Comment que tu causes ?

À force de lire des articles à droite à gauche, on en vient petit à petit à essayer des choses et à voir ce qui fonctionne. Aussi étrange que cela puisse paraître, en à peine 5 ans, j’ai changé ma façon de parler aux enfants.

Au départ, c’est comme apprendre une langue étrangère, les tournures semblent bizarres et artificielles… Et puis petit à petit, on voit les effets de cette langue sur les attitudes de chacun, on l’adopte et ça devient normal…

J’ai adopté pour l’instant deux nouveaux types de langage pour moi: la communication non-violente et la reconnaissance sans jugement.

Je vous fais un petit topo très rapide :

La communication non-violente :

Elle se résume en quatre étapes :

1 – Observer : Décrire la situation sans jugement : « Quand tu me cries dessus comme ça…

2 – Sentiment : Dire son ressenti « … je sens ma colère monter…

3 – Besoin : Exprimer son besoin : « … j’ai besoin de calme pour réfléchir et te donner la meilleure réponse possible… »

4 – Demander : « … peux-tu s’il te plaît me demander ce que tu veux gentiment ? »

Il y a évidemment beaucoup plus de subtilité dans la communication non violente (et des supers outils pour les relations entre adultes et entre enfants aussi), je vous laisse consulter les liens ci-dessous pour approfondir la question.

Je l’utilise énormément quand je sens que je vais me fâcher. Je respire un grand coup et je commence par décrire. Aussi étrange que cela puisse paraître, plouf, ma colère se dégonfle, et hop, bien souvent, le problème se règle sans cri. Pour moi qui suis une handicapée du conflit, c’est vraiment le pied.

La reconnaissance sans jugement :

Celui-là est très cher à Janet Lansbury.

Il s’agit, au lieu de s’extasier sur les prouesses de son enfant en émettant un jugement de valeur : « Waouh tu es drôlement fort ! », de reconnaître l’action faite : « Waouh, tu as grimpé sur cet arbre tout seul ! ». Et cela peut s’appliquer à n’importe quelle situation : reconnaître un sentiment : « Dis-donc, tu es vraiment en colère » (au lieu de « ça suffit maintenant, tu te calmes »), reconnaître une douleur « Tu as vraiment mal » (au lieu de « ce n’est pas grave »)…

Cela implique aussi, du coup, l’absence de compliments. Il s’agit encore de ne pas porter de jugement de valeur, même positif, comme par exemple : « ouah, il est super joli ce dessin ! » mais décrire l’action : « Tu t’es appliqué pour ce dessin, il a beaucoup de détails ! ».

Et pour finir, je suis extrêmement polie avec mes enfants : je n’oublie jamais un s’il te plaît ni un merci.

Dire merci à son enfant vaut des milliers de compliments : je peux le voir à leur petit air satisfait quand ils m’aident et que je leur dis « Merci, tu m’as bien aidée. »

Pour aller plus loin :

En communication non violente :

http://www.alternative-montessori.com/communication-non-violente/

http://apprendreaeduquer.fr/poser-limites-aux-enfants-communication-violente/

Pour la reconnaissance sans jugement :

http://www.janetlansbury.com/2011/11/the-key-to-your-childs-heart-7-ways-it-works/

http://apprendreaeduquer.fr/lattention-presence-efficaces-les-compliments/

http://apprendreaeduquer.fr/5-manieres-dutiliser-lencouragement-de-facon-efficace-avec-la-discipline-positive/

http://apprendreaeduquer.fr/remplacer-cest-bien-tu-es-intelligent/

Crédit Photo : Ian SoperSpeak no evil

 

Ça se chamaille !

C’est plutôt drôle de voir la relation entre Samuel et Eulalie se construire, on les entend jouer ensemble, rire souvent, et se disputer tout le temps.

