Céline Alvarez – Yay or Nay ?

Elle passionne les parents et elle est généralement détestée des instits, pourquoi ?

Je dois dire que j’attendais avec impatience son livre. En tant que parent, je trouvais ses vidéos géniales et son projet super et sa communication vraiment top et son blog mirlifique… Bref, je ne tarissais pas d’éloges sur cette super instit qui allait révolutionner le monde de l’éducation en appliquant la méthode Montessori et en rapprochant tout ça des neurosciences. Les petites vidéos là, en voyant les enfants bosser ou les parents témoigner, me tirent encore des petites larmes… Mais ça a l’air si simple, pourquoi ce n’est pas encore appliqué dans chaque école maternelle ?

Et puis j’ai lu son livre, les lois naturelles de l’enfant.

Ouaip. Bien bien bien. Bon. Je comprends mieux l’irritation générale. Pour résumer, voilà mon ressenti : En trois ans de carrière

1 – Céline sauve le monde : elle convainc des parents de jeter les écrans de leur maison, elle permet aux petits de mettre leurs chaussures tout seuls (chose à laquelle, bien évidemment, aucune instit de maternelle ne pense…)

2 – Elle, elle aime les enfants, et ça, ça change tout !

3 – Elle est rigoureuse et bienveillante (la discipline positive, ça vous parle ???)

4 – Elle a tout réussi et que même quand c’était difficile, elle réussissait quand même (parce que, comme dirait Elsa dans la reine des neiges : l’amour guérit tout !)

5 – Elle ne prend pas les instits et les parents pour des cons mais elle sort quand même un pseudo livre scientifique qui n’en a ni la rigueur de la démonstration ni la valeur d’un véritable témoignage. Passé le chapitre qui décrit les activités mises en place, il n’y a pas de conseils pratiquo-pratique ni d’éléments bien nouveaux ou passionnants. C’était qui le lectorat visé ?

6 – Bon ben elle applique la méthode montessori quoi, rien de bien révolutionnaire non plus, pas besoin de scanner des cerveaux pour savoir que ça fonctionne… J’aurais aimé un peu plus de développement sur l’engagement actif dans l’acquisition des savoirs, sur l’importance de la manipulation, sur l’horizontalité dans la transmission des savoirs. Un vrai livre de scientifique, ce n’est pas ce qu’elle est ?

Et alors que son site est pour moi, en tant que néophyte intéressée par la méthode Montessori, une mine d’informations, son livre m’a tout simplement agacée…

Pour rire un peu, parce que ouais, j’ai envie d’en rire :

http://jeanjacqueslemag.fr/celine-alvarez-celine-dion-ou-les-deux/

http://jeanjacqueslemag.fr/ces-livres-de-celine-alvarez-auxquels-tu-as-echappe/

Je parle aussi de Céline Alvarez dans cet article

Pour avoir un point de vue positif et enthousiaste sur le livre, vous pouvez lire l’article des vendredis intellos : https://lesvendredisintellos.com/2017/02/03/les-lois-naturelles-de-lenfant-bibli-des-vi/

Crédit photo : Télérama

 

La motivation

Alors que je traversais la ville pour aller tester l’épicerie en vrac qui vient d’ouvrir, je me demandais ce qui me poussait à faire tant d’effort pour acheter des trucs sans emballage ? Une prise de conscience écolo intense ? le fait d’avoir le temps de le faire ? oui mais pas seulement… C’est surtout la lecture d’un livre (une famille (presque) zéro déchets)…

Pourquoi ?

  • C’était fun et bien présenté
  • Présenté comme ça, ça ne semblait pas compliqué
  • C’était incroyablement positif (et pas moralisateur)

Je vous parle de ça parce qu’à la rentrée, ma copine Caro m’a parlé d’un texte collé dans le cahier de sa fille qui est rentrée en CE1. Cela s’appelle les portes de la réussite.

ça se présente comme ça :

Donc, trois clés : la clé du travail, la clé du comportement en classe, la clé du comportement en dehors de la classe. Le lundi, chaque élève a ses trois clés, et s’il a cinq remarques dans un domaine, il perd une clé, et s’il perd une clé, il perd des droits et des responsabilités dans la classe…

Bon, déjà, niveau présentation, on fait plus fun…

Dire que ma copine Caro et moi étions peu enthousiastes face à la méthode est un euphémisme, on trouvait ça dur envers les enfants (on ne peut que perdre et jamais gagner) et peu responsabilisant…

A côté de ça, la méthode de l’école de la fille de ma copine Laila semblait déjà un tout petit peu mieux (à mon goût) : un code couleur, tous les enfants ont un carré bleu, les carrés vont du rouge au noir, le bleu est au milieu, et selon le comportement, les enfants peuvent monter ou descendre sur l’échelle des carrés de couleur, ils ont plus de responsabilités s’ils montent dans l’échelle (comme aller aux toilettes tout seuls, oui oui, un truc de dingue) mais ils sont punis si leur niveau baisse sur l’échelle (ils copient des lignes)…

C’est un petit peu plus fun, c’est compliqué et il y a la menace de la sanction stupide, mais il y a aussi la possibilité de gagner et de s’améliorer.

