ai repensé à la petite fille.

J’ai repensé à cette solution toute simple, cette formule magique.

Quand ça ne va pas, je propose toujours un câlin. La plupart du temps, cela règle le problème en quelques minutes.

Isabelle Filliozat parle du réservoir affectif à remplir régulièrement en jouant avec ses enfants, en les câlinant…

Nous nous nourrissons de l’autre, rien ne nous rassure plus que de se savoir aimé, même à l’âge adulte. On bouge des montagnes quand on se sent apprécié, aimé, soutenu. Alors voilà, c’est tout simple mais je ne laisse pas mes enfants douter quelques secondes de mon amour inconditionnel qui va de la terre à la lune aller et retour.

Laisse-moi découvrir tout seul !

Souvent, j’ai envie de poser Eulalie en haut du toboggan et de voir son sourire en descendant.

Mais j’attends.

J’attends qu’elle sache grimper d’elle-même sur l’échelle et qu’elle puisse appréhender tranquillement la hauteur avant de se lancer.

Et c’est long, souvent frustrant, de ne pas pouvoir lui procurer rapidement le plaisir de glisser sur un toboggan.

J’ai décidé de suivre les conseils RIE et de laisser l’enfant découvrir par lui-même sans que ce soit imposé.

Quand mon envie est trop forte, je pense toujours à ces petits qui sont mis trop tôt sur un manège et qui pleurent pendant tout le tour alors que les parents sont déçus et frustrés de ne pas leur avoir procuré le plaisir qu’ils pensaient leur offrir. Cela me permet d’être plus patiente.

Il y a quelques jours, Eulalie a grimpé sa première échelle de toboggan (toute seule mais j’étais derrière elle pour m’assurer qu’elle ne tombe pas), je l’ai aidé à se placer tout en haut et la voilà partie à glisser sur le toboggan. Le plaisir de la découverte et la fierté d’y avoir été toute seule, le bonheur d’avoir pu prendre son temps, d’être sûre de ne pas avoir peur valaient mille fois mes petits moments de frustration au parc.

Elle y est retourné sans arrêt jusqu’à ce qu’on s’en aille, avec le même plaisir, perfectionnant au passage sa technique pour grimper à l’échelle et pour se placer tout en haut du toboggan.

Au parc, c’est devenu une habitude (pour moi, pas pour son papa), de ne pas intervenir si elle n’est pas en danger et de la laisser libre de grimper, courir, bouger et de ne pas la pousser à faire des choses qu’elle ne maîtrise pas. Je ne la pose pas sur la balançoire, ni sur le petit jeu qui bascule, je ne la pose pas sur le toboggan et je la laisse petit à petit appréhender les jeux. Cela nous va bien.

A la maison, c’est un peu plus dur, parce qu’elle suit sont frère et, comme son frère, elle veut faire des dessins et utiliser des feutres… Les découvertes sont moins évidentes, mais je ne l’aide pas quand elle joue et j’essaie de l’aider le moins possible quand elle dessine ou quand elle colle des gommettes (elle se débrouille très bien, en fait).

Je me rends compte que l’aider le moins possible lui donne confiance en elle et lui permet d’être plus habile.

Bien évidemment, je ne la laisse jamais dans la difficulté. Quand elle est coincée, je viens l’aider !

Sinon, tu as prévu quoi comme activité avec tes enfants ? Rien. Rien, c’est bien (aussi).

À la naissance de Samuel, je pensais que pour éveiller son enfant correctement, il fallait faire beaucoup d’activités avec lui.

Mais quelles activités proposer à mon tout petit ? Comment être présente et le stimuler pour être sûre qu’il soit heureux, épanoui, intelligent, brillant, occupé, attentif, curieux, ouvert d’esprit, bien dans ses pompes… ?

Il faut dire que je ne suis pas une animatrice née. Je déteste jouer à autre chose qu’aux jeux de société et je suis une calamité en bricolage… Je sais chanter des chansons, j’en connais un paquet, et raconter des histoires.

Pour me rassurer de mes angoisses, comme toujours, j’achète des bouquins.

J’ai acheté les bouquins de Marie-Hélène Place et de Eve Herrmann sur les activités d’éveil Montessori. Ce sont les premiers que je trouvais qui proposaient des activités pour les moins de 3 ans. Cela m’a ouvert à la pédagogie Montessori. J’ai lu, encore et toujours, Montessori cette fois.

En lisant Montessori, j’ai appris que les enfants étaient naturellement intelligents, brillants, attentifs, curieux, ouverts d’esprit, etc, et que pour nourrir tout cela, il fallait les laisser libres de choisir leurs propres activités et les laisser faire avec nous les tâches de tous les jours.

Puis j’ai découvert RIE qui dit qu’il faut aussi laisser la liberté à nos enfants de jouer tous seuls, dès qu’ils sont tout petit et que cela ne sert à rien d’occuper ses enfants à longueur de journée. Quel soulagement !

Magda Gerber fait la différence entre le « Wants Nothing Quality Time » et « Wants Something Quality Time ».

Wants Nothing Quality Time – I love it – c’est le moment où je m’assieds dans la piaule de mes enfants et je viens les regarder jouer. Parfois, ils viennent sur mes genoux, on parle un peu. Samuel me sollicite assez souvent pour réparer un truc, mettre le casque d’un chevalier. Je suis là pour eux, simplement, et comme ils le veulent. Parfois, je ne fais rien, parfois, je bois de la soupe avec Totoro (mais je n’ai ni mon téléphone, ni ma liste de course à faire…).

Wants Something Quality Time – c’est le temps d’interaction. Là, pour le coup, on fait quelque chose. Soit quelque chose qu’ils ont envie de faire (dessin, lire un livre, pâte à modeler…) ou quelque chose que l’on doit faire (sortir, s’habiller, manger…). S’il faut se préparer, j’explique à Eulalie ce qui va se passer et je l’habille, Samuel s’habille tout seul mais je suis présente et je l’aide si besoin.

Il y a aussi des moments où j’ai besoin d’être toute seule. Ces moments-là, généralement, ils jouent seuls. Eulalie encore plus que Samuel, parce que depuis qu’elle est toute petite, je l’ai souvent laissée jouer toute seule à côté de moi, alors que je faisais autre chose.

J’ai arrêté de culpabiliser de ne pas être une animatrice hors pair pour mes enfants et j’ai vite apprécié à quel point c’est important pour nous tous d’avoir nos temps de liberté.