J’ai un frère et deux sœurs, autant dire que je sais comment fonctionne une fratrie. Je me souviens de nos innombrables batailles, trahisons et autres coups bas quand nous étions enfants. Ils n’ont jamais diminué cette impression d’un lien fort et incassable : savoir que toujours, tout le temps et dans n’importe quelle circonstance, on peut compter les uns sur les autres. Si un jour, je dois planquer un cadavre, je n’appelle pas un(e) ami(e), j’appelle mes frangin(e)s…

Du coup, bon, Eulalie et Samuel se tapent dessus, grand bien leur fasse !

Je suis allée la semaine dernière à une conférence sur la rivalité entre frères et sœurs donnée par Florence de Widerspach, médiatrice familiale et animatrice d’ateliers Faber et Mazlish.

Elle partait du constat simple que la relation entre frères et sœurs n’est pas une relation choisie mais une relation imposée.

L’arrivée d’un petit nouveau dans la fratrie représente un gros risque : est-ce que mes parents m’aimeront moins ? Le partage de l’amour parental semble impossible pour les enfants. Eulalie me dit souvent que le bébé est méchant et il est impossible de la rassurer à ce sujet : un intrus arrive pour lui piquer ses parents… elle le déteste déjà.

La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est pas obligée de l’aimer, pas plus que Samuel, mais ils doivent se respecter : se parler gentiment, dire quand on n’est pas d’accord…

On a chacun besoin d’être unique, la jalousie est un sentiment naturel.

En tant que parent, il est toujours important d’accueillir et d’écouter les sentiments et les émotions de l’enfant : donner des mots ou des outils (crayons, pâte à modeler, poupée) pour que l’enfant exprime ce qu’il vit, utiliser l’imaginaire : s’il avait une baguette magique, qu’est qu’il souhaiterait ?

Quelques outils pour assainir les relations :

  • Pas de comparaison positive ou négative. La comparaison positive (« toi, au moins, tu m’aides, ce n’est pas comme ton frère.. ») peut générer de la pression pour l’enfant et aussi une impression de déloyauté envers ses frères et sœurs. Si on veut valoriser un comportement, il faut rester dans la description (« tu as mis la table ! Merci, tu m’as bien aidée. »)
  • « Donner pareil, c’est donner moins » : chacun est unique et a des besoins différents, il faut respecter les envies. Ce n’est pas forcément juste, mais c’est normal de vivre des choses différentes avec nos enfants.
  • On a tous un enfant avec qui on a des relations privilégiées : il faut être plus vigilants avec les autres. Les relations privilégiées sont sources de pression pour l’enfant qui veut garder son rôle, sa position, et elles sont aussi sources de conflit et d’hostilité des frères et sœurs.
  • Attention à ne pas conforter nos enfants dans des rôles (le paresseux, le maladroit…), leur montrer qu’ils sont capables de faire différemment, qu’ils peuvent changer, avoir confiance en eux.

Gérer les niveaux de dispute :

  • C’est normal qu’il y ait des disputes. On peut parfois laisser faire et laisser passer. Il faut attendre un peu avant d’intervenir.
  • Si la situation se dégrade, une intervention peut être utile : accueillir les sentiments, écouter sans jugement, les laisser trouver la solution seuls et s’en aller.
  • Si ça ne se règle toujours pas, on peut intervenir, trancher et différer une conversation pour leur permettre de poser des règles.

On peut proposer un temps ensemble pour résoudre le problème à posteriori : sans jugement, on écoute les ressentis et les propositions des enfants et des adultes pour permettre d’anticiper la prochaine dispute.

Crédit Photo : Hey SkinnyFighting

La violence éducative n’est pas une fatalité, agissons !

La semaine dernière, le conseil constitutionnel a censuré l’amendement de la loi « égalité et citoyenneté » interdisant toute forme de violence corporelle sur les enfants : les fessées et les gifles…

C’est vrai que quand la loi est passée en décembre, j’ai vraiment célébré l’événement. C’était officiel et reconnu, une fessée n’a pas de valeur éducative.

Je suis vraiment déçue… Et maintenant que peut-on faire ?

L’abolition des châtiments corporels en Suède (en 1979) a été accompagnée de brochure et de systèmes d’accueil pour les parents : oui on interdit la fessée mais on va aussi vous expliquer ce qui peut fonctionner et comment faire autrement que ce qui nous a été transmis.

