Ça se chamaille !

C’est plutôt drôle de voir la relation entre Samuel et Eulalie se construire, on les entend jouer ensemble, rire souvent, et se disputer tout le temps.

J’ai un frère et deux sœurs, autant dire que je sais comment fonctionne une fratrie. Je me souviens de nos innombrables batailles, trahisons et autres coups bas quand nous étions enfants. Ils n’ont jamais diminué cette impression d’un lien fort et incassable : savoir que toujours, tout le temps et dans n’importe quelle circonstance, on peut compter les uns sur les autres. Si un jour, je dois planquer un cadavre, je n’appelle pas un(e) ami(e), j’appelle mes frangin(e)s…

Du coup, bon, Eulalie et Samuel se tapent dessus, grand bien leur fasse !

Je suis allée la semaine dernière à une conférence sur la rivalité entre frères et sœurs donnée par Florence de Widerspach, médiatrice familiale et animatrice d’ateliers Faber et Mazlish.

Elle partait du constat simple que la relation entre frères et sœurs n’est pas une relation choisie mais une relation imposée.

L’arrivée d’un petit nouveau dans la fratrie représente un gros risque : est-ce que mes parents m’aimeront moins ? Le partage de l’amour parental semble impossible pour les enfants. Eulalie me dit souvent que le bébé est méchant et il est impossible de la rassurer à ce sujet : un intrus arrive pour lui piquer ses parents… elle le déteste déjà.

La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’est pas obligée de l’aimer, pas plus que Samuel, mais ils doivent se respecter : se parler gentiment, dire quand on n’est pas d’accord…

On a chacun besoin d’être unique, la jalousie est un sentiment naturel.

En tant que parent, il est toujours important d’accueillir et d’écouter les sentiments et les émotions de l’enfant : donner des mots ou des outils (crayons, pâte à modeler, poupée) pour que l’enfant exprime ce qu’il vit, utiliser l’imaginaire : s’il avait une baguette magique, qu’est qu’il souhaiterait ?

Quelques outils pour assainir les relations :

  • Pas de comparaison positive ou négative. La comparaison positive (« toi, au moins, tu m’aides, ce n’est pas comme ton frère.. ») peut générer de la pression pour l’enfant et aussi une impression de déloyauté envers ses frères et sœurs. Si on veut valoriser un comportement, il faut rester dans la description (« tu as mis la table ! Merci, tu m’as bien aidée. »)
  • « Donner pareil, c’est donner moins » : chacun est unique et a des besoins différents, il faut respecter les envies. Ce n’est pas forcément juste, mais c’est normal de vivre des choses différentes avec nos enfants.
  • On a tous un enfant avec qui on a des relations privilégiées : il faut être plus vigilants avec les autres. Les relations privilégiées sont sources de pression pour l’enfant qui veut garder son rôle, sa position, et elles sont aussi sources de conflit et d’hostilité des frères et sœurs.
  • Attention à ne pas conforter nos enfants dans des rôles (le paresseux, le maladroit…), leur montrer qu’ils sont capables de faire différemment, qu’ils peuvent changer, avoir confiance en eux.

Gérer les niveaux de dispute :

  • C’est normal qu’il y ait des disputes. On peut parfois laisser faire et laisser passer. Il faut attendre un peu avant d’intervenir.
  • Si la situation se dégrade, une intervention peut être utile : accueillir les sentiments, écouter sans jugement, les laisser trouver la solution seuls et s’en aller.
  • Si ça ne se règle toujours pas, on peut intervenir, trancher et différer une conversation pour leur permettre de poser des règles.

On peut proposer un temps ensemble pour résoudre le problème à posteriori : sans jugement, on écoute les ressentis et les propositions des enfants et des adultes pour permettre d’anticiper la prochaine dispute.

Crédit Photo : Hey SkinnyFighting

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