Dans l’école de mes enfants, comme dans l’école (publique) des enfants de ma copine Mathilde, l’approche n’est que positive. Ils ont une base de départ qui leur ouvre certains droits (un trèfle à trois feuilles dans l’école de mes enfants, une couleur dans l’école des enfants de Mathilde) et mieux ils connaissent les règles et ils les appliquent, plus ils ont de droits et de responsabilités.

Dans la classe de Samuel, il y a trois trèfles. Sur le premier, l’adulte seul décide des déplacements de l’enfant et l’enfant doit travailler les compétences du trèfle à 4 feuilles.

Les compétences du trèfles à quatre feuilles sont les suivantes :

Je sais, je fais : chercher de l’aide, écouter les adultes, connaître les lieux et les adultes de l’école, faire attention à moi, respecter les règles de déplacements, frapper au portes et les fermer et dire bonjour.

Une fois les compétences acquises, l’enfant peut demander en assemblée s’il peut avoir le trèfle à quatre feuilles, les autres enfants donnent leur avis et les adultes décident.

Avec le trèfle à quatre feuilles, l’enfant peut se déplacer seul dans l’école lorsque l’adulte est d’accord et être sans adultes dans un lieu avec des trèfles à 5 feuilles.

Les objectifs des trois méthodes sont les mêmes : connaître les règles et les respecter pour avoir plus de responsabilités.

Pour moi, la méthode des portes de la réussite me semblait tellement moins valorisante et motivante que la méthode des trèfles… et pourtant, un parent d’élève de l’école de mes enfants m’expliquait que la méthode des trèfles ne fonctionnait pas du tout avec son garçon et que pour lui, le plus simple était de lui donner d’emblée des responsabilités et de les lui retirer s’il ne respectait pas le contrat, de plus, le jugement des autres enfants était très difficile à vivre…

Vous en pensez quoi, vous ?

Crédit photo : Flickr Creative Commons Public Record Office VictoriaRural training school – Classroom during education week, 1950s (cut)

S’impliquer dans l’école, une solution ?

L’école dans laquelle est Samuel cette année n’est pas une école « classique ».

D’un point de vue pédagogique, c’est une école nouvelle, et j’en avais déjà parlé et , et sûrement, j’en parlerais encore, pour vous l’expliquer plus en détail.

Parmi les principes importants de l’école nouvelle, il y a la coresponsabilité des acteurs.

Nous sommes tous, parents compris, des acteurs de l’école.

Cela se traduit par la base : se dire bonjour, être attentifs aux travaux effectués par les enfants, être présents aux réunions.

Mais, on nous demande un peu plus : nous sommes adhérents, non pas d’une association de parents d’élèves, mais de l’école qui est une école associative.

Concrètement, cela veut dire que nous sommes tous parti prenante de l’école à partir du moment où nos enfants la fréquentent, nous sommes conviés à l’assemblée générale pour connaître le bilan annuel de l’école et nous sommes régulièrement tenus au courant de tout ce qui se passe dans l’école (notamment par une feuille de chou électronique qui s’appelle le Quoi de Neuf que personnellement j’adore…)

Cela ne veut pas dire pour autant que nous interférons avec le travail des enseignants. La communication permet une vraie confiance.

Nous sommes aussi mis à contributions.

Le minimum syndical est le nettoyage complet de l’école en équipe un samedi matin avant les vacances scolaires et le lavage d’une partie des serviettes de tables et torchons des élèves (l’école est petite, 100 élèves) une fois par année scolaire.

Comme les enfants (qui mettent la table, distribuent les goûters…), les parents aussi ont un métier à faire dans l’école.

Selon nos envies et notre temps libre, on peut s’impliquer encore plus. Il y a pour cela les commissions : la commission entretien qui fait des petits bricolages pour l’école (mobilier, changer les néons…), la commission promotion qui fait la promotion de l’école dans certains événements (forum des asso, salon primevère…), la commission écho-lien qui s’intéresse à la pédagogie (soirée pédago-tartines pour comprendre ce que font nos enfants avec les réglettes cuisenaires…), la commission gestion qui aide la trésorière à faire les comptes, la commission ressources qui cherche des ressources pour les projets…

Ce n’était pas évident pour moi au départ de m’engager… J’avais un petit peu peur de l’investissement demandé et puis je ne savais pas trop choisir.