Alors peut-être pouvons-nous prendre le problème à l’envers et au lieu d’attendre des autorités un changement en bonne et due forme : être nous même acteurs du changement.

Le mouvement se développe déjà à toute vitesse, hier, il y avait 800 personnes à Vannes pour écouter Isabelle Filliozat ! On peut à notre niveau aussi faire bouger les choses, élever ses enfants sans violence éducative, bien sûr, prêter des livres, conseiller des blogs et en discuter avec les potes…

Il existe des lieux de rencontre entre parents pour échanger, il existe des magazines (bien plus intéressants que « parents ») et des blogs, des forums, des ateliers et des conférences…

Je  vous fais une petite liste :

Lieux d’accueil à Lyon :

  • le jardin couvert (vous trouverez une liste des lieux d’accueil inspirés par Dolto en France dans l’onglet Liens pour les non-lyonnais ;))
  • La cause des parents, leurs activités, leurs conférences et leurs temps d’échange.
  • Vous trouverez dans cet article : Accueil parents-enfants une liste des lieux d’accueil parents-enfants sur Lyon
  • Ma famille comme unique : une association lyonnaise de soutien à la parentalité
  • Et aussi les centre-sociaux (celui de ma ville propose des activités parents-enfants, des temps d’échange entre parents), les maisons familiales, les ludothèques, les bibliothèques…

Les magazines :

(que j’aimerais bien trouver dans les salles d’attente des pédiatres, obstétriciens, kinés, ostéopathes…)

Pour les conférences, vous pouvez suivre :

Quant aux blogs, il y en a des tonnes ! Je ne suis qu’une toute petite sardine dans l’océan…

Mes chouchous du moments :

Et puis nous pouvons partager entre parents nos expériences, nos lectures, nos essais, les articles intéressants, les petits pas ; avancer sans jamais juger, ni soi, ni les autres, parce que se battre contre la violence éducative est un combat quotidien.

Si vous avez des liens à partager, n’hésitez pas à les mettre dans les commentaires !

Pour aller plus loin :

https://www.oveo.org/

http://www.ecoledesparents.org/

Crédit photo : Steve Moses1909 Stereoscopic Picture (a Spanking Good Time)

 

La motivation

Alors que je traversais la ville pour aller tester l’épicerie en vrac qui vient d’ouvrir, je me demandais ce qui me poussait à faire tant d’effort pour acheter des trucs sans emballage ? Une prise de conscience écolo intense ? le fait d’avoir le temps de le faire ? oui mais pas seulement… C’est surtout la lecture d’un livre (une famille (presque) zéro déchets)…

Pourquoi ?

  • C’était fun et bien présenté
  • Présenté comme ça, ça ne semblait pas compliqué
  • C’était incroyablement positif (et pas moralisateur)

Je vous parle de ça parce qu’à la rentrée, ma copine Caro m’a parlé d’un texte collé dans le cahier de sa fille qui est rentrée en CE1. Cela s’appelle les portes de la réussite.

ça se présente comme ça :

Donc, trois clés : la clé du travail, la clé du comportement en classe, la clé du comportement en dehors de la classe. Le lundi, chaque élève a ses trois clés, et s’il a cinq remarques dans un domaine, il perd une clé, et s’il perd une clé, il perd des droits et des responsabilités dans la classe…

Bon, déjà, niveau présentation, on fait plus fun…

Dire que ma copine Caro et moi étions peu enthousiastes face à la méthode est un euphémisme, on trouvait ça dur envers les enfants (on ne peut que perdre et jamais gagner) et peu responsabilisant…

A côté de ça, la méthode de l’école de la fille de ma copine Laila semblait déjà un tout petit peu mieux (à mon goût) : un code couleur, tous les enfants ont un carré bleu, les carrés vont du rouge au noir, le bleu est au milieu, et selon le comportement, les enfants peuvent monter ou descendre sur l’échelle des carrés de couleur, ils ont plus de responsabilités s’ils montent dans l’échelle (comme aller aux toilettes tout seuls, oui oui, un truc de dingue) mais ils sont punis si leur niveau baisse sur l’échelle (ils copient des lignes)…

C’est un petit peu plus fun, c’est compliqué et il y a la menace de la sanction stupide, mais il y a aussi la possibilité de gagner et de s’améliorer.

