Violence éducative ordinaire

« Maman, c’est vrai que tu vas nous rendre, Eulalie et moi ? » Quoi ? j’ai dit ça, moi ? Ah oui, je l’ai dit. J’ai aussi dit que j’allais les mettre sur le bon coin. Ce à quoi Samuel a répondu : « Quel coin, Maman ? »

Arf.

Les nombreux articles dernièrement sur la fessée, suite à la condamnation de la France (où la loi et la jurisprudence autorisent les châtiments corporels à la maison, chez les parents, « du moment que l’on ne provoque pas chez l’enfant de blessures apparentes ») par l’Union Européenne, m’ont poussés à m’interroger sur la violence à la maison.

Selon l’observatoire de la violence éducative ordinaire, il existe de nombreuses formes de violence psychologique infligées aux enfants sous prétexte d’éducation :

  • moquerie,
  • jugements,
  • menaces,
  • cris,
  • punitions,
  • indifférence,
  • amour conditionnel,
  • contrôle,
  • manipulation.

Ce sont des violences dans le sens où cela crée du stress et ébranle le sentiment de sécurité de l’enfant.

De la violence, il y en a peu dans notre maison (principalement des cris, d’ailleurs), mais il y en a encore.

Souvent parce que nous sommes fatigués, parfois parce que nous arrivons au bout de nos possibilités, nous avons l’impression d’avoir répété plusieurs fois les mêmes choses et rien n’a fonctionné.

Souvent parce que je ne me sens pas disponible là tout de suite pour mes enfants, parfois parce que j’ai vraiment envie de temps pour moi toute seule.

Souvent parce que je me suis mal organisée et que rien ne fonctionne vraiment comme je l’attendais, je n’arrive pas à gérer leurs frustrations et la mienne.

Je pense à Janet Lansbury et son costume de Wonder Woman, je n’ai pas de costume de Wonder Woman.

Voilà les 9 points de Janet pour une éducation sans violence éducative ordinaire :
– commencer par mettre en place une routine quotidienne prévisible (avec des attentes réalistes)
– ne pas avoir peur de l’attitude de l’enfant ni prendre personnellement ce qu’il peut dire
– répondre immédiatement, calmement, un peu comme un manager parle à ses employés
– parler à la première personne (je – tu)
– aimer inconditionnellement son enfant et lui dire
– reconnaître les émotions de l’enfant et les écouter
– appliquer des conséquences immédiates et logiques : tu jettes ta nourriture, plus d’assiette, tu arroses la salle de bain, tu sors du bain…
– ne pas mettre au coin
– ne jamais donner de fessée

J’y ajouterai : pas de menace ni de récompense.

Qu’il est long et difficile le chemin pour être des parents respectueux ! Qu’il est difficile de ne pas se laisser porter par la facilité et faire ce qui d’abord nous fait du bien ou nous défoule !

Ma cousine m’a dit, avec humour, qu’elle attendait l’article où j’expliquerai que ce n’est pas grave de taper un enfant, qu’il faut savoir se pardonner.

Évidemment, j’apprends chaque jour, avec bienveillance envers moi aussi, parce que je reste persuadée que c’est cette bienveillance envers moi qui me permet d’avancer et, petit à petit, enlever toute violence de notre maison.

Crédit photo : Boston Public Library A spanking good time

Pour aller plus loin :

Sur la fessée :

http://www.ensemblenaturellement-leblog.com/archives/2015/03/04/31641770.html

http://apprendreaeduquer.fr/plaidoyer-contre-la-fessee-mais-surtout-comment-faire-sans-fessee-ni-punition/

http://blisscocotte.fr/2015/03/la-fessee/

http://nospank.net/pt2011.htm

http://www.liberation.fr/vous/2015/04/02/les-faux-semblants-de-la-fessee_1233943?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social

Sur la violence éducative ordinaire :

http://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

http://www.oveo.org/existe-t-il-une-pedagogie-blanche/

7 réflexions au sujet de « Violence éducative ordinaire »

  1. Vaste question ! Sur la fessée; pour moi c’est clair, c’est non. Par contre, je vois bien que ma fille vit déjà chaque frustration dû à un refus de ma part comme une violence, et ça, je ne vois pas ce que je peux y faire ! Et puis on fait quoi avec la violence des petits ? (je vais peut-être relire ton texte sur le « petit cogneur »…) Sur ce sujet, je suis toujours partagé, parce que j’ai l’impression que garantir un quotidien sans « violence » (attention, je ne parle pas de coup, hein ! violence symbolique ici), c’est mentir un peu, parce que j’ai aussi de la violence en moi, comme mes enfants. Et je veux être honnête avec eux, c’est-à-dire ne pas leur montrer une maman « wonder woman », qui ne serait qu’une façade. Voilà pour mon point de vue un peu tranché ce matin… Mais je suis ouverte à toute suggestion ! (Au fait, merci de me permettre d’y réfléchir…)

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  2. Je pense que lorsqu’on punit un enfant, il est important de prendre en compte l’aspect humiliation. Car l’humiliation ressentie provoque agressivité et rancœur. Punir c’est dans la mesure du possible,amener à la réparation.

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    1. @Pacaya C’est hyper difficile et ça me pose question aussi. Ce qui est sûr, c’est que l’on doit clairement dire non quand ça ne va pas, sans manipulation, sans chantage, si possible sans cri. Mais quand j’utilise de façon enjouée la question « qui veut aller au bain ? » Et que de façon automatique, j’entends mon garçon répondre « ouééé ! »- on est déjà dans de la manipulation… mais ce serait impossible de faire parfaitement alors on fait au mieux avec nos caractères… et tant mieux ! Quelle horreur ça serait d’avoir des parents parfaits ! Le savoir, y penser, ça nous permet déjà d’avancer petit à petit ^^

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