Finalement, le projet qui me tentait le plus, c’était la campagne de financement participatif lancé par la commission ressource pour financer en partie la construction d’une scène – costumothèque dans la cour de l’école.

Ce projet parlait à la fois à mon côté geek (comment fonctionne une campagne de financement participatif ?) et à mon enfant intérieur (non mais qui n’a pas rêvé d’avoir une scène et des costumes à disposition ?)

Nous sommes une équipe de six parents à faire tourner la machine : newsletters, facebook, page kisskissbankbank.

L’expérience est vraiment réjouissante. J’apprends plein de trucs, j’apprends aussi à connaître d’autres parents d’élèves et j’ai vraiment l’impression d’être actrice dans l’école de mon garçon et de mieux en connaître son fonctionnement. C’est vraiment top. Chacun s’investit comme il peut, y consacre le temps qu’il veut, le tout dans la bonne ambiance et sans jugement. Un vrai bon travail d’équipe !

J’ai l’impression qu’une partie de la réussite de cette école vient aussi des parents qui sont impliqués et acteurs. Pour ma part, j’aime me sentir concernée !

Notre projet :

La page de financement participatif sur kisskissbankbank

la page Facebook

L’école nouvelle :

L’association nationale pour le développement de l’éducation nouvelle

 

 

les petites économies

Cet été, nous sommes tous allés en Finlande. C’est un pays auquel je suis très attaché et dans lequel j’ai étudié pendant 6 mois.

Nous avons été reçu par des copains avec qui nous avons beaucoup échangé sur les différentes façon de faire notamment en ce qui concerne l’accueil des enfants en collectivité.

Les enfants vont à la crèche de 1 an environ à 5 ans. Avant les 1 an, l’un des parents peut prendre un congé parental, il est payé 80% de son salaire. A 5 ans, les enfants ont une année de préparation à l’école. Puis commence l’école primaire.

Jusqu’à 5 ans, l’enfant joue. Ils sortent très souvent, notamment en forêt.

L’année de préparation à l’école leur permet d’apprendre pendant un an à vivre en groupe, à faire des activités plus ciblées et à commencer quelques petits apprentissages.Bien évidemment, on ne parle pas d’évaluation de l’élève…

Maija m’expliquait qu’il y avait eu des manifestations parce que le gouvernement voulait faire des économies sur l’école et voulait passer le nombre d’un adulte pour 7 enfants en maternelle à un adulte pour 8 enfants. Les parents ont manifesté. On ne fait pas des économies sur l’école. On ne grignote pas sur l’avenir…

Je vous invite à voir (ou revoir) l’excellent film (1h) « Si j’aurais su… je serais né en Suède », ce film montre a quel point mettre les enfants au centre de la société peut aussi changer les choses en terme de violence. En effet, accompagner et informer les parents sont aussi une priorité.

Je rêve qu’ici aussi, on décide un jour de ne plus faire de petites économies sur notre avenir…

Pour aller plus loin :

http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20131030.OBS3283/ecole-les-bonnes-recettes-de-la-finlande.html

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Une-ecole-de-la-reussite

Youpi ! Retour à l’école !

L’année dernière nous sommes allés à la première rentrée des classes de Samuel sereins et contents. Aucun problème pour le laisser le matin, j’étais heureuse de faire partie de ces parents chanceux qui n’ont pas à laisser leur enfant en pleurs à l’instit’.

Après les vacances de Noël, Samuel avait décrété qu’il avait vu ce que c’était et qu’il n’avait pas besoin d’y retourner.

Tous les matins il a fallu le motiver. Tous les matins il m’a dit : « Je ne veux pas y aller, Maman ! » . Tous les matins je l’ai accompagné jusqu’à la porte de sa classe en lui disant que je comprenais mais qu’il devait aller à l’école.

Cette année, c’est une autre paire de manche.

Nous avons la chance de pouvoir aller à l’école du Chapoly. Je suis vraiment contente pour Samuel et je suis sûre que ce sera mieux pour lui mais l’idée de changer d’école lui a apporté encore un peu plus de stress.

Il ne voulait pas coller le dernier jour de vacances sur le calendrier : regarde Maman, c’est encore les vacances…

Nous avons été super bien accueilli et l’instit’ de Samuel a été vraiment chouette et patiente mais voilà, au moment de partir, c’était l’angoisse.