Dans l’école de mes enfants, comme dans l’école (publique) des enfants de ma copine Mathilde, l’approche n’est que positive. Ils ont une base de départ qui leur ouvre certains droits (un trèfle à trois feuilles dans l’école de mes enfants, une couleur dans l’école des enfants de Mathilde) et mieux ils connaissent les règles et ils les appliquent, plus ils ont de droits et de responsabilités.

Dans la classe de Samuel, il y a trois trèfles. Sur le premier, l’adulte seul décide des déplacements de l’enfant et l’enfant doit travailler les compétences du trèfle à 4 feuilles.

Les compétences du trèfles à quatre feuilles sont les suivantes :

Je sais, je fais : chercher de l’aide, écouter les adultes, connaître les lieux et les adultes de l’école, faire attention à moi, respecter les règles de déplacements, frapper au portes et les fermer et dire bonjour.

Une fois les compétences acquises, l’enfant peut demander en assemblée s’il peut avoir le trèfle à quatre feuilles, les autres enfants donnent leur avis et les adultes décident.

Avec le trèfle à quatre feuilles, l’enfant peut se déplacer seul dans l’école lorsque l’adulte est d’accord et être sans adultes dans un lieu avec des trèfles à 5 feuilles.

Les objectifs des trois méthodes sont les mêmes : connaître les règles et les respecter pour avoir plus de responsabilités.

Pour moi, la méthode des portes de la réussite me semblait tellement moins valorisante et motivante que la méthode des trèfles… et pourtant, un parent d’élève de l’école de mes enfants m’expliquait que la méthode des trèfles ne fonctionnait pas du tout avec son garçon et que pour lui, le plus simple était de lui donner d’emblée des responsabilités et de les lui retirer s’il ne respectait pas le contrat, de plus, le jugement des autres enfants était très difficile à vivre…

Vous en pensez quoi, vous ?

Crédit photo : Flickr Creative Commons Public Record Office VictoriaRural training school – Classroom during education week, 1950s (cut)

Une promesse

Je regardais mes tout petits, là.

Mes poussins, mes enfants, mes loupiots, mes petits cœurs, mes amours, mes tout beaux, waouh, je les aime à fond les ballons, c’est indescriptible quand même.

J’aime tes histoires et tes chansons, Samuel. J’aime ton obsession pour Starwars, ton enthousiasme pour tout (sauf pour l’école…), ta façon si particulière d’être raisonnable quand on prend le temps de t’expliquer et ton énergie, ta façon méticuleuse de construire des vaisseaux en petit lego et ton agacement quand tu n’y arrives pas, tes parcours de billes, ton petit bazar, tes dessins de plus en plus précis, tes envies d’être grand et ton besoin d’être encore tout petit.

J’aime ton humeur joyeuse et ta trogne quand tu boudes, Eulalie. J’aime la concentration que tu mets dans tout ce que tu fais, y compris retourner tous les jeux du salon, tes envies d’indépendance et d’autonomie et ce petit langage qui change chaque jour, tes dessins et les gommettes que tu colles partout, ta façon de bercer ta poupée, de lui enlever ses chaussures et de venir me demander de les remettre tout de suite après en disant : « arrive pas à ouvrir », tes chansons aux paroles approximatives et ton amour pour l’eau et la musique.

Je vous aime, tous les deux, et je vous fais une promesse.

Je vous promets d’être là pour vous, de faire de mon mieux pour ne jamais vous blesser et pour toujours vous accompagner, de vous aimer et de vous respecter comme vous êtes, toujours et sans attendre rien en retour.

* * *

Pour aller plus loin :

Un coup de cœur pour dire encore et toujours combien on aime nos enfants de façon inconditionnelle :

index

le livre Mon Amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin. Il est magnifique !

le 30 avril, c’est la journée de la non-violence éducative, il n’y a pas d’événements à Lyon (vous pouvez trouver le planning des événements en France ici) mais on peut toujours visiter le site de l’oveo, relire cet article. En attendant, je vais faire le plein de câlins !

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ô Joie !

Bonne année 2016 ! Je vous souhaite une année pleine de joie, de bienveillance et de beaux projets.

J’aime la nouvelle année. En fait, j’aime chaque début de période. Tous les trois mois environ, je prends de bonnes résolutions, souvent avec l’arrivée de la nouvelle saison. Je ne les tiens pas toutes, mais parfois, je constate avec bonheur que j’ai réussi à changer une de mes habitudes pour du mieux. J’aime l’idée de me dire que je suis perfectible et que à chaque moment, un petit effort peu me permettre d’approcher un peu plus de mes envies d’être du moment. Je ne suis pas en quête d’un idéal à proprement parler mais je me vois plutôt comme un être en constante évolution.

Cette année j’avais envie de partager avec vous les efforts que j’ai envie de faire, le petites habitudes que j’ai envie de prendre en tant que parent.

  • Arrêter de leur parler à la troisième personne – ça m’agace moi-même dès que je le fais : « Maman va retirer le manteau d’Eulalie. » « Samuel va aller mettre son pyjama… » – ce sont des personnes, pas des poupées.
  • Arrêter de parler d’eux avec quelqu’un comme s’ils n’étaient pas là alors qu’ils sont présents : « je trouve que Samuel a fait des supers dessins aujourd’hui.. ». Je vois bien que ça gêne Samuel.
  • Arrêter de me plaindre de leur comportement. Ça n’avance à rien et ce n’est agréable pour personne.
  • Leur donner plus de possibilité de faire des choses eux-même (laisser ma fille prendre son temps pour descendre les escaliers…).
  • Être un peu plus disponible pour jouer avec eux.
  • Continuer les efforts pour enlever toute forme de violence éducative ordinaire (chez nous, il y a encore des cris parfois, et encore pas mal de menace (descend tout de suite ou je me fâche…)) et trouver d’autres solutions qui fonctionnent.

Merci d’être là et de me lire toujours plus nombreux.

Ces petites stats que je regardais avec tristesse et trouille il y a quelques semaines encore me remplissent de joie maintenant. Ce n’est pas que vous êtes beaucoup plus nombreux (un petit peu plus, mais pas tant que ça), c’est qu’à force de me plaindre, j’ai petit à petit, grâce à mon entourage, compris que ce n’était pas franchement important et que, quand même, vous étiez là, à me lire, présents régulièrement, muets la plupart du temps, mais bien présents. Merci encore !

Crédit Photo : Happy New Year !Dressy Doll

Terribeul two

Ma pauvre petite louloute est en foufelle… Rien ne va pour elle. J’ai l’impression de voir son petit cerveau analyser et enregistrer une masse d’information impressionnante.

Ce dernier mois elle a enregistré des tonnes de mots, corrigé un max sa prononciation, chanté des chansons et fait fonctionner sa mémoire, elle enlève et met ses chaussures et elle veut mettre son gilet et son manteau toute seule. Elle essaie toutes les fermetures à glissière et les boutons, sans forcément y arriver mais avec une persévérance impressionnante. Et elle commence à comprendre la propreté et à être bien motivée.

Bref, elle pousse comme du liseron, fortement et rapidement. C’est impressionnant.

En contrepartie, tous ces apprentissages sont très fatigants. Tous ces efforts pour se faire comprendre sans y arriver parfois sont très frustrants. Toutes ces envies de faire et ces barrières qui parfois se mettent en travers de son chemin (comment ça, on ne peut pas vider son bain avec les petits gobelets dans la salle de bain ?) sont très difficiles à gérer.

Notre petite fille à sourire s’est transformée en grande fille à cris.

Pour nous aussi, ce n’est pas évident.