J’ai piqué cette idée sur le blog de Marjoliemaman parce qu’elle fonctionne vraiment bien : j’ai dessiné un cœur sur son poignet et j’en ai dessiné sur le mien, je lui ai expliqué que je l’aimais très fort, que j’allais penser à lui toute la journée et que ce petit cœur nous permettait de penser à l’autre quand on se sent triste.

Je lui ai dit que je venais bientôt le chercher.

Je lui mets aussi des bisous dans ses poches en cas de nécessité, ça peut toujours servir (merci Pomme d’Api ;)).

Un petit câlin et zou ! je me suis échappée.

J’étais moi même assez stressée. Et si je m’étais trompée ? Et si cette école n’était pas terrible non plus ? Et si, finalement, il n’y avait pas de solution ?

Le premier jour s’est super bien passé, on verra bien pour la suite, mais Samuel, en tout cas, était content d’y retourner ce matin. Et ça, c’est une belle bataille de gagnée.

Edit du 11 septembre : Quelques jours après, Samuel s’est mis à pleurer le matin et rien ne nous permet de le canaliser pour l’instant. Ce matin, c’est son papa qui l’a conduit à l’école et la séparation a été plus facile….

Pour aller plus loin :

Podcast de Janet Lansbury en anglais : How to say goodbye to your child at school

Le rituel anti-larmes de Rita Le Chat

Je te veux maman… Ensemble naturellement

Crédit Photo : Nara school visit (300362901).jpgSimon

L’hyperparent

Alors que j’étais en train de sautiller de joie en découvrant le site Participassions et la possibilité d’avoir incessamment sous peu une plastifieuse pas chère, je m’imaginais déjà imprimer et plastifier tout un tas de matériel Montessori de langage pour mes bambins.

Or j’ai un gros dilemme.

Je vois Etheline Tennenbaum en train d’appeler le professeur d’italien et en train de gérer l’emploi du temps hyper chargé de ses trois enfants. Je vois ce que les américains appellent les mamans taxis qui conduisent leurs enfants de cours en activités sans les faire souffler. Je vois le papa des petites filles que je gardais étudiante, qui rentrait à plus de 19h tous les soirs et prenait quand même la peine le mardi de créer des exercices supplémentaires dans un cahier spécifique pour qu’elles fassent des devoirs en plus le mercredi…

De l’autre côté de l’atlantique, on appelle cela les hyperparents : des parents qui surinvestissent la vie de leurs enfants.

Je n’ai pas envie d’être ce parent-là. Je ne veux ni être celui qui farcit la tête de ses enfants dans l’angoisse de leur réussite sociale ni être celui qui multiplie les activités pour être sûre que jamais il ne s’ennuie.

Et je me demande si c’est bien mon rôle d’amener des outils pédagogiques dans la maison…

Parce que bon, la maison c’est fait pour faire plein d’autres trucs comme être ensemble, jouer, faire les fous, lire des histoires, faire des câlins, faire la cuisine, dormir, dessiner sans contraintes ni instructions, ne rien faire, s’ennuyer…

Et l’école, c’est bien à l’école, non ?

Oui mais, je suis angoissée d’une part (un peu, un peu), je suis accro à la méthode Montessori, je suis déprimée par l’école (classique (parce que nous n’avons pas les moyens pour une école Montessori dans la région)) de mon garçon et nous attendons un place à l’école du Chapoly.

Et puis, disons les choses clairement, ça m’éclate de créer des petites activités intelligentes et de les voir apprécier.

J’ai à la fois envie de créer du matériel pédagogique et à la fois envie de les laisser grandir tranquillement sans intervenir.

Peut-être la solution serait l’instruction en famille. J’y réfléchi, mais je ne suis pas tout à fait prête… Je pense quand même que l’école, c’est important : pour apprendre à vivre ensemble, pour se frotter à différentes façons de faire, ou apprendre les différences culturelles, pour rester le plus ouvert possible…

Bref, je suis un peu dans une impasse…

Pour aller plus loin :

Sur les hyperparents :

How to let go of hyperparenting and learn to relax with your kids – Zenhabits (en anglais)

a cure for hyperparenting – article de Pamela Druckerman (en anglais)

Sur l’instruction en famille :

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison  partie 1

petite BD de Tarmasz sur l’école à la maison partie 2

ief questionnements et réflexion – Eve Herrmann (Liv et Emy)

la fin d’une année un début prometteur – Eve Herrmann (Liv et Emy)

Crédit Photo : Family of Geniuses – Wes Anderson – The Royal Tennenbaums (que je vous invite à voir si ce n’est pas encore fait ;))