Ce que j’ai appris à travers Maria Montessori, c’est que ma fille traverse beaucoup de périodes sensibles et qu’elle a un besoin irrépressible de pratiquer des choses et de faire aller ses petites mains. Alors au boulot fifille : des fermetures à glissière à disposition pour s’entraîner à fond, des méthodes pour apprendre à s’habiller toute seule, des plateaux de versement pour pouvoir à loisir verser et verser sans tremper la salle de bain.

Je m’inspire beaucoup des vidéos de Céline Alvarez (dont je parle ici) que vous pouvez trouver ici :

https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/07/21/activites-pratiques/

Et du très bon livre de Tim Seldin : Eveiller, épanouir, encourager son enfant qui est, pour moi, un must-have dans sa bibliothèque d’apprenti parent.

Et puis on accompagne les colères et les frustrations du mieux qu’on peut en essayant de rester « unruffled » (imperturbable, d’un calme olympien) comme le conseille Janet Lansbury (en anglais).

Et puis, il y a tous ces moments où on finit par s’énerver parce qu’on ne se comprend pas, où le calme olympien est au dessus de nos possibilités et on fait de l’autorité pure et dure (j’ai dit non ! quand c’est non, c’est non!)… Et où, a posteriori, on n’est pas trop fiers de notre façon d’agir, mais bon, la fatigue, l’incompréhension, la difficulté nous donne de bonnes excuses.

Dans ces cas-là, j’ai toujours Alice Miller dans un coin de la tête et le moment où elle explique dans le chapitre sur la pédagogie noire (C’est pour ton bien) que le but de certains éducateurs était de retirer au plus tôt toute volonté propre de l’enfant, de les plier très vite sous le joug de l’adulte, avant qu’ils aient en mémoire qu’un jour, ils avaient leur propre volonté…

Cette lecture, la pratique régulière du yoga ainsi que de bonnes nuits de sommeil (c’est un tout) me permettent de faire de mon mieux pour respecter la volonté de mon adorable gremlin.

CACA BOUDIN !

Je reprends le titre et l’illustration de couverture d’un de nos livres préférés : CACA BOUDIN de Stéphanie Blake.

Le but de cet article n’est pas de faire l’éloge de ce magnifique et ô combien essentiel livre de littérature de jeunesse mais de parler de la phase caca prout de Samuel (Oui, oui, vous avez bien lu…).

Pour ceux qui me connaissent un peu, j’ai la fâcheuse tendance à avoir un vocabulaire assez fleuri. J’ai réussi néanmoins à diminuer le nombre d’expressions pas très jolies et d’en remplacer quelques unes par de beaux « Saperlipopette » et « Crotte de bique » ou encore « Zut zut zut flûte et crotte de biquette ».

Il n’y a que dans la voiture, où, parfois, fusent certains mots qui finissent par « tain » ou par « oiré » et parfois aussi « **tain ***del de *erde **gage gros *on… »

Les règles sont simples. Ces mots-là, on a le droit de les dire seulement dans la voiture, et même de les crier, de les chanter et de les répéter tout le long de la route. (mais pas dans la voiture de Mamie…)

Caca boudin, par contre, étant donné que c’est un mot tiroir qui permet à Samuel d’exprimer sa colère parfois, son dégout, ou d’essayer de faire rire, pas de règle pour celui-là. Il sort quand il veut.

Parfois même, on l’utilise pour détendre l’atmosphère et pour faire rire, alors on transforme nos voix, on force nos rires, et puis ça se termine en gros fou rire à base de caca boudin et patate pourrie.

Alors oui, bon, on aura tous un vocabulaire fleuri. Ça permet aussi de commencer à avoir un aperçu global des niveaux de langues (qu’est-ce qu’on peut dire aux copains, à papa et maman, à la maîtresse et pourquoi on ne peut pas dire ces mots là n’importe quand et à n’importe qui…) et de mieux comprendre ce concept plus tard, et puis de commencer à envisager les synonymes (autour du caca, cela va de soi), et puis, sait-on jamais, c’est toujours un moyen d’enrichir son vocabulaire…

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Je me rassure comme je peux… Après je sais que ce n’est qu’une phase et que ça va passer. Ça va sûrement être plus difficile quand les vrais gros mots sortiront de la voiture…

Pour le fun :

http://omnilogie.fr/O/Le_vocabulaire_du_capitaine_Haddock

https://fr.wikipedia.org/wiki/Caca_boudin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eduquer à la joie

J’aime vraiment cette tendance au développement personnel. De manière générale, j’aime cette apologie de la bienveillance et de la simplicité.

Comme bonne petite bobo qui se respecte, je lis religieusement flow  et kaizen tous les deux mois, j’aime aller au yoga, je désencombre avec difficulté mais avec beaucoup de bonne volonté ma maison et je me dis tous les jours que malgré mes épisodes dépressifs passagers (légère obsession du contrôle, grande envie de perfection…), j’ai quand même vachement de chance et beaucoup de moments de bonheur.

Ce matin, en écoutant de la musique et en dansant dans le salon avec ma poupinette, je me suis dit qu’il manquait un pendant important à mon dernier article.

Eduquer à la paix, oui, et éduquer à la joie aussi !

  • écouter de la musique
  • danser
  • faire les foufous, se faire des guilis
  • chanter beaucoup, tout, n’importe quoi et n’importe comment
  • se dire des mots doux, des mots fous, des mots rigolos
  • jouer (aux petits bonhommes, aux jeux de société, de la musique…)
  • faire la fête et voir des amis
  • lire beaucoup de livres
  • se promener partout, en forêt, au musée, en ville, ailleurs
  • se faire plaisir, tous les jours
  • se faire des câlins
  • faire des grimaces
  • rire beaucoup, rire de tout
  • rêver
  • aimer à fond les ballons

Et rester persuadé que le bonheur n’a pas besoin de grand chose et qu’il se construit tout simplement.

Eduquer les enfants à la paix

Mon petit garçon est un chevalier. Il aime son épée, il aime Batman et Spiderman (sans connaître leur histoire), il aime attaquer des méchants, sauver des princesses et il aime les pistolets.

Mais d’où vient tout ça ?

D’autant que je me souvienne, nous ne sommes pas franchement portés sur une définition bien couillue de ce que doit être un mec, un vrai…

Oui, nous avons des comics à la maison de Batman, mais ils ne sont pas à portée de petites mains.

Oui, nous avons la télé, mais il ne regarde que les petits dessins animés des zouzous, mon voisin totoro, quelques Disney…

Oui, il a la panoplie de chevalier et les petits bonhommes pour jouer (parce qu’il est à fond) (mais non, pas de pistolet chez nous…)

Mais pourquoi un bâton est-il si vite transformé en épée ?

D’où vient cette fascination ?

Parfois je lui demande à quoi sert son épée.

Il me répond : à tuer les méchants, maman !

je lui dis : Quels méchants ?

– mais Maman, les voleurs !

– je ne vois pas de voleurs. Je n’en ai jamais rencontré. Généralement, les gens que je rencontre sont plutôt gentils…

– oui mais il faut se défendre !

– Je ne me sens pas en danger…

….

Nous avons encore cette culture de l’homme, du vrai, celui avec sa bite et son couteau, nous baignons dedans. Il suffit de voir les horribles bouses de dessins animés pour enfant diffusés sur certaines chaînes… Encore et toujours un scénario manichéen : des affreux méchants qui sont combattus par les gentils, les mecs sont forts et les filles un peu coconnes (avec des voix horripilantes) mais fortes quand même. C’est moins pire que ce que l’on a pu regarder petit mais ça n’a quand même pas beaucoup évolué…

Il suffit de regarder une fois Macha et Michka pour voir qu’un excellent scénario peut exister sans gentil ni méchant….

Aujourd’hui, j’ai envie d’enlever de la vie de mes enfants toute forme de violence, j’ai comme une envie d’envoyer valser les épées et les bonhommes et les disney.

Aujourd’hui, j’ai envie d’ouvrir mes enfants au monde et à ses beautés, aujourd’hui, plus que jamais, leur enseigner la bienveillance, le respect, la paix.

Pour aller plus loin :

http://www.alternative-montessori.com/paix-maria-montessori/

Crédit photo : Svenwerk Peace